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Interview : Kylian Drumont, nouvelle saison d’un champion

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Source : https://www.gran-turismo.com/

La saison 2025 des Gran Turismo World Series (GTWS) débute ce mercredi 2 Avril sur Gran Turismo 7 ! Et à cette occasion, j’ai eu l’opportunité, que dis-je, l’honneur d’échanger avec le plus grand pilote français sur cette simulation : Kylian Drumont.

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Les Gran Turismo World Series, c’est quoi ?

Pour les néophytes, les Gran Turismo World Series sont ni plus ni moins que les championnats du monde de Gran Turismo. Ouverte à tout joueur de la licence ayant un abonnement pour jouer en ligne (PS plus), cette compétition comprend des phases qualificatives en ligne dans le mode « Sport » de GT7 puis des épreuves physiques pour les meilleurs joueurs mondiaux. Cette année, les évènements en direct auront lieu à Londres le 7 juin, Berlin le 20 septembre, Los Angeles le 8 novembre et enfin à Fukuoka les 20 et 21 décembre pour les finales mondiales.

On retrouve deux compétitions distinctes au sein même des GT World Series : la Nations Cup, dans laquelle les pilotes représentent leur pays ou région et la Manufacturers Cup où là c’est un constructeur automobile qui est représenté par une équipe de 3 pilotes. Nous pourrons compter sur la présence d’un pilote français au talent incomparable : Kylian Drumont.

VINCOU : Salut Kylian et déjà merci d’avoir répondu présent pour cette interview. Je vais te laisser te présenter à nos lecteurs.

KYLIAN : Alors moi, c’est Kylian Drumont, j’ai 21 ans et je viens du Nord de la France. Je suis diplômé d’un BAC+2 Technicien bureau d’étude et je suis pilote professionnel sur Gran Turismo 7 dans l’équipe de Romain Grosjean, la R8G eSports.

VINCOU : Tu sors donc tout juste des études, quels sont tes projets professionnels maintenant ?

KYLIAN : Je voudrais rester dans le domaine du simracing et sur Gran Turismo si possible, enfin on va essayer ! Mais j’ai quand même d’autres choses à côté. En l’occurence, je compte intégrer un BPJEPS (Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Education Populaire et des Sports) dans le domaine du sport automobile.

VINCOU : Je vois que le simracing occupe pleinement ta vie ! Mais alors quel a été le point de départ ?

KYLIAN : J’ai toujours aimé l’automobile, j’avais commencé à faire un BAC Professionnel en carrosserie puis j’ai poursuivi vers le design en bureau d’étude, pour explorer la 3D appliquée à l’automobile. Pour mes débuts en simracing, je jouais beaucoup au jeu The Crew avec mon volant (NDLR : Un G29 à ce moment-là), je faisais du drift, j’étais un « p’tit kéké », je m’amusais quoi. Et un jour (NDLR : en 2020), mon père m’a acheté Gran Turismo Sport. Je roulais tout simplement, j’y ai pris goût, et comme j’aime la compétition, j’ai testé le mode Sport. Il est vraiment accessible, et c’est ce qui m’a accroché.

VINCOU : Tu as donc commencé à 16 ans, relativement tard par rapport à d’autres et pourtant tu as rapidement acquis un niveau de dingue ! Il est temps de dévoiler ton palmarès.

KYLIAN : Ma première compétition était la START ESPORTS TALENTS, environ six mois après mes débuts. Il y avait des sélections (près de 70 pilotes au départ) , mais à la fin, seuls 6 d’entre eux ont pu accéder à la finale au sein de l’écurie Duqueine, au Pôle Mécanique d’Alès, pour tenter de décrocher une place en F4. J’ai fini sixième, le premier était Rayan Derrouiche (champion du monde, Manufacturers Cup 2019), il y avait également des pilotes comme Coque Lopez (champion du monde, Nations Cup 2022).

