Designers de livrées : les artistes du simracing

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Dans notre article sur le concours de livrées organisé par Perfect’Events, je vous avais promis d’explorer un peu plus cet univers fascinant. C’est chose faite ! J’ai rencontré ceux qui donnent des couleurs au sim racing, ces artistes qui transforment des voitures virtuelles en véritables œuvres d’art. Au programme : leur passion, leurs inspirations et bien sûr, leurs conseils pour créer une livrée qui claque. Et pour le plaisir des yeux, quelques-unes de leurs plus belles réalisations ! Immersion dans la création de livrées simracing.

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Une livrée, c’est quoi ?

Une livrée, c’est tout simplement la peinture d’une voiture de course, son look, son identité visuelle. En gros, c’est ce qui fait qu’une voiture ne ressemble pas à une coquille vide toute triste. C’est un mélange de couleurs, de motifs, de sponsors (ou pas), bref, c’est ce qui la rend unique et reconnaissable en un clin d’œil sur la piste.

Dans le sim racing, c’est pareil ! Sauf qu’ici, pas besoin de pots de peinture ni de pinceaux dégoulinants : tout se fait avec une souris, un logiciel de design et de l’imagination. Certains recréent des livrées mythiques, d’autres laissent libre cours à leur imagination pour habiller leur bolide comme un véritable artiste. Une chose est sûre : une belle livrée, ça ne fait pas rouler plus vite… mais ça peut quand même impressionner en dépassant un adversaire !

On trouve une personnalisation de voitures très poussée dans des jeux comme Gran Turismo 7 et, à l’opposé du spectre, iRacing.

Trois artistes, trois univers différents

Pour cet article, j’ai rencontré GhostDog, Pierre et Fabien, qui n’est pas un inconnu chez nous, puisqu’il a déjà newsé pour Superchicane.

Cédric est le vainqueur de la saison 2 du Livery Contest de Perfect’Events. Vous retrouverez ses magnifiques créations qu’il signe GDdesign. « Le fait que j’élabore des livrées pour le simracing n’a pas de lien avec mon domaine professionnel. J’ai débuté avec Need For Speed en 2015. Au début, c’était par plaisir d’avoir des voitures différentes des autres. Au fur et à mesure, je me suis pris au jeu de la création. Puis est arrivé GT Sport, jeu dans lequel les possibilités de création ont commencé à prendre une autre ampleur. J’en ai profité pour affiner la maîtrise et compréhension sur le sujet du design au fil du temps. »

GT7 livrée simracing GD 2

Pierre brille aussi régulièrement dans les concours de livrées. Avec Pi3 Design, il travaille à l’image de la KingBST, mais aussi pour des entreprises en vue d’events. Il raconte. « Je joue à Gran Turismo depuis le premier, c’est ma licence de coeur. Et je fais véritablement des livrées depuis GT Sport. Je suis purement amateur, et j’ai eu la chance de faire des rencontres puis de travailler avec des entreprises. Par exemple Daikin qui a participé à des Cups inter-entreprises inter-pays. »

Livrée KingBST

Fabien Tarakci est designer de livrées pour le simracing. Mais surtout dans le sport automobile réel avec son entreprise Enkey Design. Pour compléter le tableau, il est également casteur aux World Series de GT7 et newser sur Superchicane !

« Depuis tout petit, j’adore l’automobile. Je rêvais même d’être pilote. Je suis aussi passionné de dessin, alors pourquoi ne par combiner les deux ? J’ai eu ma licence d’infographie il y a presque vingt ans. J’ai travaillé chez Modify Magasine (créé par le rédacteur en chef de ADDX : Frédéric Bonelli), puis enchainé dans un garage qui m’a appris les bases de l’impression et du covering sur véhicules. Côté sim racing, je faisais juste des livrées pour le fun sur Forza Motorsport 2, puis je n’ai plus eu le temps. C’est sur le cinquième opus avec le championnat de France de Forza que je me suis remis à travailler pour la team TX3. Cela m’a rapproché des autres équipes au fil des ans : BAM, Williams, Team Fordzilla, Redline, R8G, Vitality. »

Livrée simracing Enkey Design 12
Enkey Design

Pour vous, une belle livrée, ça sert à quoi ?

