Naga Racing atteint les 20 000 abonnés

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Naga Racing atteint les 20 000 abonnés

C’est peut-être un détail pour vous, mais pour lui ça veut dire beaucoup : l’ami YouTuber Naga Racing vient d’atteindre les 20 000 abonnés. Dynamique, souriant et travailleur acharné, Naga Racing se donne à fond pour démocratiser la pratique du simracing au plus grand nombre. À cette occasion, on a pu discuter longuement avec lui à propos de ses début sur YouTube, la passion qui l’anime tant et on a même parlé de l’avenir de sa chaîne. Accrochez votre ceinture, ça vaut le détour !

Magic Sim : La première fois que j’ai vu ton nom de chaîne sur YouTube, j’ai cru que c’était un clin d’œil à World of Warcraft et ses fameuses créatures reptiliennes, les Naga… 

Naga Racing : (Rires) En fait Naga, c’est mon nom de famille. Mon vrai prénom, c’est Djihed. Mais dès l’école, tout le monde m’appelait Naga, parce que c’était cool et facile à prononcer. Et au final, c’est resté. Quand j’ai monté ma boîte, j’ai gardé Naga, plus facile à retenir et plus identifiable que Djihed, surtout pour le networking. Et après, j’ai utilisé Naga pour tout : Naga Weightlifting (ndlr : une activité de séminaires liés à l’haltérophilie), Naga Racing… En gros, je prends Naga et je rajoute un truc ensuite (rires). C’est devenu une marque au final et ça c’est pratique pour le marketing !

MS : Je t’ai connu, tu n’étais pas encore à 5 000 abonnés, et te voilà à 20 000 avec une communauté fidèle : ça fait quoi de voir les stats grossir aussi rapidement ?

NR : Rapidement, ça je ne sais pas… Mais quoi qu’il en soit, je suis très content d’avoir atteint ce palier. Pour moi, YouTube, c’est une activité à côté et j’essaye de trouver ce qui plaît à l’audience, tout en essayant de ne pas aller dans le clash, le drama ou encore en ayant des points de vue tranchés. Même si les gens aiment quand les créateurs de contenus ont des avis radicaux. Moi, clairement, c’est la passion qui me guide. Je suis quelqu’un de bienveillant et très positif, j’ai envie d’apprendre des choses aux gens. Je pense que les gens ont commencé à s’y retrouver et à s’attacher à ma façon de voir les choses.

Et en deux ans, oui, la chaîne a bien évolué. Surtout que quand j’ai commencé en mars 2020 au moment du confinement, je ne connaissais strictement rien à YouTube, je ne savais même pas faire de titres ou de miniatures (rires) ! Je suis à la fois content de cette évolution et ravi d’avoir autant d’abonnés qui apprécient ce que j’apporte de positif dans le milieu du simracing. 

naga racing
Le YouTuber Naga Racing au circuit de Spa-Francorchamps.

MS : C’est quoi ton parcours ? Il faisait quoi Naga de 15 à 30 ans ?

NR : J’étais très sportif. J’ai commencé à l’athlétisme à 13 ans, un peu par hasard et j’ai vite pris goût à la compétition. Vers 15 ans, j’ai eu un coach qui a eu une grande influence sur moi et qui m’a vraiment donné le goût de l’effort et du dépassement de soi. Et j’arrive à 18 ans dans le top 10 belge du saut en longueur. Ce qui, avec le recul, était pas mal ! On faisait régulièrement de l’haltérophilie pour faire de la préparation physique et un jour, un entraîneur me dit que je suis doué et que je devrais me lancer dans cette discipline. J’ai senti qu’il y avait un truc, alors je me suis lancé.

À l’époque, j’avais faim de réussite et je voulais faire quelque chose que peu de belges avaient fait. Et deux ans plus tard, j’étais aux Jeux Olympiques Universitaires, le deuxième plus gros événement dans le monde après les Jeux Olympiques que tout le monde connaît.

Ensuite j’ai participé à plein de championnats et j’ai fais le tour du monde en soulevant des poids. En parallèle, j’ai intégré une école de commerce équivalent à HEC Paris. Pendant mes études, je m’entraînais deux fois par jour, j’étais vraiment mordu. Du coup, j’allais pas beaucoup en cours (rires). Et pendant ma troisième année, j’avais besoin d’argent. Alors, j’ai monté la boîte que j’ai encore aujourd’hui. C’est une agence digitale (on fait principalement des sites internets) et par la suite, j’ai créé une société de production audiovisuelle. Voilà un peu ma vie de 15 à 30 ans. 