En 2021, je me qualifie en Nations Cup pour les finales mondiales, je fais quatrième en qualifications et suite à un fait de course je finis loin dans le classement. Puis Gran Turismo 7 est sorti, je me suis qualifié pour l’évènement à Salzbourg et j’ai remporté les deux finales, Nations Cup et Manufacturers Cup. C’était ma première finale en live event ! (NDLR : à cause de la Covid, les finales des deux années précédentes se passaient en ligne). Viennent les finales mondiales à Monaco durant lesquelles je suis vice-champion de la Toyota Gazoo Racing GT Cup 2022 et champion du monde en Manufacturers Cup chez Subaru aux côtés du japonais Takuma Miyazono et de l’américain Daniel Solis.

Par la suite, je fais deuxième en Manufacturers Cup chez Subaru à Amsterdam. Deuxième en Nations Cup à Prague. Vainqueur en Nations Cup à Tokyo. Et enfin, vice-champion du monde lors des finales de Nations Cup à Amsterdam.

Daniel Solis (USA), Takuma Miyazono (JAP) et Kylian Drumont (FRA), champions du monde de la Manufacturers Cup 2022
photo : www.gran-turismo.com

VINCOU : Impressionnant ! C’est donc un objectif ce titre de champion du monde en Nations Cup, il ne te manque plus que ça ?

KYLIAN : Oui il ne me manque que ça, je n’arrive pas à l’avoir ! Le jour où c’est fait, je pense que j’aurai fini ma carrière ! (Ahahah)

VINCOU : Dans tout ce palmarès, il y a quand même un titre qui est au-dessus du lot, ton titre olympique !

KYLIAN : Oui ! C’était un super évènement ! Je me suis qualifié deuxième mondial pour les Séries Olympiques d’Esports 2023 et j’ai remporté la finale. Ca m’a permis de monter d’un niveau socialement et statutairement. C’est le plus beau titre que j’ai jamais eu, plus beau encore que le titre de la Nations Cup au niveau du prestige.(NDLR : Après un problème technique lors des qualifications, Kylian ne s’est pas déconcentré et a attaqué la finale avec une stratégie différente de ses concurrents directs, ce qui a payé et lui a permis de décrocher la victoire).

Le sacre olympique pour notre pilote français !
photo : www.gran-turismo.com

VINCOU : Et bien je ne peux que te féliciter pour tous ces trophées ! Une question qui va sûrement intéresser nos lecteurs, pourquoi Gran Turismo et pas une autre simulation ?

KYLIAN : Sur Gran Turismo, le point positif est que tu peux arriver avec une manette et te qualifier pour les finales mondiales. Pour mon premier World Tour (NDLR : ancien nom des GT World Series), je m’étais qualifié avec mon Logitech G29 ! Contrairement à d’autres simulations où, pour atteindre un haut niveau, il faut souvent se faire « pistonner » en intégrant de grandes équipes. Sur Gran Turismo tu peux te faire un nom tout seul, te qualifier et gagner comme plein de pilotes l’ont fait. En effet, les compétitions se font avec des setups (NDLR : réglages des voitures) fixes, tout le monde a les mêmes voitures, ce qui est bien. Et puis c’est régulier, une compétition se termine, on sait que ça va recommencer, c’est plus motivant, c’est un point fort de Gran Turismo !

VINCOU : On entend souvent les gens parler de Gran Turismo comme un « simcade », t’en penses quoi toi ?

KYLIAN : Beaucoup de gens critiquent Gran Turismo. OK, ce n’est pas le jeu le plus « simu » de l’histoire du simracing, ça reste quand même une bonne école pour les trajectoires, la compréhension de la physique d’une voiture, la gestion des rapports de vitesse. Il faut s’adapter à plus de 500 voitures du jeu, on doit donc être assez polyvalent, on n’a pas juste deux modèles à connaître ! J’ai aussi beaucoup roulé sur Le Mans Ultimate, qui reprend la physique de Rfactor 2, j’avais un très bon rythme, j’ai réussi à faire des records du monde en contre-la-montre. Je pense donc que, même si Gran Turismo est une simulation-arcade, les joueurs confirmés sur le jeu peuvent sans souci passer à d’autres simulations, comme l’ont fait Tom Lartilleux ou Thomas Labouteley.

VINCOU : Bon, on a bien compris que tu étais un grand simracer, mais ça n’arrive pas en claquant des doigts. Explique-nous un peu comment tu as pu arriver à un tel niveau ?

