Team eSport sur GT7 : rencontre avec la Full Tech Racing (FTR)

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La team eSport FTR (Full Tech Racing) sera présente aux 24h du Nürburgring sur GT7 le week-end prochain. Portos en est le team manager, et également l’un des directeurs de la MSLeague. Il nous dit tout sur le fonctionnement d’une équipe eSport. Et nous donne même des conseils pour les courses d’endurance !

La création de la team esport FTR

Portos raconte avec passion son parcours : « Cela fait 7 ans que je roule sur Gran Turismo, soit 9 000 heures ! J’ai intégré plusieurs teams, mais je ne trouvais jamais ce que recherchais vraiment. Alors, j’ai décidé de créer mes propres lobbys, où j’imposais des règles strictes de fair-play. Je jouais aussi le rôle de commissaire de course pour filtrer les pilotes indésirables. Petit à petit, de plus en plus de pilotes m’ont encouragé à fonder une team. Et c’est ainsi qu’est née la FTR en mars 2021.« 

Il revient également sur les débuts de l’équipe : « J’ai fondé la team en m’appuyant sur des valeurs simples, comme le respect et le fair-play. Durant la première année, nous nous sommes consacrés à l’entraînement sans participer à des événements, avec un objectif clair : former des pilotes capables de donner le meilleur tout en respectant leurs adversaires. Le staff a également travaillé d’arrache-pied pour concevoir le logo de la FTR, la livrée de l’équipe, ainsi que pour créer notre Discord et notre page Facebook. À la fin de cette première année, nous avons commencé à faire nos débuts sur la scène communautaire avec des résultats très prometteurs. Depuis, nous avons décidé d’affronter les meilleurs teams francophones et internationales. Après plus de trois ans, la team esport FTR a participé à plus de 400 courses, avec toujours d’excellents résultats. »

Le logo de la FTR

L’organisation de la FTR

Alors, comment s’organise une telle équipe ? « Pour qu’une team soit bien structurée et durable, chaque tâche doit être réalisée par une personne dédiée, pour éviter de partir dans tous les sens. Chez nous, on reste focalisés sur une seule chose : faire des courses. Notamment, nous ne faisons pas de streaming. Il faut faire des choix ! Les pilotes n’ont à se concentrer que sur leur entraînement et leurs courses. Le staff s’occupe du reste.

Personnellement, j’aime suivre de près les pilotes. J’ai à cœur de bien les connaître : leurs forces, leurs faiblesses, leurs types de voitures ou circuit préférés… C’est essentiel pour être un bon manager. En effet, chaque pilote a ses atouts : l’un peut exceller en hotlap, un autre être plus régulier, meilleur en gestion des pneus et de l’essence, ou encore être un fin stratège pouvant servir de spotteur. Et puis, je m’attache à eux. Il m’arrive souvent de ne pas rouler moi-même pour les suivre en course. »

Organigramme de la team esport FTR

Team pro ou amateur ?

« Je préfère parler de team eSport. Les amateurs sont généralement moins sélectifs et organisés que nous. Les pros, eux, ont des sponsors et les pilotes signent de véritables contrats lors du recrutement, avec des objectifs de résultats. Ils sont parfois très jeunes, encore mineurs, car les recruteurs misent sur l’avenir. Notre moyenne d’âge, elle, est de 30-35 ans. Tout le monde a un travail et une vie de famille. Nous restons donc dans le cadre du fun et du loisir. »

Intégrer une team eSport

Alors, je joue à GT7 de manière régulière, j’ai envie de m’investir davantage, j’ai du temps à consacrer à des entraînements et j’envisage d’intégrer votre équipe. Comment ça se passe ? « Le recrutement peut se faire soit par demande du pilote soit par repérage, ou même suite à une rencontre lors d’une course en ligne. Toki est le recruteur de l’équipe. Le processus commence toujours par lui. Il suit et analyse les courses et si un pilote retient son attention, il observe sa fréquence de connexion, son niveau et son évolution.

Ensuite, je réalise un entretien de motivation, qui dure trois à quatre heures. On fait le point sur sa démarche et ce qu’il attend de la team. Je lui explique les contraintes et l’état d’esprit du groupe, car il vaut mieux tout mettre sur la table dès le départ. Je demande de la stabilité, un esprit d’équipe, de l’investissement et bien sûr, de la performance.

Le prétendant devra ensuite réaliser quatre objectifs de temps, correspondant à un rang de pilote « milieu du A », sur quatre combos circuit/voiture différents. Il peut prendre le temps qu’il veut pour y arriver, même plusieurs mois. Cela le forme à l’accomplissement personnel, et on peut l’aider en cours de route. Enfin, il y aura une période probatoire de trois mois, le temps de voir si la collaboration convient aux deux parties. Un second entretien avec moi clôturera ce processus avant l’intégration définitive. »

Vidéo de présentation de la team esport FTR

Les contraintes de la team eSport FTR

Et concernant les contraintes ? Qu’est-ce que ça implique de s’engager dans une équipe comme FTR ? « Je n’exige pas une présence constante aux entraînements. Je comprends bien sûr les impératifs de la vie personnelle et professionnelle, et on s’adapte aux emplois du temps de chacun. Toutefois, si un pilote disparaît sans raison pendant un certain temps, je vais le contacter pour savoir ce qu’il se passe, surtout qu’on est une famille, les membres de FTR prennent soin les uns des autres. Après, chacun gère ses priorités : certains posent même des congés pour participer à une course d’endurance, mais c’est leur choix personnel, par passion.