Naga soulevant des poids. Sacrés mollets !

MS : Comment tu es arrivé au simracing ? Est-ce que petit tu aimais les simulations ? Tu étais éventuellement un joueur de Gran Turismo ? Ou tu es un passionné de voitures à la base ?

NR : Quand j’étais petit, j’étais dans un groupe de stunt et on se retrouvait régulièrement pour faire des wheelings à quad ou moto. Et moi à l’époque, je rêvais d’avoir un Booster (NDLR : un scooter 50cc de la marque MBK). Malheureusement, ma famille n’avait pas d’argent et j’ai grandi avec cette frustration de ne jamais avoir eu d’engin à moteur. Plus tard, quand j’ai commencé à gagner ma vie, je me suis mis à la moto. Une fois le permis en poche, j’ai fait un mois de route, puis je suis allé direct sur un circuit et j’ai adoré ! Ça m’a donné envie de faire de la compète et je voulais faire le championnat de Belgique. Mais en vrai, j’étais mauvais, je faisais que tomber et je n’arrivais pas à comprendre comment ça marche.

L’hiver 2019, je roulais moins, mais j’avais ma Playstation 4. Me vient alors l’envie de prendre Gran Turismo Sport et d’acheter un volant, un G29. L’idée, c’était d’apprendre les trajectoire et les points de freinage pour comprendre comment je peux m’améliorer dans le réel. Même si piloter une moto et conduire une voiture est bien sûr différent, les techniques de pilotage sont les mêmes. C’est donc comme ça que j’ai commencé le simracing. Et j’ai vraiment accroché !

La moto ça coûte cher, c’est une vraie logistique et avec mon petit setup, c’était parfait pour m’entraîner à moindre coût, tout en restant chez moi. J’ai aussi pas mal joué à Dirt à ce moment-là et j’ai adoré faire du rallye, j’en fais d’ailleurs encore de temps en temps. Plus tard, j’ai découvert Assetto Corsa Competizione.  Puis vient le Covid. Tout s’arrête alors et je me demande ce que je peux faire. C’est à ce moment que j’ai pensé à créer une chaîne YouTube.

naga racing fait aussi de la moto !
Naga au guidon de sa Yamaha R6. Ça va, il a l’air de gérer en fait.

MS : Pourquoi tu t’es lancé sur Youtube ? Tu avais du mal à garder la passion du simracing pour toi, c’est ça ?

NR : Alors que je pratiquais le simracing, je cherchais sur YouTube des contenus et des infos en lien avec cette pratique. Dans l’ensemble, ce que je voyais me paraissait un peu amateur et pas toujours accessible. Et c’est là que je me dis qu’il y avait une place à prendre pour démocratiser le simracing. Surtout, en le faisant de manière très simple, très positive et de façon un peu plus pro que la moyenne. Tu l’as vu, j’adore communiquer et parler avec les gens. Alors prendre une caméra et me filmer, c’était une évidence, quelque chose de naturel. Et comme je ne pouvais plus faire mon activité d’haltérophilie pendant le confinement, je me suis lancé. Et ce qui m’a fait tomber amoureux de YouTube, c’est que ça allie deux choses qui sont chères dans ma vie : la compétition et l’entreprenariat.

Sur YouTube, il faut trouver des tendances, des opportunités, s’améliorer non stop, tout en étant meilleur que la moyenne pour grandir et se démarquer. Je vois vraiment la compétition comme quelque chose de positif. Les vidéos que j’ai faites avant sont, je pense, moins bonnes que celles que je fais aujourd’hui, parce que j’’essaye toujours de faire mieux que la fois précédente, que ce soit en termes de contenu, de production et de storytelling. Aujourd’hui, je fais tout moi-même : l’écriture, le montage, les voix… C’est vrai qu’un jour, j’aimerai bien engager un monteur, parce que ça prend du temps et le montage, c’est pas évident. Mais bon, j’ai la passion, alors ça passe !

Dans mon travail, je suis très spontané. Souvent, quand je prépare une vidéo, j’ai ma trame globale et les temps forts. Et quand je filme, j’y vais à l’impro, comme ça ça reste naturel et ça permet vraiment de gagner du temps. Si tu commences à vouloir que ça soit parfait, ben tu fais rien au final ! 

MS : Tu t’es mis à streamer pas mal et à enchaîner les events (24h d’Anna par ex) ? C’est quoi ton objectif, faire un jour de l’esport ou toucher un nouveau public ? 