KYLIAN : Ce qui m’a le plus servi pour m’améliorer et atteindre le top, c’était de recopier ce que faisaient les meilleurs. Je regardais les rediffusions de pilotes comme Miyazono ou Hizal pour voir comment ils économisaient leurs pneumatiques, prenaient certains virages, les rapports qu’ils utilisaient. Et après, j’ai essayé de reproduire tout ça sur la piste et au fur et à mesure je captais pourquoi ils faisaient telles ou telles choses. Du coup, je commençais à gagner du temps. Ensuite, il suffit de reproduire cela sur d’autres circuits, d’autres virages, et tu prends du rythme globalement. Pour le reste, il faut s’entraîner au maximum, faire le plus de courses possibles pour apprendre au mieux. Et surtout, apprendre de ses erreurs, c’est important, il ne faut pas se surestimer, mais encore moins se sous-estimer.

Kylian en piste lors d’une course de Nations Cup

VINCOU : Il va falloir que j’essaie ta méthode alors ! Avant une course officielle, est-ce que tu as une cinématique d’entraînement particulière ?

KYLIAN : Ce que j’aime bien faire sur Gran Turismo, c’est commencer par le « time trial » de l’évènement avec les conditions de course. Je le fais pendant un ou deux jours, j’essaie de faire le meilleur chrono possible avec la voiture, pour voir où ça me place. Je me compare avec les autres pilotes en regardant leurs rediffusions, qu’ils soient devant moi ou bien derrière. Après ça, je vais dans le mode multijoueur et j’ouvre un salon avec les mêmes paramètres que la course pour travailler la stratégie, la régularité de course, je simule une qualification pour la faire le plus rapidement possible (en un ou deux tours). Et le jour de la course, je refais les deux : je commence avec le « time trial » pour me chauffer et après je vais en salon pour me remettre en tête les repères de course, les usures pneumatiques, la stratégie. Une heure avant la course, je retourne faire des chronos pour préparer la qualification.

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VINCOU : Mais outre la préparation technique, est-ce que la préparation physique est importante selon toi, comme un sportif lambda ?

KYLIAN : Certains pilotes (NDLR : des World Series) sont très affûtés physiquement : ils sont endurants, musclés, pratiquent des sports comme l’athlétisme. Je pense que cela joue un rôle en esport : il faut que le corps soit alerte au bon moment, ne pas être amorphe lorsqu’il faut performer, et être à 100 %. Personnellement, je fais du sport régulièrement, déjà pour moi-même et puis aussi pour le mental, histoire de couper un peu avec le simulateur. Avant une course, je fais quelques exercices de reflexes, ça m’aide pour les départs arrêtés ou encore pour gérer la voiture, pour être dans le rythme de celle-ci quand elle est un peu nerveuse.

VINCOU : Tu es désormais pilote professionnel à la R8G eSports, équipe esport créée par Romain Grosjean. Comment s’est passé ce recrutement ?

KYLIAN : La R8G recherchait des pilotes car ils étaient intéressés par Gran Turismo uniquement pour les Jeux Olympiques. Aux vues de mes résultats à Salzbourg et Monaco, ils sont venus me voir dans l’optique que je me qualifie pour les JO. À cette époque, une personne m’a bien aidé à rentrer dans l’équipe, c’est R8G_TsuTsu, alias Baptiste Beauvois. En effet, c’est lui qui m’a poussé et qui a passé le mot aux managers. J’ai saisi cette belle opportunité à deux mains et j’y suis allé. Ça fait maintenant deux ans que je suis avec eux et je ne regrette pas !

VINCOU : Je suppose que l’équipe a de beaux projets sur Gran Turismo ?

KYLIAN : Nous avons de grandes espérances pour les années à venir, notamment sur les Esports World Cup (NDLR : si Gran Turismo remplace Rennsport), ainsi que les jeux olympiques qui vont revenir en 2027 en Arabie Saoudite. Comme chaque année, on essaie de faire du contenu avant la saison officielle avec la livrée de l’équipe, c’est le seul moment où on peut montrer les sponsors en compétition officielle. Et puis s’il y a des opportunités sur PC, je suis chaud aussi pour les aider.