Pour la participation aux courses, contrairement à d’autres teams qui n’alignent que leurs meilleurs pilotes, j’assure un roulement. Si un de mes pilotes souhaite s’inscrire à une course, je lui demande de venir me voir avant. Connaissant ses points forts et faiblesses, ainsi que le niveau des adversaires, il m’arrive de lui déconseiller d’y participer et de l’orienter vers un autre event plus adapté. Et puis, j’aime bien savoir où sont mes pilotes, à quoi ils participent et à quelle fréquence. »

Le niveau exigé

En ce qui concerne le niveau, c’est quoi tes attentes ? « C’est simple, tous mes pilotes sont de rang A/A+. Même s’ils ne le sont pas au début du recrutement, ils doivent atteindre et maintenir ce niveau. En effet, un pilote rétrogradé au niveau B ne peut pas participer à une course tant qu’il n’est pas remonté en A. C’est important pour l’image de la team, pour l’accomplissement personnel du pilote, et pour éviter qu’un écart de niveau avec le reste du groupe ne le démoralise. »

Le fair-play

« Le fair-play, c’est un sujet sur lequel je suis intransigeant. Dans ce milieu, tout le monde se connaît, et je n’accepte aucun retour négatif concernant le comportement d’un pilote en piste ou en dehors. Si cela se produit, je demande des explications au pilote concerné, et cela peut aller jusqu’à l’exclusion. Chaque membre représente la team FTR lors des event ou dans n’importe quel lobby. J’ai vu des teams perdre leur réputation à cause de deux ou trois pilotes, et il est très difficile de redorer son image ensuite. J’ajoute que le fair-play passe aussi par l’humilité en cas de victoire, le respect des autres équipes et le maintien du calme en public. Si deux ou plusieurs pilotes ont un problème, ils doivent le régler en privé, pas devant tout le monde. »

Pourquoi intégrer une team ?

« Face à ces contraintes, il y a bien sûr des avantages à intégrer un groupe comme la FTR. Déjà, nous sommes très soudés, et cela se voit. Lors d’un event, ceux qui ne roulent pas viennent souvent suivre le live ou encourager le pilote en vocal, surtout dans les courses d’endurance. On partage tous la même vision, ce que je m’assure de bien transmettre lors du recrutement.

Les pilotes bénéficient d’une structure d’entraînement très motivante. Suivre des pilotes plus rapides permet de progresser énormément. Le groupe se tire vers le haut, et iNextOne joue un rôle clé en tant que coach avec un suivi personnalisé.

Enfin, intégrer une équipe eSport change la perspective du joueur. Il sait désormais qu’il a du monde qui suit ses résultats. J’ai mis en place des fiches pilotes et un palmarès, ce qui motive à progresser. Un joueur isolé, parfois même très bon pilote, peut tomber dans l’oubli et perdre de vue ses objectifs, voire oublier pourquoi il roule. »

Exemple de fiche pilote

La gestion d’une course d’endurance

« Le moins que l’on puisse dire, c’est que la team de competition FTR maitrise bien l’endurance ! Nous parlons tout de même de l’équipage de la Corvette, sortie vainqueur de la catégorie GT3 à l’event du Mans.« 

Une spécialité dans la team

« Bien que la polyvalence soit un atout dans la team eSport FTR, l’endurance est une discipline spécifique qui ne concerne que certains pilotes. En effet, elle requiert de la régularité, un mental d’acier et une gestion pointue de divers facteurs comme la météo, l’usure des pneus et la consommation d’essence. Pour ma part, j’ai participé à beaucoup de courses d’endurance, jusqu’à douze heures en solo ! »

La stratégie : le nerf de la guerre !

« La première chose, c’est bien évidemment l’entraînement. En effet, c’est là que l’apprentissage du circuit commence : maîtriser chaque virage, optimiser le comportement de la voiture et créer une régularité sur la piste. Et bien sûr, il est crucial de travailler sur les stratégies de gestion de l’essence et des pneus pour maximiser nos chances de succès en course. »

Lando Novice (pilote FTR) : « La plupart du temps, on fait notre stratégie de départ chacun de notre côté et on les compare dans un lobby de trois heures pour choisir la plus efficace. Certaines stratégies conviennent mieux à certains pilotes. Pendant la course, nous sommes également soutenus par des « ingénieurs » : certaines personnes sont en effet très douées pour les calculs de stratégie ! Grâce au partage d’écran, ils « spottent » la course et ajustent le plan de route initial en fonction des adversaires ou des incidents, comme une réparation imprévue après avoir heurté un mur, par exemple (NDLR ça peut arriver sur la Nordschleife !). Ta stratégie est alors complètement décalée et ton spotteur, qui connaît tes temps au tour avec les trois types de gommes, recalculera la séquence des arrêts pour les changements de pneus et l’économie de carburant, afin de minimiser la perte de temps. »

