Le cast sim racing : l’art de rendre une course palpitante

1.3k

La rediffusion d’une course prend une toute autre dimension grâce à la passion des commentateurs. Et en sim racing, le cast, c’est du sérieux ! JokAprio, Linotin et AweOob sont casteurs sur GT7. Les deux premiers ont d’ailleurs fait partie du groupe de casteurs lors des 24h du Mans. Ils nous racontent en détail les rôles qu’ils endossent pour faire vibrer le public tout au long d’un événement. De quoi peut-être, susciter des vocations ?

La vocation du cast en sim racing

Linotin : « Depuis tout petit, j’ai toujours rêvé d’être commentateur. En effet, cette passion me vient du football : lorsque je jouais à FIFA, je m’amusais à caster le match et à désactiver les commentaires présents dans le jeu ! J’ai toujours admiré ce métier. Je trouve que cela permet d’exprimer pleinement la passion du sport, mettre des émotions et du contexte dans les événements pour mieux en comprendre les enjeux.

Pour le sport auto, c’est vraiment pendant le confinement que l’envie est revenue, grâce à la série Drive to Survive, diffusée sur Netflix. Ça m’a permis de redécouvrir cette ancienne passion que j’avais longtemps oubliée. Depuis, je me suis lancé dans un véritable «cours de rattrapage» pour acquérir des connaissances, car j’adore creuser dans l’histoire de mes hobbies. »

Cast sim racing

JokAprio : « Je suis encore nouveau dans ce domaine. Le Mans était mon premier event. J’ai voulu devenir casteur parce que ça me rend heureux de partager un moment avec les spectateurs et les pilotes qui prennent du plaisir à revoir leurs courses. Comme dans les compétitions réelles, c’est crucial de transmettre les émotions : l’excitation d’un dépassement ou la déception d’un accident. C’est indispensable pour donner vie à la course. »

AweOob : « Petit, j’étais fasciné par les commentateurs sportifs, peu importe le sport. Que je sois sur mon vélo, en train de jouer au tennis contre un mur ou de faire du foot, je commentais ce que je faisais à la manière d’un Thierry Roland ou Gilardi. Ma ‘carrière’ de casteur a vraiment débuté avec GT6, lorsque je faisais partie d’une équipe appelée ‘Team France Vétéran’. À l’époque, quand mes études m’empêchaient de participer aux courses, je m’amusais à commenter les replays des copains, juste pour le fun. Puis, à la sortie de Gran Turismo Sport, un des membres de la TFV est venu me voir en me disant : “Hé, je connais quelqu’un qui veut organiser un championnat et qui cherche un commentateur. Ça te tente ?”. Depuis ce jour, je n’ai plus arrêté !« 

Cast sim racing

Le cast sim racing en course d’endurance

Linotin : « Tout comme piloter pendant 24 heures, commenter pendant 24 heures est un véritable défi. C’est pourquoi nous nous organisons en relais de trois heures. De préférence, on place deux casteurs par relais pour rendre la course plus vivante. Cela permet d’avoir un dialogue au sein du duo, de partager leurs expérience de pilotes, ou de créer un espace d’échange avec le tchat. De plus, à deux on peut mieux surveiller les écarts entre les pilotes et mettre la caméra au bon moment, notamment lors d’un drapeau jaune ou d’une bataille. »

AweOob : « Linotin a tout à fait raison : une course d’endurance, c’est long et exigeant ! Il y a pléthore de stratégies et il faut être constamment à l’affût du moindre détail, car une seule action peut tout changer. C’est pourquoi se relayer entre casteurs est essentiel. Et même caster à deux sur ce genre d’épreuve est un vrai plus (ça fait une paire d’yeux supplémentaires pour scruter la piste) ! »

Cast de AweOob

Le bon et le mauvais casteur ?

