Moza Racing prend de l’ampleur ces derniers mois. La marque présente désormais une gamme complète de bases Direct Drive pour PC, accompagnée d’un écosystème naissant mais prometteur. Nous avons mis sur le banc de test le modèle R5 de la marque, dans sa version bundle. C’est-à-dire accompagné de son volant et de son pédalier. Voici notre avis complet pour cet ensemble destiné aux joueurs PC souhaitant une première expérience avec la technologie Direct Drive.
Le Test du Moza Racing R5 Bundle en vidéo :
Présentation du Moza Racing R5 Bundle
Une base, un volant, un pédalier et des accessoires. Il y a dans cette boîte tout ce qu’il faut pour se lancer dans le simracing. Que vous possédiez un cockpit, un wheelstand ou pour jouer directement sur le bureau d’ailleurs. On trouve donc dans le carton la toute petite base direct drive R5 et ses 5,5 Nm annoncés (mais nous y reviendrons), le volant ES Steering Wheel qui se positionne en entrée de la gamme du fabricant, et le pédalier SR-P Lite spécifiquement développé pour ce bundle.



Du côté des accessoires, Moza est plutôt généreux puisque nous trouvons ici l’alimentation de la base et ses 96 Watts, un cordon USB-A/USB-B pour la connexion au PC, le câble de liaison du pédalier, un support de base pour les bureaux et toute la visserie nécessaire au montage de la base et du pédalier sur cockpit ou Wheelstand. Pour les joueurs non équipés, Moza ajoute même un pad à coller sous le pédalier pour améliorer son grip sur carrelage ou linoléum.
L’ensemble est vendu par Rseat (qui nous prêté ce modèle de test) à 689€, ce qui place le Moza R5 Bundle face à la gamme CSL de Fanatec. Le match s’annonce intéressant pour ce Test du Moza R5.
Finition et qualité de fabrication
Une base compacte qui impressionne lors du test



La base R5 est petite, toute petite même. En 15 ans de tests de matériel de simracing, je n’ai jamais vu de modèle aussi compact. Il y avait un précédent avec les bases Fanatec CSL DD et GT DD Pro, déjà compactes au regard de leur performances, mais le record est ici battu. Seulement 12,4 centimètres de haut pour 15,7 de large, et une profondeur sous la barre des 18 centimètres en prenant en compte le système d’attache du volant.
En plus de ces dimensions réduites, la base R5 affiche une qualité de fabrication et de finition assez exceptionnelle. Le métal, entre acier et aluminium, est présent à presque tous les niveaux, du carter au QR, en passant par tout l’axe intérieur. Finalement, seule le cache à l’arrière se présente en plastique, pour accueillir la connectique. Et les ajustement, avec de nombreuses vis apparentes, sont juste impeccables. On est à ce niveau un cran au-dessus de ce que propose Fanatec, ce qui en soi est une prouesse pour une marque aussi récente que Moza.

Un Quick Release de haut niveau
A l’avant, le Quick Release montre aussi sa différence avec un axe cylindrique épais, tout en métal, prêt à recevoir pas moins de 10 billes côté volant. Nous signalons tout de même un défaut à ce système : l’absence de détrompeur qui impose de faire bien attention au sens dans lequel on place le volant, sans quoi le QR ne se déclenche pas. Sous la base enfin, on trouve 4 trous taraudés pour la fixation à un cockpit ou à un support, avec un schéma typique des bases de Moza qui ne correspond évidemment à aucune autre marque actuellement sur le marché. Vous n’êtes donc pas à l’abri de devoir percer votre support. Et ce même si les fabricants de cockpits et wheelstand se sont, pour la plupart, mis à la page.
Un système d’attache pour bureau efficace mais volumineux


Les joueurs sur bureau pourront profiter du système d’attache fourni, qui vient se positionner sur les 4 trous de la base. Cet accessoire permet la fixation à une plaque épaisse, au-delà des 5 centimètres habituels et pour cause, sa hauteur est particulièrement élevée, avec deux longues vis à papillon qui pourraient traîner du côté des genoux. Pour le coup, les propositions du Pro Racing Wheel de Logitech ou du récent T818 de Thrustmaster sont tout aussi efficaces en prenant moins de place.