VINCOU : Tu as surtout une nouvelle saison des Gran Turismo World Series à préparer, comment l’abordes-tu ?

KYLIAN : J’avoue l’aborder bien plus tranquillement que l’année dernière vu que je suis d’office qualifié en Nations Cup pour les quatre évènements live, c’est clairement un plus mental. Il faut maintenant se qualifier en Manufacturers Cup, je vais continuer avec Subaru et espère retrouver mes coéquipiers avec qui j’ai remporté le titre de champion du monde, Miyazono et Solis. Cela pourrait peut-être nous porter chance pour 2025 !

VINCOU : Je vais suivre ça de près. Tiens, une question à la volée et que certainement les lecteurs se posent, tu roules avec quel matériel actuellement ?

KYLIAN : Ce qui est pas mal, c’est que Fanatec nous donne le matériel vu qu’ils sont sponsor officiel de Gran Turismo. Je roule donc avec un GT DD Extreme, qui est l’équipement que nous avons sur place lors des évènements live.

VINCOU : Voici un bel avantage d’être à ce niveau-là ! Alors, sur Gran Turismo, tu es un des meilleurs sinon le meilleur simracer français. Mais sur une vraie piste avec une vraie voiture, il s’en sort comment Kylian ?

KYLIAN : J’avais déjà fait du karting à l’époque de la eMonaco (NDLR : ancienne équipe esport), j’avais fait trois journées d’affilée. J’étais plutôt rapide, les personnes encadrantes trouvaient ça pas mal. Après, j’ai eu l’opportunité de rouler en Alpine A110 et A110 Cup sur le circuit de Dijon-Prenois avec l’écurie Car Lovers, accompagné d’un instructeur et en compagnie de Thibaut Cazaubon (NDLR : autre pilote de la R8G). Malheureusement ce jour-là, je n’ai pas eu mes chronos mais l’instructeur me disait que les sensations étaient bonnes pour si peu de tours. Et les ingénieurs étaient agréablement surpris de voir que nous avions les bases du pilotage grâce au simracing. Récemment, j’ai pu rouler une nouvelle fois sur Alpine lors du tournage pour l’émission Turbo, mais la piste était mouillée, je n’ai pu faire que quelques tours seulement.

VINCOU : Ça doit quand même donner envie de faire de la compétition réelle tout ça ?

KYLIAN : C’est sûr ! Mais ça coûte beaucoup trop cher. Tu as beau faire un meilleur chrono que la pôle du week-end d’avant, si tu n’as pas d’argent à apporter…

VINCOU : Avant de conclure, est-ce que tu as une anecdote croustillante à partager à nos lecteurs ?

KYLIAN : Oui j’en ai une. C’était l’année dernière à Tokyo pour la troisième manche des GTWS. Quand je me rends à un évènement, je profite à fond de la petite semaine de quatre ou cinq jours pour visiter le plus possible. Un jour avant la finale de la Nations Cup, certains pilotes et membres du staff de Polyphony Digital me proposent d’aller boire un verre dans un bar traditionnel japonais. Sauf qu’on a un peu trop profité de la soirée, on est rentré à 5 heures du matin, on devait être prêts à 8h00 en bas de l’hôtel ! Je somnolais dans mon fauteuil pendant les finales de Manufacturers Cup, une heure après c’était à mon tour de rouler et finalement j’ai gagné la course !

VICTOIRE !!!
photo : www.gran-turismo.com

VINCOU : Je vais t’appeler Lando Norris ! Et bien je te remercie beaucoup d’avoir pris du temps pour répondre à cette interview. Je te souhaite une belle saison 2025 sur Gran Turismo et surtout d’aller chercher le titre en Nations Cup !

Chers lecteurs, soyez au rendez-vous pour suivre le parcours de notre grand champion dès le 2 avril 2025 sur cette nouvelle saison des Gran Turismo World Series, tenez-vous informés de son actualité sur son Instagram et pourquoi pas vous offrir un coaching avec lui !

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2 Commentaires

  • Salut Patrick. Alors il a essayé rapidement un peu de time trial, pour lui l’aspect compétitif est pas mal mais en tant que pilote pro, le manque de récompenses sur les événements n’est pas attractif.

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