AweOob : « Je ne crois pas qu’il y ait de bon ou de mauvais casteur… (rires!) Blague à part, je pense que c’est surtout une histoire de feeling. Certains apprécient les commentateurs expressifs, tandis que d’autres préfèrent ceux qui sont plus calmes et pragmatiques. Il en faut pour tous les goûts, et la scène francophone de GT7 offre une belle diversité qui répond aux préférences de chacun. Être un bon casteur, c’est avant tout commenter de manière naturelle, sans tricher ni changer sa façon d’être, tout en restant respectueux envers les pilotes et ceux qui regardent la course. »

Linotin : « Pour les futurs casteurs, je conseillerais d’abord de bien connaître le jeu, ses stratégies, ses règles et ses circuits pour pouvoir expliquer l’épreuve en détail. Ensuite, il est essentiel de rester attentif à ce qui se passe sur la piste et d’apporter sa propre touche personnelle. Que ce soit par de l’humour ou en interagissant avec le tchat. Évitez de copier les formules toutes faites comme « montez le volume et rendez-vous au premier virage ». En gros, restez vous-même et ne soyez pas timide !« 

Cast sim racing

JokAprio : « C’est assez difficile à dire, car tout le monde a sa manière de procéder. Et les spectateurs peuvent avoir un avis différent sur la qualité du cast. Nous ne pouvons faire que de notre mieux pour transmettre les émotions de la course. Personnellement, je mets la caméra sur tous les pilotes. Je n’oublie personne. Tout le monde a le droit à son tour en caméra embarquée. J’essaye aussi de mettre en avant toutes les batailles. Éventuellement, un petit best of sur les accidents peut aussi être intéressant. Après, chaque casteur a son propre style et approche. »

24h du Mans, relais 3 par Morteil et JokAprio

Linotin : « Pour rendre une course vivante, il y a différentes approches, selon le type d’épreuve. Lorsque je commente un championnat, je cherche à établir un véritable « fil scénaristique » pour la saison. Cela signifie suivre les prétendants au titre, observer la progression des pilotes outsiders et construire une narration qui ajoute du suspense et de la profondeur à chaque course. »

Connaître l’équipe

Linotin : « C’est un atout de connaître le passif de chaque équipe. Cela permet de comprendre leurs objectifs, leur histoire et de créer un lien plus profond entre les spectateurs et les acteurs de la piste. C’est ça qui rend la course vivante et… humaine. Sans avoir un rôle de commissaire de course, j’ai l’habitude de dénoncer les rage quit (que je ne tolère pas) et autres mauvais comportements en piste. Et je suis aussi vigilant sur le fait encourager les outsiders au fond de la course, afin de les motiver et les faire progresser !

Autre chose importante, et c’est aussi ce qui démarque un bon casteur d’un moins bon : ne pas laisser de moment de «blanc» pendant les phases moins intéressantes de la course, notamment lorsqu’il n’y a pas de bataille en piste. Je mets les caméras onbord, j’explique les stratégies, j’interagis avec le tchat, je raconte une anecdote… Ça permet de toujours capter l’attention des spectateurs. »

Cast de Linotin

Etre pilote pour être casteur ?

JokAprio : « Selon moi, il n’est pas nécessaire d’être pilote pour commenter. Chacun a un rôle différent. »

Linotin : « Je me suis mis sérieusement au pilotage depuis le mois de février sur le serveur de Gran Turismo France, parce que j’aime avant tout la conduite. Et puis, ça me semble important de pratiquer lorsque tu veux caster afin d’avoir les meilleures explications possibles ! »

AweOob : « Je ne pense pas qu’il y ait besoin d’être un bon sim racer pour caster. Mais je pense qu’il est important de connaître le jeu que tu commentes sur le bout des doigts. Que ce soit la physique du jeu, la manière spécifique d’une franchise à gérer les arrêts au stands, les pénalités ou autres petites subtilités. Il faut être capable d’expliquer à n’importe quel spectateur non connaisseur du jeu (voire du monde du sim racing), ce qu’il se passe à l’écran et pourquoi cela se passe.

Des courses favorites à caster ?