La connectique à l’arrière de ce Moza R5 est composée de 4 ports : un pour l’alimentation, identique à celui du CSL DD, un port USB-B pour la connexion au PC, un RJ 45 pour brancher son pédalier et un RJ12 pour la connexion d’un Dash (un écran pour la télémétrie), vendu en option par Moza. Les Shifter et leviers de vitesses iront se connecter en USB au PC, ce qui peut limiter l’utilisation de certains jeux anciens ou typés arcade. Nous préférons pour le coup la proposition du CSL DD (ou du GT DD PRO) qui regroupe toutes ces connexions directement à sa base, mais l’absence de compatibilité console du R5 justifie ce choix.
Un volant 27 centimètres à la finition réussie

Côté volant, le Moza R5 bundle que nous avons en test nous propose donc le ES Steering Wheel, l’entrée de gamme vendue 189€ chez Rseat. Malgré ses 27,5 centimètres de diamètre, un format plutôt petit au regard de ce que propose Fanatec ou Logitech, l’ES SW en impose par sa qualité de fabrication et sa finition. Façade en métal, tour de roue en cuir collé et cousu, palettes métalliques, et toujours ce Quick Release de haut niveau.
On est ici un bon cran au-dessus des modèles de Thrustmaster, et à jeu égal avec le volant proposé par Logitech pour son Pro Racing Wheel. Et il faut clairement monter en gamme pour trouver un équivalent ou mieux chez Fanatec. Seul petit défaut que nous ayons trouvé : quelques points de colle manquant sur la finition cuir de notre modèle de test. Une paille au regard de la finition générale proposée par ce volant.


Test de l’ergonomie du volant du Moza R5 Bundle
Les boutons de ce ES SW sont plutôt fins, avec un toucher rapide et un seuil d’activation assez bas. Ils sont clairement pensés pour une utilisation sans gants, avec un côté “jeu vidéo” prononcé. Nous sommes loin des propositions habituelles de Fanatec pour le coup. Mais cela correspond bien à la gamme du produit qui, dans l’ensemble se présente comme un modèle Direct Drive mais grand public. Deux boutons se différencient tout de même de cet état d’esprit, les touches Radio et Start, plus larges, plus épaisses, avec une activation plus profonde. Enfin, un afficheur à LEDs est présent sur la partie centrale du volant pour l’affichage des RPM en jeu. Dans l’ensemble, tous ces boutons sont parfaitement accessibles sans avoir à lever les mains du volant, pour une ergonomie générale très réussie.
A l’arrière, les deux palettes métalliques sont plutôt larges et bien centrées. Bien que mécaniques, leur clic est rapide, bien marqué, avec un retour en position presque immédiat qui permet les enchaînements de passage de vitesses à cadence élevée. Juste dommage que ces palettes ne soient pas amovibles pour accueillir en second temps des modèles magnétiques ou simplement pour pouvoir changer la forme de la palette elle-même.
Le pédalier CSL, ou quasiment


Difficile de nier l’inspiration de ce SR-P Lite tant la ressemblance avec le CSL Pedals de Fanatec est flagrante. Même conception avec ses pédales indépendantes qui se fixent à la plaque des talons, même entraxes pour les différents points de fixation, et même de nombreuses pièces communes du côté des ressorts, des axes ou même des capteurs Hall. La finition est tout de même assez différente puisque nous avons droit ici à une peinture mate gris foncé, en lieu et place de l’aluminium brut.
Fixation et évolutivité du pédalier
La fixation au cockpit ou au Wheelstand se fait par 4 vis, alignées horizontalement mais pas verticalement, comme pour le pédalier CSL. Mais ici, la fixation est rendue plus difficile par un système d’entretoise qui, là encore, ressemble à la proposition de Fanatec, mais sans l’égaler. Faites vous aider pour ce moment crucial, c’est un conseil. Les joueurs sur bureau trouveront une solution assez efficace pour le grip à une surface lisse, mais rien pour le jeu sur moquette. Comme d’habitude, nous vous conseillons d’opter pour une large plaque de médium en butée contre un mur pour profiter pleinement de la stabilité de l’ensemble.

Pour un pédalier d’entrée de gamme, ce modèle à deux pédales se défend donc plutôt bien du côté de la finition et des possibilités d’agencement. Il est en effet possible d’utiliser les pédales indépendamment, directement sur le cockpit, et même de les inverser en position GT si votre structure le permet. De même, vous pouvez choisir la position latérale de chaque pédale, par sauts de 3 centimètres, ou choisir la hauteur de vos plaques de pédales. Livré avec deux pédales, une pour le frein et une pour l’accélérateur, le SR-P Lite peut aussi évidemment accueillir un embrayage en option. Enfin, un système à ressort est disponible (en option toujours) à 40€, et il est difficile pour nous de comprendre pourquoi celui-ci n’est pas fourni d’office, tant son absence va nous manquer cruellement… ce que nous verrons dans la partie gameplay.
En jeu : de belles promesses, quelques déceptions
Un logiciel de référence


