Test de la gamme Thrustmaster Evo Racing : le HUB et ses trois arceaux

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Thrustmaster EVO test

Thrustmaster fait son retour avec une nouvelle approche modulaire : la gamme Evo Racing que nous mettons sur le banc de test aujourd’hui. Un HUB unique, trois arceaux interchangeables, et une promesse de flexibilité pour s’adapter à toutes les disciplines. De quoi relancer la marque française dans un marché de plus en plus concurrentiel ?

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Le test de la gamme Thrustmaster EVO Racing en vidéo

Comme d’habitude vous avez le choix entre ce test écrit, ou la vidéo sur Youtube : 

La gamme Evo, c’est quoi ?

La gamme Evo repose sur un principe simple : un HUB central, le Evo Racing HUB, auquel viennent se greffer trois arceaux distincts selon la discipline pratiquée. Le 32R, typé rallye, le 31D, orienté GT classique, et le 31U, un volant ouvert typé GT moderne. Chaque arceau peut se commander séparément, de même que le HUB, ce qui permet de constituer son bundle selon ses besoins.

Côté tarifs, le Evo Racing HUB est vendu seul à 200€, sans arceau. Les arceaux 32R et 31D sont proposés à 100€ chacun, tandis que le 31U est légèrement moins cher, à 90€. Un volant complet — HUB + arceau — revient donc à environ 290-300€. À noter que les palettes à clic sont incluses d’office, mais les palettes progressives analogiques sont en option, à 50€ supplémentaires. Un ensemble complet peut donc coûter jusqu’à 350€.

Compatibilité et montage

La gamme Evo est compatible avec la quasi-totalité des bases Thrustmaster disposant d’un volant amovible — TGT, T300, TS-PC Racer, T598 et T818, entre autres. Seul le T500 est exclu. Pour assurer cette compatibilité élargie, Thrustmaster fournit deux versions du Quick Release : l’ancienne pour les bases traditionnelles, la nouvelle pour les T598 et T818. De quoi couvrir aussi bien les plateformes PlayStation, Xbox ou PC, selon la compatibilité de la base utilisée.

Test Thrustmaster Evo Racing

Le montage, en revanche, demande un peu de patience. HUB, palettes et arceau arrivent séparés et nécessitent une installation complète : branchement et vissage du QR, montage des palettes avec leurs entretoises, fixation de l’arceau avec pas moins de huit vis au total. Pour une première fois, comptez une bonne vingtaine de minutes. Un point à garder en tête pour ceux qui envisageraient de jongler régulièrement entre plusieurs arceaux : chaque changement implique de dévisser et revisser l’ensemble, ce qui peut vite devenir fastidieux.

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Finition et matériaux

Premier constat à la prise en main : la gamme Thrustmaster Evo monte clairement en gamme par rapport aux générations précédentes, même si quelques compromis persistent. L’arceau 32R se distingue par un cuir fin et lisse, avec peu de relief, mais qui accroche bien en main. La couture bicolore noir et jaune au centre de l’arceau apporte une touche d’élégance appréciable. L’armature centrale est en métal — fine, comme souvent chez Thrustmaster — mais la gamme Evo ajoute deux points de verrouillage supplémentaires de chaque côté pour améliorer la rigidité de l’ensemble.

Test Thrustmaster Evo Racing

Le 31U, typé GT moderne, propose quant à lui un cuir perforé, avec une texture alvéolée particulièrement agréable en main, qui offre une légère souplesse sous le pouce. Le résultat est élégant et raffiné. Le 31D, orienté GT classique, reprend un cuir doux et efficace, dans un esprit proche du 32R. Côté HUB, le Evo Racing HUB fait davantage dans le fonctionnel que dans le premium : plastique et résine dominent, seules les palettes sont en métal. Ces dernières sont magnétiques et maintenues par deux vis — un montage qui peut surprendre mais qui tient bien en pratique. Les molettes, elles, sont en plastique, et les boutons restent dans un registre grand public. Rien de honteux pour un ensemble affiché à 300€, mais la concurrence commence à faire pression à ce niveau de prix.

Réglages et logiciel

La gamme Thrustmaster Evo se configure via le logiciel Windows My Thrustmaster Panel. L’interface permet de gérer les produits Thrustmaster connectés en USB — réglage de la luminosité des LEDs, mode d’éclairage, et configuration des palettes analogiques optionnelles lorsqu’elles sont branchées. Sur le Evo Racing HUB spécifiquement, les possibilités de réglage sont inexistantes : le logiciel se cantonne essentiellement aux mises à jour du HUB. Pas de mapping personnalisé, pas d’étalonnage manuel des palettes — tout est géré automatiquement. Une approche accessible et cohérente avec le positionnement grand public de la marque, qui a l’avantage d’effacer les différences entre joueurs console et joueurs PC.

Test Thrustmaster Evo Racing

Pour les simracers PC habitués à personnaliser finement leurs équipements — via l’application de la marque ou un outil comme SimHub — le manque de profondeur logicielle se fait sentir. C’est un axe sur lequel Thrustmaster aurait intérêt à progresser pour rester compétitif face à des concurrents qui offrent des logiciels nettement plus complets.

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Sensations en jeu : le 31U

Le 31U s’avère particulièrement confortable en prise en main. La texture alvéolée du cuir perforé est agréable, avec une légère souplesse sous le pouce qui rend les longues sessions très accessibles. Les pouces se positionnent naturellement, les autres doigts trouvent leur place sans effort, et l’accès aux palettes est bon — bien positionnées en profondeur et en hauteur, même si un peu plus près n’aurait pas été de refus.