NR : Alors l’esport non, mais la compétition oui. Il y a une différence pour moi entre les deux et ce qui m’anime le plus, c’est la compétition, notamment les courses ranked, et ça, ça sera toujours présent sur ma chaîne. L’esport, j’ai pas le temps pour ça, peut-être pas l’âge ou le talent d’ailleurs, surtout avec mon activité YouTube. La plupart des gens qui me suivent le savent : je roule pas à haut niveau et contrairement à d’autres, j’ai pas le temps de me préparer plus que ça avant une course importante. Par exemple les 24h d’Anna, j’ai juste fait les 10 tours de chauffe obligatoire et après, c’était parti ! Je suis souvent en milieu ou fin de grille et j’essaye de remonter.

L’avantage, c’est que les gens peuvent s’identifier plus facilement à moi. Voilà, j’arrive bien à m’adapter, mais je ne serai jamais un pilote esport. En revanche, être présent sur YouTube, faire de la compétition et pourquoi pas toucher un nouveau public, oui, c’est plus ça.  

MS : Tu es chef d’entreprise, tu es sur YouTube, tu streames, tu es papa aussi… C’est quoi ton secret pour bien t’organiser au quotidien ?

NR : En fait, j’ai un truc qui remonte à ma jeunesse. Avec le recul, je crois que j’ai trop perdu mon temps. Rien de négatif hein, c’est juste que je traînais toute la journée. Et pendant mon école de commerce, j’ai eu un déclic et j’ai fais que m’améliorer non stop. Me voici aujourd’hui, à presque 34 ans, dans l’hyper productivité. À chaque fois que je fais un truc, je veux être efficace. Dans ma routine de travail, tout a été préparé pour que je sois très productif. Les gens ne s’en rendent pas compte, mais j’ai que 1h30 à 2h maximum à consacrer à YouTube chaque jour.

Être dans l’impro me fait gagner du temps (et tant pis si c’est pas parfait), faire une miniature, en 30 secondes c’est fait, j’ai pris une connexion internet rapide, mes bureaux sont à 5 minutes de chez moi, bref, tout est fait en sorte que je perdre le moins de temps possible. Certes au début, ça demande un peu d’investissement au début pour tout mettre en place, mais quand tout est prêt, tu arrives à faire beaucoup de choses en peu de temps. 

naga racing en plein stream
Naga en pleine course et stream. Bien vu le gant Sparco sur le TH8A.

MS : Est-ce que tu es prêt un jour à devenir YouTuber à temps plein ou ce n’est pas dans tes projets ?

NR : C’est sûr que si je m’investissais à temps plein sur YouTube, j’aurais sûrement plus d’abonnés (rires) ! Mais il faut être réaliste : YouTube, c’est difficile mentalement, faut être stable dans sa tête pour gérer une chaîne ! Tu as l’algorithme qui peut changer, tu dois faire face aux critiques non stop des gens… YouTube n’est pas ma seule activité et ça me va bien comme ça. Pour l’instant, mon objectif c’est déjà d’arriver à 100 000 abonnés et on verra après, j’ai pas de vision au-delà ! En attendant, je me professionnalise plus, je travaille maintenant avec une agence d’influenceur. J’ai aussi beaucoup de demandes de partenariats. J’en refuse d’ailleurs beaucoup, parce que l’argent ne m’intéresse pas, sauf si c’est pour faire un projet. Si être sur YouTube à plein temps n’est pas dans mes projets, rester neutre, oui. 

MS : Comment tu vois l’avenir du simracing ?

NR : J’ai toujours eu cette sensation “opportuniste”, ce côté entrepreneur où je sens les choses. Je sens qu’il se passe quelque chose depuis 2020 autour du simracing. L’accès à la piste et au circuit est tellement cher et réservé à une élite, que le fait de vivre sa passion à la maison avec un budget plus modeste, est un pont incroyable. On le voit bien aussi avec la bataille que se livrent actuellement les constructeurs, qui rivalisent tous avec leurs modèles direct drive.

C’est en train de partir dans tous les sens et tout le monde veut sa part. Je pense qu’on est à l’aube de quelque chose de très grand, je vois bien le simracing exploser d’ici 3-4 ans. Et je veux me positionner pour donner du positif aux gens, tout en respectant les différentes communautés et les marques, en tout cas, c’est la responsabilité que je prends en tant qu’influenceur. 