AweOob : « À l’heure actuelle, je ne commente que sur Gran Turismo 7. Malgré ses défauts, je suis un amoureux du jeu (et de la licence). En plus, la communauté GT7, c’est un peu comme une deuxième famille pour moi. Je n’ai pas vraiment de préférence en termes de courses, de voitures ou de circuits à commenter. Mais certaines voitures ou catégories sont plus utilisées que d’autres dans les différentes compétitions de la scène indépendante GT7. Du coup, c’est toujours un plaisir de voir sur la piste des véhicules qui sortent un peu de l’ordinaire comme une road-car exotique ou une voiture de catégorie Gr.3 ou 4 un peu oubliée. »

JokAprio : « Peu importe ! J’adore toutes les bagnoles, tant qu’elles ont un moteur thermique ! »

Linotin : « Les courses que j’aime le plus commenter sont celles avec des voitures rétro. Style Groupe C (championnat disponible sur ma chaîne d’ailleurs), F1 Rétro, DTM Rétro ou bien des Cooper Cup. Ce sont des voitures avec lesquelles certains n’ont malheureusement pas pu grandir. Et qu’on risque de ne plus connaître avec la transition énergétique. »

L’ eSport bientôt aux Jeux Olympiques

Le CIO a officialisé courant juillet la tenue des Jeux Olympiques du eSport, qui se dérouleront tous les deux ans à partir de 2025. Une bonne nouvelle ?

JokAprio partage son enthousiasme : « Avec ma team sur GT7, nous rêvons de monter en eSport. Une compétition de plus signifie plus d’opportunités pour nous !  Et ça peut également rendre l’eSport plus visible et accessible. Cette discipline est tellement vaste ! J’espère que ceux qui ne le considèrent pas encore comme un vrai sport changeront d’avis ! »

AweOob : « On a déjà eu deux éditions des Olympic Virtual Series en 2021 et 2023, où Gran Turismo 7 était l’un des jeux sélectionnés. Mon problème avec les OVS, c’était que tous les jeux étaient basés sur des disciplines sportives réelles et pas forcément focalisés sur des titres conçus pour l’eSport. Des jeux d’autant plus joués par des millions de personnes à travers le monde : Rocket League, CS2, Valorant, PUBG, League of Legends, Street Fighter, etc. J’avais vraiment du mal à comprendre l’intérêt d’un Zwift ou d’un Virtual Regatta, alors que leurs équivalents réels sont déjà des disciplines olympiques. Maintenant si le CIO officialise des JO eSport, à un rythme régulier et plus structuré, cela peut vraiment être intéressant. Mais j’attends de voir quels jeux seront plébiscités !« 

Linotin : « C’est forcément bénéfique, ces événements auront une couverture mondiale. Reste à voir quelles catégories de jeux seront retenues. J’espère que le sim racing en fera partie, car c’est mine de rien un tremplin non négligeable pour débuter sa carrière en sport auto de haut niveau, comme l’ont prouvé des pilotes tels que Bölükbaşı et Jann Mardenborough. Le sim racing permet aux joueurs d’expérimenter la réalité de la conduite. »

Nous avons hâte d’écouter leurs commentaires passionnés lors de la course des 24h du Nürburgring les 24 et 25 août prochains ! En attendant, retrouvez également notre interview exclusive avec l’équipe Full Tech Racing, les pros de l’endurance ! Et si faire du cast sim racing vous botte, n’hésitez pas à prendre contact avec les interéssés, dont les liens des chaînes sont ci-dessous !

Pour en savoir plus sur le cast sim racing :

Quelle est votre réaction suite à cet article ?
+1
6
+1
0
+1
1
+1
0
+1
0

Laissez un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles similaires

Assetto Corsa EVO : découvrez les 1600 km² d’Eifel dans ce teaser

Le monde ouvert de la région d’Eifel doit arriver cette année dans...

Moza Flight MHG : le grip polyvalent qui s’émancipe de la base AB6

Il y a quelques semaines, lors de notre test du bundle Moza...

GameSir présente une manette à retour de force au CES 2026 !

Vous avez bien lu le titre. Jusqu’à présent, le monde du simracing...

TEST Moza Flight MRP : le palonnier qui complète enfin l’écosystème

En 2024, Moza Racing a secoué la communauté des flight simmers avec...