Test Simagic EVO ULTRA 28 Nm : la meilleure base Direct Drive ?

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Test Simagic Evo Ultra 28 Nm

Simagic repousse les limites avec l’EVO ULTRA, base Direct Drive affichant 28 Nm en pic. Moteur servo 5 pôles, encodeur 21-bit, technologie Slip Ring brevetée : le haut de gamme absolu à 1159€. On l’a testée face aux bases Moza R25 Ultra et Fanatec Podium DD. Notre verdict après plusieurs semaines d’utilisation intensive.

Simagic EVO ULTRA, c’est quoi ?

Simagic n’en est pas à son coup d’essai dans le haut de gamme. La marque s’est fait une vraie place dans le coeur de l’équipe de Superchicane avec sa gamme Alpha, puis avec les EVO 9, 12 et 18 Nm qui ont marqué nos esprits par leur dynamique exceptionnelle. L’EVO ULTRA franchit un nouveau cap en visant les 28 Nm en pic, positionnant Simagic sur le segment des bases ultra-puissantes aux côtés de Fanatec (Podium DD, 33 Nm pic), Moza (R25 Ultra, 25 Nm en pic), Asetek ou encore Simucube.

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Concrètement, l’EVO ULTRA n’a pas vocation à remplacer les modèles inférieurs. Elle s’adresse à une niche dans la niche : ceux qui cherchent des pics de force élevés pour des disciplines exigeantes (rally, drift, voitures classiques, Formules anciennes) tout en promettant la facilité d’usage qui fait la réputation des EVO.

Notre test en vidéo

Fabrication solide, connectique pléthorique

L’EVO ULTRA reprend les codes esthétiques de la gamme EVO avec un format légèrement plus imposant que la 18 Nm. Plus lourde, plus profonde, elle inspire immédiatement confiance. La finition reste irréprochable avec un boîtier robuste et une peinture mate de qualité.

À l’avant, le Quick Release adopte le standard NRG/D1Spec désormais répandu chez Moza, Conspit et d’autres fabricants. Ce QR générique mais efficace, facilite la compatibilité avec de nombreux volants d’autres marques. Juste à côté, un connecteur Maglink permet de brancher les futurs accessoires de l’écosystème Simagic.

Test Simagic Evo Ultra 28 Nm

L’arrière concentre une connectique impressionnante : huit connecteurs RJ, trois ports USB-A, un port USB standard et un port USB-C. De quoi alimenter tous les accessoires imaginables sans multiplier les hubs. Le bouton d’allumage se situe à l’arrière gauche. Ce n’est pas forcément le meilleur placement, mais il reste accessible. Détail notable : Simagic abandonne enfin l’interrupteur  intégré au câble d’alimentation, source de moqueries récurrentes dans nos tests précédents.

Test Simagic Evo Ultra 28 Nm

Côté fixation, l’EVO ULTRA se monte par-dessous et par les côtés. La prise par l’avant disparaît comme sur toute la gamme EVO, contrairement aux Alpha classiques. Un accessoire existe pour recréer cette fixation, mais sa compatibilité reste limitée avec certains supports de montage. Heureusement, dans la pratique, la fixation par-dessous et côtés couvre l’essentiel des besoins.

La base intègre une ventilation active pour évacuer la chaleur. Les retours d’expérience sur les EVO 9 (ventilateur parfois bruyant) nous rendaient prudents, mais les modèles 12 et 18 s’étaient montrés beaucoup plus raisonnables. Sur l’EVO ULTRA, le ventilateur reste discret même après des sessions prolongées. Logique : dimensionné pour 28 Nm, il n’est jamais sollicité à fond puisqu’on utilise rarement toute la puissance disponible.

Caractéristiques techniques : le meilleur de Simagic

Sous le capot, l’EVO ULTRA embarque un moteur servo DD 5 pôles custom développé spécifiquement pour cette base. La technologie Slip Ring brevetée par Simagic garantit fiabilité et durabilité sur le long terme en éliminant l’usure des connexions traditionnelles.