MS : Un conseil pour celles et ceux qui voudraient se lancer sur YouTube ?

NR : Alors déjà, c’est une bonne chose de se lancer sur YouTube. Pour moi, c’est là où tout se fait. On peut réussir sur YouTube aujourd’hui, il faut juste ne pas perdre de vue que c’est une question de performance. Si t’es bon dans ce que tu fais, si tu le fais avec passion, si tu parviens à t’améliorer et que t’es authentique, bah tu vas y arriver.

Peut-être pas demain, ni dans un an ou deux, mais tu finiras par y arriver. Avant de me lancer, j’ai énormément analysé les créateurs de contenus aux US pour comprendre ce qu’il faut faire pour tirer son épingle du jeu. Comment faire une bonne intro, un hook, faire monter la tension pendant la vidéo, les plans de caméra qui marchent, comment gérer la surprise de fin de vidéo, la direction artistique, etc. Autre chose qui revient souvent : créer une marque en tant que créateur, une “marque de toi”. Et pour créer une marque, il faut en moyenne 4 ans. Les miniatures, le logo, le storytelling, c’est tout ça la marque. Pour se lancer, il faut donc, je pense, une vision à 4 ans.

Ça peut paraître beaucoup, mais la tentation d’abandonner est grande, tant ça demande énormément d’investissement et que ça ne rémunère pas au début. Donc sans passion de départ, sans vision long terme, sans travail et sans la capacité à s’améliorer constamment, ça risque d’être voué à l’échec. Ces quatre ingrédients réunis permettent vraiment de passer toutes les barrières comme la dépression, le burn out, les critiques, les mauvaises stats, le fait que ça ne marche pas, etc. Enfin, trouver le concept de vidéo qui peut te faire remarquer. Moi clairement, la visite des setup abonnés, c’est un concept qui m’a fait décoller. C’est pas le seul, mais celui-là s’est vraiment démarqué. Et chaque créateur a son ou ses concepts phares, parce que ce sont des vidéos qui parviennent à toucher plus de monde que les autres. 

MS : Quels sont tes futurs projets pour ta chaîne, si tu peux en parler ? 

NR : J’ai beaucoup de projets de roulage en monoplace et GT véritables. Du coup, c’est un axe que je vais développer un peu plus sur ma chaîne. La piste ne me fait pas peur, alors j’ai bien envie de faire son pont entre simulation et réalité. L’autre envie, c’est de créer un gros événement YouTube autour du simracing avec des pilotes réels et des sim racers. Lancer ce genre de projet, ça se fait quand on a plus grosse audience, ça permet notamment que les marques suivent. Voilà, ça fait six mois que j’y réfléchis, je suis en train de voir comment ça peut se faire.

Sinon, j’ai envie de continuer ma série des visites setup abonnés. Mon rêve, le graal même, serait de visiter celui de Charles Leclerc ! La bonne nouvelle, c’est que j’attends des réponses pour aller visiter des gens tout aussi connus que lui et j’espère que ça va se faire !

naga racing s'apprête à conduire une sportive
On a hâte de découvrir ce que nous prépare Naga dans le réel !

MS : C’est quoi ton matos de rêve ? 

Ça serait 3 écrans Oled 56 pouces avec le quatrième au-dessus – un peu comme Boosted Media – avec un simulateur dynamique, mais pas trop, juste ce qu’il faut. 

MS : L’accessoire simracing auquel tu ne toucheras jamais ? 

La button box. Je trouve ça bien et inutile à la fois. Parce que je suis dans la compétition et le streaming. C’est bien pour ceux qui veulent de l’immersion, mais c’est pas pour moi. 

MS : Si je te retire ton setup et que tu ne peux garder qu’un élément, tu gardes quoi ? 

NR : Je garde le volant bien sûr ! Je peux l’attacher sur mon bureau, je peux l’emporter partout. C’est la pièce maîtresse, c’est celle-là qui me fait vivre des émotions. 

MS : DD1 ou R21 ?

NR : DD1 pour le cœur. R21 pour la jouabilité. Le DD1, il m’a fait rêver. le R21, je le trouve plus simple au quotidien. À part ça, pour moi, c’est la même chose en termes de sensations. 

MS : Où est-ce qu’on te retrouve ?

NR : Sur YouTube bien sûr, Twitter, Instagram, Facebook et sur mon site ! À la prochaine Superchicane !

Écrit par
Magic Sim

Rédacteur en chef de Superchicane.fr.

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