Cédric : « Pour moi, avoir une belle livrée sert avant tout à adopter un style unique et se différencier des autres sur la piste. Ça procure un plaisir supplémentaire à rouler avec la voiture. Et dans certains cas, quand on fait partie d’une team, à représenter fièrement celle-ci. »

Pierre : « La livrée sert à représenter la team. Mais aussi simplement à mettre en valeur le travail d’un artiste. À lui amener une reconnaissance par la communauté. »

Fabien Tarakci : « Pour reprendre Doc qui justifie le choix de la DeLorean dans Retour vers le Futur : autant rouler dans une voiture qui a de la gueule ! Mais c’est plus important que ça, c’est un outil marketing.

Commençons par le sim racing. En 2010-2015, on ne voyait sur iRacing que des livrées classiques, inspirées des modèles réels et réalisées autour des habituelles bandes. Les équipes ne voulaient pas évoluer, notamment car cela prend du temps. Je les ai poussées à casser le moule, à partir sur des réalisations plus audacieuses, voire psychédéliques. Ainsi, aujourd’hui on ne retrouve que ce type de décorations très modernes !

J’ai aussi connu dans le sport auto réel des pilotes qui ne voulaient pas que leurs mécaniciens accordent trop de temps à décorer les voitures. En effet, ils préféraient concentrer les ressources sur les réglages à proprement parler. Sauf qu’il y a deux types de voitures qui apparaissent sur les photos des magazines. D’abord, les victorieuses. Mais il n’y a qu’un seul vainqueur. On ne sait jamais à l’avance l’issue d’une course, donc si l’investissement va payer. La seconde catégorie, ce sont les belles livrées. Donc ça vaut la peine de s’y attarder un peu. Ces efforts peuvent porter leurs fruits. Il est possible de communiquer autour d’une jolie voiture. En plus, les sponsors sont contents !

Je me retrouve parfois à couvrir des championnats dans lesquels toutes les voitures sont blanches ou en nuances de gris. Je préfère largement la F1 oú chaque écurie à réservé ses couleurs : on les identifie au premier coup d’oeil »

Des pré-requis pour être designer de livrées pour le simracing ?

Cédric : « J’ai toujours eu ce côté créatif, j’aime les voitures et le fait d’avoir des livrées différentes des autres sur la piste. Tout part un peu de là. Pour les compétences nécessaires, je pense déjà à la patience ! C’est souvent une chose qui revient dans les discussions à ce sujet. Après j’estime tout de même qu’il faut avoir un esprit imaginatif. Avoir l’œil un peu entraîné. Et aussi, le souci du détail . »

Pierre : « J’étais déjà bon dessinateur. Et ça me sert toujours. J’ai conçu la mascotte de la KingBST. » NDLR : Quand je lui ai demandé son petit nom, Pierre m’a avoué qu’elle n’avait pas été baptisée. Suite à l’interview, un vote interne a eu lieu au sein de la KingBST. J’ai donc l’honneur de vous présenter « Oufti » ! Ce nom vient d’un adverbe wallon qui signifie « impressionnant ».

KingBST Mascotte

Le déclic pour se lancer

Cédric : J’aime beaucoup le travail de Fabien Tarakci. Ce qu’il fait est très inspirant pour moi. La première fois où l’on à échangé ensemble, c’était sur un de mes streams de création de designs sur Twitch. Et c’est au cours de ces échanges qu’il m’a fait comprendre que ce que je faisais était bien. Venant de quelqu’un comme lui, cela a évidemment eu une résonnance très importante !

Le second événement qui m’a fait comprendre que mon travail plaisait fut ma victoire au premier PLC. Elle m’a ouvert un peu plus les yeux sur le fait que les gens étaient réactif à mes créations ! »

Quels outils utilisez-vous ?

Cédric : « Je peints exclusivement sur GT7 associé à Inskape. Mais je vais passer sur PC dans les semaines à venir. J’espère que cela représentera l’occasion de passer sur des logiciels qui me donneront d’autres possibilités. »

Pierre : « J’utilise également l’éditeur de GT7 ».