L’encodeur 21-bit assure une détection fine de la position du volant. Cette haute résolution permet au système de capter les micro-mouvements et d’y réagir avec précision. La qualité du force feedback final dépendra ensuite du moteur, des algorithmes et de l’implémentation logicielle, mais la base de transmission est là.

Le système RGB circulaire permet de personnaliser l’éclairage de la base selon ses préférences. Gadget pour certains, touche esthétique appréciable pour d’autres. L’option UP+ autorise l’ajout d’un module dash Simagic directement sur la base, créant un écosystème cohérent sans multiplier les câbles. Enfin, Simagic met en avant son écosystème ouvert et sa compatibilité logicielle étendue. La base fonctionne avec l’ensemble des simulateurs du marché via une détection automatique et des presets préconfigurés. Ce qui se vérifiera quand nous aborderons la partie réglage.

Réglages simplifiés malgré la puissance

L’installation d’une base de 28 Nm peut faire peur. Les retours sur la Fanatec Podium DD (25 Nm constant, 33 Nm pic) nous avaient marqués : des heures de réglages, une difficulté à trouver le bon compromis, une sensation constante de « presque mais pas tout à fait ».

L’EVO ULTRA prend le contrepied total. Dès la première session, les sensations arrivent. Pas en heures. En minutes. Le secret réside dans le Sim Pro Manager 3.0 (en beta au moment du test, la version 2.8 stable ne reconnaissant pas encore la base). Le logiciel propose des presets par jeu intégrés directement. On lance Assetto Corsa Competizione, le logiciel détecte le jeu, applique le preset, et ça roule. Littéralement. Pas besoin de tout reprendre à zéro, de chercher sur des forums obscurs, de tester vingt combinaisons différentes.

Les réglages disponibles restent complets pour ceux qui veulent affiner : angle de rotation selon le véhicule, verrouillage dur ou souple, couple maximum (on a testé entre 17 et 25 Nm selon les préférences), filtres pour moduler le niveau de détail, contrôle d’accélération (slew rate), prédiction, et divers effets personnalisables. Chaque paramètre s’accompagne d’une explication au survol du point d’interrogation. Pas de jargon incompréhensible, juste des descriptions claires (bien qu’en anglais). On peut sauvegarder ses configurations, basculer automatiquement selon le jeu lancé, et même suivre des guides intégrés par simulateur expliquant quels réglages fonctionnent et lesquels restent sans effet (selon la télémétrie disponible).

Test Simagic Evo Ultra 28 Nm

Sensations en jeu : dynamique exceptionnelle

Les chiffres c’est bien, les sensations c’est mieux. Six jeux ont servi de terrain de test principal : iRacing, AC Rally, Le Mans Ultimate, Assetto Corsa Evo, Assetto Corsa Competizione, et WRC (le « doudou » de l’équipe).

Sur Assetto Corsa Evo en drift, les premières sensations arrivent en quelques minutes. La vitesse de réaction de la base impressionne : le volant suit instantanément les changements de direction, les transitions se font sans à-coups, les contre-braquages répondent au doigt et à l’œil. C’est précis et plus réaliste que jamais. Un vrai plaisir.

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Sur Assetto Corsa Competizione, comme sur les autres jeux de « piste », le constat reste identique. Des sensations qui arrivent immédiatement sans passer par la case « galère de réglages ». Les GT3 transmettent leur stabilité, les protos leur nervosité, les voitures anciennes leur caractère. Avec les bons réglages, on a tout ce qu’on attend d’une bonne base direct drive. De la précision, de la constance, du détail. Et si le coeur vous en dit, notamment avec les voitures classiques ou les F3, vous pourrez profiter d’effets d’environnement comme jamais. Je le redis pour que ce soit clair, pour nous c’est du jamais eu entre les mains, particulièrement sur iRacing et LMU.

Mais c’est sur WRC et AC Rally que l’EVO ULTRA révèle son atout majeur : sa dynamique. Sa capacité à donner beaucoup, puis rien, puis beaucoup. En rallye, on passe constamment d’une prise d’une à deux mains pour changer de vitesse, tirer le frein à main. Le volant doit revenir au centre instantanément, sans hésitation, avec précision.