Test Thrustmaster Evo Racing

Côté boutons, trois sont accessibles de chaque côté du pouce. Le joystick — qui s’avère en réalité être une croix directionnelle à quatre points — répond bien à mains nues, même s’il sera moins pratique avec des gants. Les molettes, en revanche, sont peu espacées, ce qui les rend difficiles à distinguer visuellement et à manipuler avec précision en pleine course.

Point noir commun à toute la gamme Thrustmaster Evo : la souplesse de l’ensemble. Dès qu’une pression latérale est exercée sur le volant, un jeu se fait clairement sentir. Ce défaut n’est pas forcément gênant en course, mais il interroge sur le long terme. C’est le QR qui est principalement en cause, et non l’arceau seul, dont l’armature métallique tient bien le coup face aux pressions gauche droite.

Sensations en jeu : le 31D

Premier constat à la prise en main du 31D : le volant est étonnamment large. La forme est davantage ovale que ronde, ce qui surprend au premier abord. Le renfoncement semble plus prononcé que sur le 31U, même si c’est probablement la position de conduite différente qui crée cette impression. La prise en main reste malgré tout naturelle, avec les pouces bien placés et une position relativement proche. L’accès aux palettes est bon, identique à celui du 31U, tout comme l’accès aux boutons. En pratique, les deux arceaux sont donc très similaires en utilisation.

La principale différence réside dans la texture du cuir. Là où le 31U proposait un cuir perforé et structuré, le 31D opte pour un cuir plus doux et plus lisse, qui laisse la main plus mobile sur le volant. Le toucher reste agréable, mais le grip est moins affirmé. Une approche différente, sans être supérieure ou inférieure — c’est avant tout une question de préférence personnelle.

La souplesse de l’ensemble, déjà relevée sur le 31U, se retrouve évidemment sur le 31D. C’est un défaut structurel de la gamme Thrustmaster Evo dans son ensemble, et non d’un arceau en particulier.

Sensations en jeu : le 32R

Le 32R a fait l’objet d’un test complet séparé, auquel nous vous renvoyons pour une analyse approfondie. En utilisation, on retrouve sans surprise la même souplesse de l’ensemble que sur les deux autres arceaux de la gamme Thrustmaster Evo.

Face à la concurrence

À 350€ avec le HUB, un arceau et les palettes progressives, la gamme Thrustmaster Evo se retrouve dans une position délicate face à la concurrence. Pour ce budget, Moza, Simagic, Fanatec proposent des alternatives globalement supérieures à la proposition Thrustmaster.

Pour illustrer concrètement l’écart, le Formula V3 de Fanatec— pourtant pas le meilleur de sa catégorie — est affiché à 350€ et embarque un écran intégré, une plaque en carbone, un QR full métal et de bonnes molettes de pouce, sans aucun problème de torsion. Le Moza KS Pro, également testé récemment, propose lui aussi un écran, des palettes de qualité et une rigidité exemplaire. Même constat pour Conspit, dont le volant à 350€ affiche une finition carbone aluminium, du full métal partout et des doubles palettes.

Pour les utilisateurs déjà équipés d’une base Thrustmaster — T300, TGT, TS-PC Racer, T598 ou T818 — la gamme Evo reste une option cohérente et compatible. En revanche, pour quelqu’un qui part de zéro et cherche une base PC en milieu de gamme, difficile de recommander l’écosystème EVO face à une concurrence aussi dense et compétitive à ce niveau de prix.

Un avis mitigé après des heures de jeu

La proposition Thrustmaster Evo est honnête. Le HUB, les trois arceaux et l’option palettes progressives forment un ensemble cohérent. C’est bien fabriqué, ergonomique et compatible avec l’ensemble du parc de bases Thrustmaster — anciennes comme nouvelles générations. Les arceaux ont du style, les finitions montent en gamme, et l’expérience en prise en main est globalement agréable.

Mais la gamme Thrustmaster Evo souffre d’un paradoxe : elle se présente comme une nouvelle génération tout en traînant quelques casseroles de l’ancienne. Le QR génère une souplesse qui interroge sur la durabilité à long terme. Le HUB reste très plastique pour un tarif qui commence à piquer. Et le logiciel accuse un retard certain face à des concurrents qui offrent des outils de configuration nettement plus complets.

En conclusion

Pour un simracer déjà dans l’écosystème Thrustmaster, la gamme Evo est un choix logique et rassurant. Pour quelqu’un qui hésite encore sur sa base et envisage le PC, le marché actuel — porté par des marques chinoises très agressives et des acteurs européens comme Fanatec qui ont su s’adapter — rend la décision beaucoup plus difficile à trancher en faveur de Thrustmaster.

La marque a clairement du chemin à faire, à commencer par une refonte de son QR. Un constat lucide après le test de cette gamme EVO de Thrustmaster, qui n’enlève rien à l’affect que l’on peut avoir pour une marque qui a longtemps été précurseur dans le sim racing d’entrée et de milieu de gamme.

Les plus
  • Concept modulaire flexible : un HUB, trois arceaux interchangeables
  • Finitions en progression par rapport aux générations précédentes
  • Cuir de qualité sur les trois arceaux, coutures soignées
  • Bonne ergonomie générale en prise en main
  • Compatible avec la quasi-totalité des bases Thrustmaster (ancien et nouveau QR fournis)
  • Palettes métalliques magnétiques de bonne facture
  • Palettes progressives optionnelles accessibles et utilisables comme accélérateur/frein
Les moins
  • Souplesse de l’ensemble préoccupante, liée au QR
  • HUB majoritairement en plastique pour un tarif de 300€
  • Logiciel limité, peu de possibilités de réglage
  • Changement d’arceau fastidieux (nombreuses vis)

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Écrit par
OliveRoiDuBocal

Testeur de matos depuis une dizaine d'années, j'aime particulièrement mettre les mains dans les sticks arcade, les casques, et évidemment tout ce qui touche au simracing.

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