Fabien Tarakci : « J’ai fini par quitter la licence Forza Motorsport. Leur éditeur de livrée était génial au début, mais il n’a pas évolué en quinze ans. J’ai découvert par exemple beaucoup plus de possibilités sur GT7 : l’importation de stickers, leur placement selon l’angle de la caméra dans tous les recoins possibles de la carrosserie, la décoration des vitres… J’exerce aussi sur les simulations PC. Petite anecdote : l’éditeur d’iRacing était catastrophique à ses débuts. Mais il a considérablement évolué et est maintenant le seul à ne pas déformer les motifs lors de leur application sur la voiture.

Mais avec les softs PC, on réalise surtout les livrées via des logiciels tiers que l’on importe ensuite dans le jeu. Les logiciels 3D permettent des rendus beaucoup plus professionnels et proches du réel. Je travaille depuis 2 ans sur Unreal Engine, mais c’est un logiciel compliqué si on veut faire des réalisations classes qui ne font pas trop jeux vidéo. « 

Livrée simracing Enkey design 11
Enkey Design

Par quoi on commence ?

Cédric : « La grande majorité du temps, quand je pars d’une voiture blanche, je n’ai pas forcement de point de départ avant la création du design. C’est du freestyle ! Mais, évidement cela peut dépendre du projet initial. Donc le choix des formes est vraiment suivant l’inspiration et le mood du moment. Et les lignes de la carrosserie peuvent grandement influer sur le design lui-même. »

GDdesign

Pierre : « Je pars d’une carosserie intégralement blanche et je commence par les motifs. Pour les placer, je pars des angles et reliefs de la voiture. Cela peut être une forme particulière de pare-choc, un appendice sur le capot, une prise d’air… Je fais ma base de design comme ça.

Concernant la stratégie de remplissage, il n’y a pas de règle pour moi. Mais j’essaye d’utiliser le moins possible de stickers pour cette première étape, afin d’en garder le maximum pour les détails. Les logos de sponsors, marques de pneus… Et je choisis ces marques en respectant l’identité de la voiture. On ne va pas apposer un logo Pirelli sur une voiture qui chausse des Michelin ! »

Le choix des couleurs

Fabien Tarakci : « À mon sens, il faut éviter de multiplier les couleurs, je dirais trois maximum (plus leurs nuances). Et ne pas associer deux teintes puissantes. Personnellement, j’adore au contraire marquer les contrastes, une teinte foncée avec une vive. Alterner le brillant, le mat et le métallisé. En ce qui concerne les associations de couleurs, il y a plein de guides autour de l’utilisation des couleurs complémentaires. Sinon, vous pouvez regarder du côté de la pop culture. Les costumes de super-héros fonctionnent sur le même principe. On y retrouve des couleurs qui vont bien ensemble. »

Cédric : « Pour les couleurs, cela dépend pour qui on crée le design, car parfois nous n’avons pas le choix de celles-ci. Mais, globalement, plus il y a de couleurs, plus il est difficile de les faire concorder. Et, à mon sens, comme dit Fabien, il faut éviter les conflits de couleurs trop puissantes. Et se limiter à trois couleurs. Parfois, une seule couleur suffit. »

GDdesign unicolor

Pierre : Si on parle d’une commande, on est tenu par les couleurs de la société du client, avec les teintes specifiques. Cela peut être compliqué. Par exemple, j’ai parfois du m’y reprendre à trois ou quatre fois dans la conception d’une livrée pour Daikin. Il ne m’était d’ailleurs pas non plus possible de couper leur logo en deux.

Pour le concours ou un travail à visée personnelle, c’est autre chose. Je peux me faire plaisir. J’adore les couleurs fluo, par exemple le doré ou le jaune marqué. J’aime bien travailler les contrastes, comme l’association gris et rouge. Elles peuvent dépendre de celles du logo. Mais je les determine généralement à la fin, quand j’ai placé tous mes motifs neutres. Et je peux en avoir changé 6 ou 7 fois pendant le processus.

On peut rater sa livrée ?