L’EVO ULTRA excelle dans cet exercice. On peut autant conduire avec deux doigts en mettant la résistance globale au plus bas, que pousser les curseurs pour avoir un volant plus lourd. Puis vient une épingle, une correction, un freinage appuyé : le volant envoie des vibrations franches, un retour précis, puis hop, retour au centre ultra-rapide dès qu’on le lâche.Pour tout ce qui est dynamique, aucune autre base testée n’atteint ce niveau de réactivité dans les deux sens. Et tout ça en offrant un rendu complexe, chargé d’effets supplémentaires qui jamais ne saturent.

Tous les indicateurs au vert

Le cogging (résistance résiduelle due aux aimants) reste imperceptible. Base éteinte, on sent une légère résistance. Base allumée, elle disparaît totalement. Au point mort, aucune sensation parasite ne vient polluer le retour de force. On pourra juste signaler un bruit, comme pour les autres bases EVO, comme un sifflement, qui rappelle que le moteur est en action même lorsque l’on ne touche pas la direction.

La chauffe ne pose aucun problème. Des sessions de plusieurs heures n’ont jamais déclenché de surchauffe ou de comportement anormal. Le ventilateur se met en route mais reste discret, très loin des tours fous observés sur la EVO 9. Normal : dimensionné pour 28 Nm, il n’est jamais poussé dans ses retranchements puisqu’on utilise rarement plus de 60-70% de la puissance disponible.

L’intérêt des 28 Nm : pics, pas constance

Une question revient systématiquement : à quoi servent 28 Nm ? La réponse tient en trois mot : pas de saturation. Personne n’utilise 28 Nm en continu. Ce serait absurde, dangereux même. L’intérêt réside donc dans la capacité à délivrer ponctuellement une force élevée lors de situations spécifiques. Le coup de raquette (tête-à-queue, début de perte de contrôle) : le volant part violemment, reproduisant la réaction des roues qui cherchent leur adhérence. Avec 28 Nm disponibles, la sensation passe sans être bridée.

Les démarrages lourds : une voiture ancienne sans direction assistée, chargée, sur un mauvais revêtement. La direction devient dure, le volant résiste vraiment. L’EVO ULTRA retranscrit cette lourdeur sans forcer. Le drift et le rally : disciplines où les variations de force sont constantes et brutales. Un instant le volant file entre les doigts, l’instant d’après il se bloque net. Cette dynamique exige une base capable de suivre sans latence. Et la EVO ULTRA le fait sans sourciller.

Test Simagic Evo Ultra 28 Nm

Pour des GT3 modernes sur circuit lisse, la différence avec une 18 Nm est certes minime. Ces voitures offrent une direction assistée, un comportement stable, des variations de force modérées. Là, l’EVO ULTRA n’apporte pas grand-chose de plus qu’une EVO 18.

D’où l’importance de bien cibler son besoin. L’EVO ULTRA s’adresse à ceux qui roulent régulièrement en voitures classiques, F3, rally, drift. Pas à ceux qui font exclusivement du GT3 moderne ou de la F1.

Un cockpit rigide obligatoire

28 Nm en pic imposent des contraintes matérielles. Oubliez le bureau, le wheel stand basique, le cockpit d’entrée de gamme. Même si certains supports encaissent mécaniquement la charge, vous ne l’encaisserez pas. Se faire secouer par une base aussi puissante sans maintien correct expose à des blessures : douleurs lombaires, épaules, bras. Le risque n’est pas théorique.

L’EVO ULTRA nécessite absolument un cockpit rigide (profilé aluminium ou tubulaire haut de gamme), un support volant solide qui ne fléchit pas, un siège baquet avec bon maintien latéral et un accès correct aux pédales pour ne pas être déséquilibré Sans ces éléments, acheter une EVO ULTRA n’a aucun sens. Autant prendre une 12 ou 18 Nm qui offrira 90% des sensations sans les contraintes.

Face à la concurrence haut de gamme

Le marché des bases >20 Nm reste restreint. Deux modèles particuliers émergent dans cette gamme de prix : La Moza R25 Ultra (25 Nm, ~1000€), et la Fanatec Podium DD (25 Nm constant, 33 Nm pic, ~1000€).

