Moza fait durer le teasing depuis l’annonce de son partenariat avec le MotoGP, mais on a enfin de quoi regarder. Ce n’est pas le cockpit moto complet que beaucoup imaginaient. C’est un guidon sous licence officielle. Il se monte sur n’importe quelle base Direct Drive de la marque, de la R3 à la R25 Ultra. Première mondiale cette semaine à la gamescom. On y trouve notamment un retour de force natif dans MotoGP 26 et deux modes de pilotage. Il manque toutefois le prix et la date de sortie.
Un guidon qui se greffe sur une base, pas un cockpit
Le premier réflexe, en voyant les images, c’est de chercher le châssis. Il n’y en a pas. Le MOZA Racing x MotoGP Handlebar est un guidon complet. On y trouve la poignée d’accélérateur, le levier de frein avant, l’embrayage et le frein arrière au pouce. Le tout repose sur un quick release aluminium maison, puis passe par une bague collectrice. Il se fixe donc sur une base Moza exactement comme un volant. La marque annonce d’ailleurs la compatibilité avec toute sa gamme actuelle, de la R3 jusqu’à la R25 Ultra. Une limite, cependant : la fiche technique exclut d’emblée les bases concurrentes.
Concrètement, si vous avez déjà une base Moza sur votre cockpit, il ne reste donc qu’une pièce à acheter. En revanche, chez Fanatec, Simagic ou Asetek, ce guidon ne vous concerne pas.
Pour un vrai simulateur moto grandeur nature, avec carénage et position de pilotage, Moza renvoie vers deux options. Soit intégrer le guidon dans un châssis fait maison, soit le coupler à un cockpit moto tiers. Autrement dit, la marque fournit les commandes et le retour de force, mais pas la structure.
Direct Lean ou contre-braquage, au choix
Le guidon propose deux modes de pilotage gérés par le même matériel, sans accessoire à acheter en plus. Le mode Direct Lean revient à contrôler directement l’angle d’inclinaison de la moto. C’est donc la façon la plus immédiate de piloter en jeu. Le mode Countersteering, lui, reproduit le contre-braquage. À vitesse élevée, on amorce alors le virage en poussant du côté opposé, comme sur une vraie moto. Plus exigeant, certes, mais nettement plus crédible pour ceux qui roulent aussi dehors.
Reste la question du ressenti. Moza annonce en effet un retour de force natif dans les jeux MotoGP, sans profil bricolé à installer. Sur le papier, la base ne simule plus une crémaillère de direction mais le comportement de la machine. Sur ce que ça donne réellement dans les mains, en revanche, on attendra de l’avoir essayé.

Des commandes copiées sur une vraie MotoGP
Moza dit avoir travaillé la géométrie avec des pilotes professionnels, en reprenant les proportions des guidons de course. On retrouve donc les commandes attendues, dont le fameux frein arrière actionné au pouce. C’est une signature MotoGP qu’aucun volant ne pouvait reproduire. Le frein avant et l’embrayage passent par des capteurs à effet Hall, donc sans piste résistive à user.
- 10 boutons rétroéclairés, personnalisables en 16,7 millions de couleurs
- 1 D-pad et 2 commutateurs 5 directions, également programmables
- 6 LED RGB sur le dessus, pilotées par la télémétrie : rapport, drapeaux, état de la machine
- 620 mm de large, coque arrière en alliage de magnésium, façade en plastique, poignées en silicone
- Accélérateur, frein et embrayage réglables séparément, largeur et angle du guidon configurables
Deux détails parleront aux bricoleurs. D’abord, on peut remplacer le levier de frein et les poignées par des pièces de moto du commerce. Ensuite, le guidon accepte l’écran CM2 de Moza, ou un afficheur DIY compatible. Tout le reste se règle dans Pit House, le logiciel maison. On y affecte notamment les boutons : montée et descente de rapport, aides électroniques, caméras, transfert de masse du pilote. Les LED se paramètrent également depuis la même interface.
Côté endurance, Moza avance par ailleurs ses chiffres de validation. Les boutons tiennent plus de 200 000 actionnements. L’accélérateur, le frein avant, l’embrayage et le frein arrière encaissent également un million de cycles chacun. Le commutateur 5 directions, lui, dépasse les 100 000.

MotoGP 26 d’abord, le reste ensuite
Sept jeux sont compatibles dès le lancement. Les voici : MotoGP 26, GP Bikes, TrackDayR, Live for Speed, The Crew Motorfest, Assetto Corsa et BeamNG.drive. GP Bikes et TrackDayR sont les deux références du deux-roues sur PC. The Crew Motorfest a ses motos. Assetto Corsa et BeamNG tiennent plutôt grâce aux mods. Live for Speed dans une liste de jeux moto, en revanche, on se demande encore ce qu’il y fait. Moza ne détaille pas non plus ce qui y est réellement pris en charge.
Moza annonce ensuite d’autres titres en cours d’intégration : le reste de la série MotoGP, les séries RIDE et SBK. S’y ajoutent également RiMS Racing, TT Isle of Man et Lane Split. MotoGP, RIDE et SBK, ce sont trois licences Milestone. Si les trois tombent, l’essentiel du catalogue moto sur PC sera donc couvert. Moza précise enfin que la liste continuera de s’allonger.
Le prix et la date, toujours pas
C’est le seul vrai reproche à faire à cette annonce. La page produit est en ligne, complète, fiche technique comprise. Mais elle n’affiche ni prix ni date de disponibilité. Juste un bouton « Notify Me » pour se faire prévenir. La première mondiale se joue cette semaine à la gamescom, du 26 au 30 août. Moza y aligne six simulateurs, hall 10.1, stand A-022. Il faudra donc attendre la fin du salon pour obtenir les informations qui comptent.
Moza ne venait d’ailleurs pas à Cologne que pour la moto. Deux volants Mercedes-Benz, une réplique du Ford Mustang GTD et un module haptique à 45 € complétaient le stand.
En attendant, rappelons tout de même que le guidon ne sert à rien tout seul. Voici les trois bases Direct Drive Moza les plus courantes, celles sur lesquelles il viendra se greffer.



Le simracing moto sort doucement de la niche
Il y a un an encore, le simracing moto rimait surtout avec bricolage et guidons imprimés en 3D. Depuis, Trak Racer a sorti le TRZ, présenté comme le premier cockpit moto grand public. Moza débarque désormais avec la partie commandes et retour de force. Les deux briques sont donc complémentaires, et MotoGP 26 sert de vitrine à l’ensemble.
Reste à voir si le public suivra. Entre une base Direct Drive, un guidon et un châssis, l’addition risque de piquer. Mais c’est justement le chiffre que Moza garde encore pour lui.
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