Fabien Tarakci : « Le risque est de vouloir trop en faire et de finir avec un aspect de voiture volée. Qui donne l’impression que l’on ne maîtrise pas son sujet. Attention aussi à suivre les lignes de la voiture, ne pas les casser. Si deux lignes ne sont pas strictement parallèles, ça se voit tout de suite. Si on cherche à casser ces perspectives, il faut le faire de manière brutale, avec des angles très marqués. Enfin, c’est comme le bon et le mauvais goût vestimentaire : on peut jouer avec les motifs, mais ne pas associer rayures et rayures ! »

Livrée simracing Gufl Pi3
Pi3 Design

Cédric : « Selon moi, oui, une livrée peut être ratée. En raison par exemple de problèmes de proportions, d’agencement des couleurs… Ou alors un aspect global trop chargé. »

Pierre : « Pour moi, il n’y a pas d’interdit. Sur l’idée de base en tout cas. Autant se lancer, quitte à recommencer après deux ou trois heures si ça ne convient pas. »

livrée simracing PI3 Design
Pi3 Design

Combien de temps passes-tu sur une livrée ?

Cédric : « Le temps passé sur une création est en moyenne entre deux et quatre heures. Mais j’ai déjà eu des projets me demandant plus de dix heures de conception .C’est évidement une chose qui varie suivant l’inspiration du moment et la complexité du design. Sans oublier la carrosserie de la voiture sur laquelle je travaille »

Pierre : « Huit à dix heures, de quoi atteindre la limite de 400 stickers ! »

Fabien Tarakci : « Pour moi aussi il est tout à fait possible de passer dix heures sur une voiture. Je sais que de l’extérieur ça doit paraître insensé ! »

GT7 GD 7
GDdesign
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Et les wraps alors, outil ou triche ?

Les wraps sont des stickers partagés par la communauté avec des motifs déjà prêts.

Pierre : « Pour moi ce n’est pas tricher, tant que ce ne sont pas ceux d’un autre. En les créant moi-même, cela me permet de placer plus de choses sur mes livrées, l’éditeur étant limité en nombre de stickers. »

Cédric : « Je ne peux pas être en accord avec le fait de dire que l’on fait du design alors que l’on utilise ce genre de choses. Mais ils peuvent avoir leur place, s’ils sont utilisés à bon escient. Après tout, c’est le résultat qui prime. Et pour les personnes qui ne maîtrisent pas l’exercice, cela peut être une bonne option pour créer une livrée rapidement. »

Livrée simracing Enkey 13
Enkey Design

Les sources d’inspiration

Pierre : « Tout peut servir de source d’inspiration. Il ne faut pas hésiter à regarder partout. Une fois, j’avais en tête un tableau représentant des terrasses. J’ai reproduit ces formes sur une livrée. Autre exemple, je devais établir une ligne de conduite artistique pour une start-up. Je suis parti sur un style Tim Burton/Andy Warhol. »

Livrée simracing Pi3

Fabien Tarakci : « Sur ma livrée pour la brasserie, j’ai repris leur papier peint pour élaborer les motifs.

Dans l’absolu, Gaazmaster, SeanBull et Vanuf sont très inspirants pour moi. »

Livrée simracing Enkey 9
Enkey Design

Une signature ?

Pierre : « J’aime beaucoup les lignes. Donc tout est bien ordonné et aligné sur mes livrées. Ma signature est au niveau du motif qui prend la forme de l’aileron arrière. »

Livrée simracing Pi3 Design
Pi3 Design

Cédric : « J’ai une signature artistique clairement identifiée sur mes projets. Je suis sûr que ceux qui me connaissent reconnaîtront tout de suite à la lecture de cet article le style dont je parle. Je le qualifierais de racing. J’ai en effet une préférence pour les bolides de course type GT3. Même si, évidemment, je travaille aussi bien d’autres types de voitures. Je m’inspire vraiment de tout, pas forcément de sources en lien avec l’automobile. »

Fabien Tarakci : « Ma marque de fabrique, c’est déjà le jeu des textures et des teintes. Elle tient aussi de l’asymétrie des formes. Mes réalisations se repèrent de loin grâce à cela. »

Des conseils pour les débutants ?

