La Commission européenne vient d’annoncer une directive surprise qui devrait faire grincer des dents dans la communauté simracing. À partir du 1er juin 2026, l’utilisation de bases Direct Drive développant plus de 20 Nm de couple maximal sera soumise à l’obtention d’un permis spécifique. Une mesure de sécurité qui s’inscrit dans la continuité de la réglementation des trottinettes électriques et des vélos à assistance électrique, selon Bruxelles.
Des accidents domestiques qui inquiètent
La décision fait suite à plusieurs signalements d’accidents domestiques impliquant des bases Direct Drive haute puissance. Luxations d’épaule, entorses du poignet, chocs contre le mobilier lors de réactions brutales du force feedback. Et même des pouces littéralement cassés lors d’une course. Les services de santé européens auraient recensé une cinquantaine de cas nécessitant une hospitalisation rien qu’en 2025.

« Nous devons encadrer l’usage des équipements à couple élevé au même titre que les engins de déplacement motorisés », déclare la direction générale de la protection des consommateurs dans un communiqué officiel. « Un Direct Drive de 25 ou 30 Nm peut générer des forces comparables à celles d’un outil industriel. Il est de notre responsabilité de garantir que les utilisateurs maîtrisent ces équipements. »

Formation obligatoire et examen pratique
Concrètement, tout propriétaire d’une base Direct Drive supérieure à 20 Nm devra suivre une formation de deux heures dispensée par une auto-école agréée. Le coût est estimé à 50€, non remboursables. La formation couvrira les risques liés au force feedback intense, les postures de sécurité et la gestion des situations d’urgence (plantage logiciel, emballement du moteur).

Un examen pratique conclura la formation. Le candidat devra réussir trois exercices sur simulateur homologué : maintien du volant lors d’un choc frontal simulé, récupération d’un tête-à-queue violent, et arrêt d’urgence en cas de perte de contrôle. Le permis DD sera délivré pour une durée de cinq ans, renouvelable sur simple formation de rappel d’une heure.

Sanctions et contrôles
Les forces de l’ordre pourront procéder à des contrôles, notamment lors d’interventions à domicile pour tapage nocturne ou troubles de voisinage. En cas d’utilisation sans permis valide, l’amende s’élèvera à 135€, avec confiscation temporaire du matériel jusqu’à régularisation. Les revendeurs de matériel simracing auront l’obligation de vérifier le permis DD lors de la vente de bases >20 Nm, sous peine d’amendes administratives pouvant atteindre 1 500€.

« Les bases inférieures à 20 Nm restent libres d’usage », précise la directive. Une clause soulève toutefois des questions : les bases <20 Nm « overclockées » ou modifiées pour dépasser cette limite tomberont également sous le coup de la réglementation, avec des sanctions alourdies en cas de modification non déclarée.
Réactions contrastées dans l’industrie
Les fabricants de matériel simracing affichent un soutien pour le moins prudent. « Nous comprenons les préoccupations de sécurité », réagit un porte-parole de Fanatec. « Nos bases Podium sont conçues avec des systèmes de sécurité intégrés, mais si une sensibilisation des utilisateurs ne peut pas faire de mal, une telle directive aura forcément un impact sur l’innovation dont profite le simracing. »
Du côté de Moza Racing, le ton est similaire :
C’est une exagération du potentiel danger de nos équipements haut de gamme. Nous travaillerons évidemment avec les autorités pour définir les standards de formation, mais regrettons que cette directive n’ait pas été communiquée plus tôt. Nous aurions alors sorti nos bases ULTRA en 19 Nm et non 21 et 28 Nm.
Sur les forums et Discord, les réactions oscillent entre incompréhension et résignation. « Je viens d’acheter une Simagic EVO ULTRA 28 Nm, maintenant je dois passer un permis ? C’est ridicule », déplore un membre du Discord Superchicane. « Je la revends et je repasse sur du 18 Nm. »

Certaines auto-écoles voient déjà l’opportunité. « Nous pouvons recruter jusqu’à cinquante formateurs Direct Drive d’ici juin », annonce une enseigne française. « C’est un nouveau marché qui s’ouvre, et nous devons nous adapter rapidement. »
Mesures complémentaires en discussion
La directive ne s’arrête pas là. Plusieurs mesures complémentaires sont actuellement en discussion à Bruxelles. Parmi elles : l’obligation d’installer un bracelet connecté vérifiant que l’utilisateur garde bien les deux mains sur le volant durant les sessions (système similaire aux détecteurs de somnolence en automobile), et une limitation des horaires d’utilisation après 22h sans attestation de bon voisinage signée par les résidents de l’immeuble.
Ces propositions, encore au stade de projet, pourraient entrer en vigueur dès 2027 si la directive actuelle est validée sans opposition majeure des États membres.
Et maintenant ?
Les détails d’application restent flous. Nous tenterons d’aller à la pêche auprès de la Commission européenne pour clarifier cette directive qui pourrait bien faire une belle queue de poisson à l’industrie du simracing. Rendez-vous le 2 avril pour un point complet.


















Juste Lol, merci Oliv pour ce moment de détente dans la grisaille de ma journée de taf 😀
Et ben écoute, avec plaisir si on a pu te décrocher un sourire 🙂
Sympa et les illustrations sont bien foutu. D’habitude, avec l’IA, les écussons et autre micro écriture foirent mais là, ça tourne bien. Bien joué
Bonjour à tous
Je suis content de voir que les traditions ne se perdent pas.
Aucun poisson aujourd’hui….j’avais peur 😄
Bon simracing à tous
Jeff