Versus Fanatec Podium DD :

La Podium affiche plus de puissance brute (33 Nm pic contre 28). Mais elle se révèle complexe à régler. Des heures passées à chercher le bon compromis, des sensations qui ne viennent jamais vraiment, une impression constante de « presque mais pas tout à fait ». L’interface logicielle Fanatec reste en retard face à la concurrence (Moza, Simagic). Et une impression de lourdeur s’impose à nous quand on compare avec l’EVO Ultra.

Car l’EVO Ultra prend une approche inverse face à Fanatec : des presets efficaces, des réglages intuitifs, des sensations immédiates. On branche, on joue, ça fonctionne. L’avantage de Simagic devient écrasant sur ce point.

Versus Moza R25 Ultra :

Moza propose également d’excellents outils de réglage. La différence ne se joue pas sur la facilité d’usage mais sur le feeling une fois en jeu. En circuit GT3/protos, l’écart reste faible. Les deux bases offrent précision, réactivité, absence de cogging. Un utilisateur passant de l’une à l’autre noterait des différences subtiles mais pas de gap flagrant.

En drift et rally, le fossé se creuse un peu. La capacité des EVO à passer instantanément de zéro à beaucoup puis de beaucoup à zéro surpasse ce que propose Moza. Cette dynamique extrême fait toute la différence sur les disciplines à fort changement de FFB.

Versus Simagic EVO 18 Nm :

Ici, la question se corse. Les EVO 18 et ULTRA partagent la même dynamique, les mêmes effets, la même signature. La différence ? La puissance disponible. 18 Nm suffisent largement pour 90% des usages. L’ULTRA apporte plus d’environnement, plus de vibreurs, plus de chocs, plus d’effets de route. C’est mieux si bien réglé. Mais est-ce indispensable ? Pour beaucoup, la réponse sera non. L’EVO 18 fait déjà un travail remarquable. Passer à l’ULTRA relève du perfectionnisme plus que de la nécessité. Mais en même temps, une fois qu’on y a gouté…

Verdict : l’excellence a un public

L’EVO ULTRA cumule les points forts. Fabrication solide, connectique pléthorique, facilité de réglage déconcertante pour une base de cette puissance, sensations exceptionnelles en jeu, dynamique inégalée, absence de cogging, chauffe maîtrisée. Le tarif de 1159€ reste cohérent face à la concurrence. Mais cette excellence s’adresse à un public précis, connaisseur, très exigent. Et parfaitement équipé. Si ces conditions ne sont pas réunies, une EVO 12 ou 18 offrira une expérience proche pour moins cher. Si elles le sont, l’EVO ULTRA devient la meilleure base Direct Drive actuellement disponible. Un avis partagé unanimement par toute l’équipe Superchicane, après plusieurs semaines de test.

Pour :
  • Dynamique exceptionnelle (zéro à beaucoup instantané)
  • Facilité de réglage malgré la puissance
  • Lâché de volant inégalé
  • Presets efficaces par jeu
  • Logiciel Sim Pro Manager complet
  • Pas de cogging perceptible
  • Ventilation discrète
  • Connectique pléthorique
  • Fabrication solide
  • Prix cohérent (1159€)
Contre :
  • Nécessite un cockpit rigide obligatoirement
  • Surdimensionné pour du GT3 moderne ou de la F1
  • Mérite plus de prise par l’avant (fixation dessous/côtés)
  • LED RGB gadget vu sa position.

Simagic Evo Ultra

  • Type : Base Direct Drive
  • Couple Moteur : 28 Nm
  • Précision capteurs : Encodeur 21 Bits
  • Support Logiciel : Sim Pro Manager 3.0
  • Compatibilité :  PC Windows
  • Prix officiel : 1159 €
Notre note
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Écrit par
OliveRoiDuBocal

Testeur de matos depuis une dizaine d'années, j'aime particulièrement mettre les mains dans les sticks arcade, les casques, et évidemment tout ce qui touche au simracing.

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