Le R5 est accompagné du logiciel Pit House pour la compatibilité du volant avec la plateforme Windows, mais aussi pour toute la partie réglage du volant, de la base et du pédalier. Et il faut avouer que ce Pit House remplit parfaitement son rôle avec une interface claire et pourtant complète, adaptée tant aux débutants qu’aux joueurs en quête de réglages fins. Et sur certains points, Moza va clairement plus loin que l’ensemble de ses concurrents.
Réglage des différentes forces, de la résistance de l’axe, des effets de route, tout y est accessible, clairement expliqué, dans une interface à passer en anglais pour une meilleure compréhension (la version française étant en cours de développement). Ce que nous apprécions le plus, c’est d’un côté la présence de presets complets, classés par genre et que l’on peut affecter automatiquement à des jeux, et de l’autre des options ultra performantes telles que les courbes des pédales ou l’égalisation des forces par fréquences. Juste dommage que la puissance limitée du R5 ne nous permette pas d’en profiter pleinement.
En course, des effets limités
Car oui, le Moza R5 a beau afficher 5,5 Nm sur sa page de présentation, il nous est apparu lors du test comme moins puissant qu’un CSL DD avec son alimentation d’origine. Tous les curseurs d’effets et de force à fond, il en manque encore un peu pour que le plaisir soit complet. A peine plus puissant en termes de ressenti qu’un T300 RS, un cran en dessous du T-GT, le R5 n’en est pas moins un vrai direct drive, avec sa direction dénuée des vibrations que peuvent apporter les volants à courroie ou sa précision en courbes. Mais nous aurions apprécié un peu plus de tonus du côté de la motorisation, voire la possibilité de lui faire gagner quelques Nm avec un changement d’alimentation. Ce n’est malheureusement pas envisageable.

Sain dans ses comportements, le R5 reste un volant agréable à utiliser et surtout facile à régler. Les débutants et joueurs du dimanche apprécieront que le passage d’un jeu à l’autre soit aussi aisé, au contraire d’un CSL DD justement. Surtout que les presets proposés par Moza sur son Pit House sont clairement de bonnes bases pour se créer des réglages personnels aux petits oignons.
Reste que le R5 manque de précision dans ses effets, avec un filtre un peu trop marqué pour que l’on ressente véritablement le point de décrochage d’adhérence de ses roues ou les subtils transferts de masse. Tout comme l’obligation de mettre les gains de force à fond dans la plupart des jeux nous fait perdre une partie de l’information recherchée par les joueurs en quête de performance.
Un frein qui n’en est pas un

Et puis, il y a le point noir de ce de ce test du Moza R5 Bundle : le frein dans sa version d’origine. Disons le clairement, il est nul. Sous les pieds, difficile de le différencier de l’accélérateur tant sa profondeur et son absence de résistance sont loin de ce que l’on attend d’une pédale de frein. Alors oui, on peut argumenter que pour les débutants, ça passe, et c’est vrai que ça reste jouable. Mais nous sommes ici sur une pédale de frein qui souffre de la comparaison avec celle d’un T3PA de Thrustmaster, ou pire avec celle d’un G29 ! Pas de butée finale, pas de vrai ressort, du moins pas d’origine.
Car Moza commercialise bien un add-on pour sa pédale, sous la forme d’un ressort de compression à placer sous la pédale. Nous n’avons malheureusement pas eu la chance de l’essayer alors même qu’il semble essentiel à ce bundle. Mais ce sera l’occasion de mettre ce test à jour plus tard.
Conclusion du Test du Moza R5 Bundle
Le Moza R5 est vendu 689€ TTC, auxquels il faut ajouter les 40€ du ressort pour le frein, essentiel. La facture s’élève donc à 730€ pour un ensemble qui souffre de la comparaison avec l’offre CSL de Fanatec. Chez le fabricant allemand, le moteur est plus puissant, évolutif même. Il peut aussi devenir compatible Xbox facilement. Et le frein (bien qu’imparfait) est plus convaincant. De même, l’écosystème est clairement plus fourni chez Fanatec.
Si ce bundle Moza R5 ne se montre pas aussi réussi que son concurrent lors du test, il a tout de même quelques atouts. A commencer par la finition de ses éléments, d’un très haut niveau, son système Quick Release très convaincant, ou encore son logiciel exceptionnel qui facilite grandement l’utilisation du volant. Et puis disons le clairement, nous avons pris beaucoup de plaisir à jouer avec le R5, sa motorisation est saine, son volant est ergonomique et confortable, ses réactions face aux différents jeu ne sont jamais problématiques.
C’est donc le rapport prix/puissance et le comportement de sa pédale qui sont les deux véritables défauts de ce bundle. Et ce sont pour ainsi dire les seuls. Mais peut-être faut-il aller jeter un œil du côté du R9 pour vraiment trouver un concurrent à la gamme CSL de Fanatec. Ce que nous vérifierons prochainement avec un futur test.
Pour :
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La qualité de fabrication et de finition de l’ensemble
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L’ergonomie du volant, les palettes et boutons
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Le Quick Release de haut niveau
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La facilité de réglage avec le logiciel
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Les bonnes réactions du direct drive
Contre :
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Le manque de puissance sans upgrade possible
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La pédale de frein d’origine
Moza Racing R5 Bundle
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Compatibilité : PC Windows.
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Puissance : 5,5 Nm
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Pédalier : SRP Lite inclus
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Accessoires disponibles : Frein à main, volants, levier de vitesses,,
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Usage conseillé : Cockpit ou bureau
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Prix officiel : 689€






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