L’éditeur français Nacon déclare être en cessation de paiement, et a demandé à être placé en redressement judiciaire. Alors on fait le tour de ce qu’on sait au sujet de la situation, et ce que ça signifie pour l’avenir des employés de Nacon, et des joueurs fans des jeux de l’éditeur.

Nacon est en cessation de paiement et en redressement judiciaire
Ce 25 février, l’éditeur Nacon a publié un communiqué qui va secouer le secteur du jeu vidéo français. En effet, l’entreprise explique avoir déclaré une cessation des paiements et demandé l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Lille. Pour rappel, son actionnaire majoritaire, Bigben Interactive, se trouve dans situation financière critique.

Dans son communiqué, Nacon reconnaît explicitement ne plus avoir suffisamment de liquidités pour honorer ses dettes à court terme. Or, cette situation est la conséquence directe des difficultés financières de Bigben Interactive. La maison mère s’est retrouvée dans l’impossibilité de rembourser une échéance de prêt d’environ 43 millions d’euros depuis le 19 février.
Ce que ça signifie concrètement
Déjà dans les jours précédant cette annonce, Nacon indiquait que la situation de son actionnaire affectait « significativement ses propres opérations« . Alors à ce moment-là, l’entreprise expliquait que sa trésorerie nécessitait une restructuration financière rapide avec ses créanciers, afin de maintenir ses activités. Ainsi, la déclaration de cessation des paiements constitue l’étape juridique qui reconnaît officiellement cette incapacité à régler les dettes.

Désormais, si le tribunal accepte l’ouverture du redressement judiciaire, plusieurs mécanismes entrent en jeu. D’abord, les dettes existantes sont gelées à l’ouverture de la procédure, ce qui suspend temporairement les remboursements. Cette période peut durer jusqu’à 18 mois, afin d’analyser la situation économique de l’entreprise et trouver des solutions.
Pendant cette phase, l’entreprise continue normalement son activité, mais sous la supervision de la justice. À l’issue de l’observation, plusieurs scénarios sont possibles :
- un plan de continuation avec restructuration de la dette,
- une cession partielle d’activités,
- dans le pire des cas, une liquidation judiciaire.
Un acteur important du jeu vidéo français fragilisé
Nacon est le troisième éditeur français, derrière Ubisoft et PulluP Entertainment (anciennement Focus Home Interactive). En effet, le groupe revendique plus de 1 000 collaborateurs, 16 studios et environ 25 filiales. Parmi les studios : Spiders, Cyanide, Kylotonn, Eko Software, Ishtar Games, Big Bad Wolf…. Sur Superchicane, on vous parle régulièrement de jeux Nacon : Test Drive Unlimited Solar Crown, Endurance Motorsport Series, MXGP 26, Gear.Club Unlimited 3, les anciens jeux WRC… En plus, la marque s’est même lancée dans le matériel simracing avec sa gamme Revosim.

Pour l’instant, on ne peut mesurer précisément l’impact de ce redressement sur les studios, les projets en cours, les jeux déjà sortis… Toutefois, tant que l’activité continue durant la procédure, les développements ne sont pas nécessairement arrêtés immédiatement. La grande question concerne plutôt la capacité de financement à moyen terme et la renégociation de la dette.

Des problèmes qui ne datent pas d’hier…
Evidemment, les acteurs du milieu cherchent déjà à expliquer comment la situation à pu dégénérer à ce point pour Nacon. Officiellement, l’entreprise évoque un secteur marqué par des cycles d’investissement longs. En effet, on le sait, le développement de jeux nécessite désormais des années d’investissement avant de générer des revenus, ce qui rend les éditeurs particulièrement sensibles aux problèmes de trésorerie. Cependant, c’est aussi le genre d’argument classique qu’on entend partout dans le milieu. Ce qui ne signifie pas que c’est faux, simplement que c’est très général, et pas forcément la seule raison.
Ainsi, les raisons évoquées officieusement dépassent la seule question de l’argent. Les représentants du personnel alertent depuis des années sur la trajectoire du groupe. En 2024, des mouvements de grève avaient déjà eu lieu chez des studios comme Spiders et Kylotonn, avec des critiques portant sur les conditions de travail, la désorganisation des plannings et les risques de burn-out. Le Syndicat des travailleurs du jeu vidéo estime que ce redressement judiciaire pourrait être « l’occasion d’enfin changer la direction du groupe pour repartir sur des bases de travail saines« .

En outre, le cours de Bourse de Nacon – comme celui de Bigben – est suspendu depuis le 20 février et le restera au moins jusqu’à la décision du tribunal. Les marchés publics s’inquiètent… comme le public tout court. En effet, les joueurs se demandent ce qu’il adviendra de leurs jeux, des serveurs ouverts, des franchises qu’ils adorent, etc, si la situation n’évolue pas positivement.
Le tribunal de commerce doit prendre une décision au mois de mars, on en saura plus sur l’avenir de Nacon à ce moment-là.


















Alors dsl, c’est pas juste pour être méchant promis ^^ mais… c’est ce qui arrives quand tout ce qui sort d’un éditeur est très moyen voir mauvais . triste pour l’industrie et pour les employés, j’espère qu’ils surmonteront cette épreuve :-/