Les difficultés de l’endurance

Portos : « C’est vrai qu’en endurance, le temps au tour est moins crucial que lors des courses sprint. L’essentiel, c’est d’être constant et d’éviter au maximum les erreurs. En cas de casse, comme l’a souligné Lando Novice, l’ingénieur prend en charge les calculs pour décharger le pilote. Celui-ci doit éviter de perdre le fil ou s’agacer, et se ressaisir immédiatement pour continuer, car il porte le poids de l’équipage durant son relais. Pour certains, cette pression peut être importante, mais on veut toujours donner le meilleur pour nos coéquipiers qui ont travaillé aussi dur que nous pour être présents sur la grille. »

Une autre difficulté dans ce genre d’épreuve est le multi catégories. Car il faut savoir anticiper le dépassement d’un véhicule lent, ou inversement pour le véhicule lent, comprendre rapidement le positionnement à adapter pour faciliter le passage des classes supérieures.

Enfin, l’endurance met également à l’épreuve notre capacité à rester concentré et à maîtriser le véhicule dans toutes les circonstances. La fatigue se fait sentir vers la fin des relais, car c’est souvent à ce moment que l’on commence à relâcher la pression des premières heures de course. Au bout de 24 heures, l’épuisement est inévitable, mais l’énergie collective de la team nous permet de rester focus jusqu’au bout. »

Team building et compétition

« Participer à ces événements est une véritable source de motivation pour notre équipe. Soutenir nos pilotes dans chaque relais, c’est un régal ! Je suis moi même un passionné d’endurance (WEC, ELMS, DTM…) et pouvoir vivre ce genre de choses dans le jeu, c’est juste énorme pour moi ! La cohésion au sein de la FTR est remarquable, et j’encourage tous ceux qui souhaitent se lancer dans les courses d’endurance à le faire !

Le Nürburgring, un défi ?

« Je comprends qu’un pilote qui a du mal à bien mémoriser un circuit avec un temps au tour de l’ordre de 1’30-2’00 puisse redouter la Nordschleife ! Une vingtaine de kilomètres, environ 170 virages, avec une météo changeante et peu d’espace pour se côtoyer, c’est sûr, il ne faut pas se louper ! Personnellement, j’ai une passion pour les circuits difficiles. Mon préféré, c’est Bathurst.

Je peux dire que la team n’a pas peur de ce tracé. Bien au contraire, les pilotes sont fans ! Au contraire, les pilotes l’adorent ! Certains roulent même sur le Nürburgring en permanence depuis trois semaines pour se préparer. »

Portos pilotera une BMW M6 GT3 Endurance sur lors des 24h du Nürburgring sur GT7 en compagnie de Lando Novice, Deecoyx et Prost. Souhaitons leur bonne chance !

Question bonus : que penses-tu de la médiatisation du eSport ?

« Je trouve que l‘eSport gagne en médiatisation, surtout pour des titres comme Fortnite, League of Legends ou encore Call of Duty. Le sim racing est encore dans l’ombre. Il n’y a pas de compétition officielle : les World Séries de Gran Turismo 7 semblent davantage être des événements promotionnels, la structure Low Fuel Motorsport d’Assetto Corsa Competizione provient des moddeurs, et les événements sur iRacing sont encore très fermés. J’attends clairement avec impatience l’émergence de compétitions qui offriront plus de visibilité au sim racing. C’est d’ailleurs un des objectifs de la MSLeague… »

Un dernier mot pour ta team ?

« Je tiens à remercier tous les pilotes de Full Tech Racing Esports pour leur investissement et leur passion qui permettent à l’équipe de continuer à évoluer et à progresser. Je suis fier de mes pilotes et de tout ce qu’ils donnent sur la piste. Une dédicace à mes Co-Team Managers, Kiko et iNextOne, qui donnent de leur temps pour faire vivre la FTR. Je n’oublie pas non plus les membres du staff, Prost, Toki et Akira, qui accomplissent leur rôle avec brio. La FTR en Force ! »

Ne manquez pas les 24h du Nürburgring !

Au travers de ces articles, nous avons pu faire la connaissance de deux équipages : la team créée à partir du Discord Superchicane qui fera sa première participation à un event d’endurance en GT4. Et les pilotes GT3 de la Full Tech Racing Esport qui nous ont gentiment fait part de leur plus longue expérience. Nous prendrons bien sûr des nouvelles de leurs aventures respectives sur l’enfer vert avec une couverture exclusive de l’événement. Course que vous pourrez suivre en live sur la chaîne du Paddock.

Pour aller plus loin :

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