Pierre : « Foncez, essayez, effacez, recommencez ! Il faut commencer par avoir une idée générale de ce que l’on souhaite. Cela demande un peu d’imagination. Ensuite, l’enjeu est d’arriver à le réaliser. »

Cédric : « C’est un point qui est plutôt subjectif à mon sens. En effet, on n’a pas tous les mêmes goûts ni la même sensibilité. Cependant, de mon point de vue, pour réaliser une belle livrée, il faut s’y mettre avec passion et envie. L’objectif est d’avoir une cohérence dans le design. Agréable à l’œil, de la personnalité, sans que ça fasse trop fouillis.

Enfin, on peut parler de la gestion de l’interface in-game, à savoir s’adapter pour ne pas rester bloqué sur une idée que l’on n’arrive pas à concrétiser. Pour les conseils, je dirais sans surprise de pratiquer encore et encore pour progresser. C’est pareil que pour le pilotage finalement. »

GT7 livrée GD
GDdesign

Fabien Tarakci : « En effet, c’est avec la pratique qu’on s’améliore. Je conseille de débuter en reproduisant des livrées simracing existantes, pour se faire la main sur l’éditeur et prendre ses repères. Il fait essayer de faire des choses simples, commencer par des formes de base. Par exemple, sur ma livrée présentée ici, on identifie tout de suite la forme bleue. J’ai commencé par celle-là justement. La première couche doit se suffire à elle-même, comme si on pouvait s’arrêter là. Si elle ne rend pas bien, l’affaire est mal partie… « 

Livrée simracing Enkey 10

Les casques, c’est différent ?

Pierre : « Les casques, c’est une autre affaire ! Tout doit être parfaitement aligné. Autant, de petites peuvent ne pas se remarquer sur une voiture avec les reliefs. Mais la surface lisse d’un casque ne pardonne pas !« 

Casque Pi3 Design
Pi3 Design

Cédric : « Je suis très loin de maitriser le sujet, car je ne m’exerce que trop peu à travailler ce support. Cependant, j’ai déjà fait quelques designs, dont celui-ci pour un pilote de la TX3. »

GDdesign casque
GDdesign

Fabien Tarakci : « Les casques, c’était compliqué pour moi, au début. Mais c’est encore une fois avec la pratique que l’on progresse. L’avantage, c’est qu’on est moins limité en couleurs. Par contre, il faut savoir que contrairement aux voitures, la livrée est faite à la main. Alors il faut soigner son peintre ! Lui épargner la multitude de traits et les motifs trop complexes.

Je suis plus à l’aise à travailler les côtés. Ça tombe bien, car c’est la partie que l’on voit le plus. Pour les mettre en valeur et ne pas trop charger l’ensemble, je reste très simple sur l’avant et l’arrière. Ce qui peut étonner les clients. »

Le sport auto réel : une entrée difficile

Fabien Tarakci : « J’exerce dans le sport automobile réel depuis environ dix ans. Cela n’a pas été facile de faire ma place au début, c’est un milieu très fermé. En plus, on se sent tout petit en face d’artistes que l’on respecte pour leur maîtrise. J’ai commencé par une Aston Martin DB9. Puis, j’ai travaillé pour Loeb Racing, Team Almeras, Sainteloc, AGS, GPA, Pegasus Racing, VPSRacing, GPExplorer, Orhes Racing. Sans oublier les pilotes: Nicolas Prost, Matthieu Vaxivière, Nicolas Misslin, Natan Bijel, Ugo De Wilde, entre autres. »

Livrée simracing Enkey 7
Enkey Design

Des contraintes différentes

Pierre : « En parlant avec les pilotes du sport auto, on se rend compte des différences. Certains m’ont dit que mes réalisations ne pourraient pas être reproduites dans la réalité. Elles coûteraient bien trop cher. Le virtuel permet beaucoup plus de possibilités. »

Fabien Tarakci : « Dans le réel, on est bien sûr beaucoup plus limité qu’avec une simulation. Pour synthétiser, il y a deux manières de produire une livrée. On peut la réaliser avec un logiciel puis l’imprimer sur un sticker géant. On utilise alors le Pantone, un nuancier qui nous permet d’avoir les références avec l’imprimeur. Normalement ils sont calibrés, mais même avec ça, il peut y avoir de légères variations en fonction de l’imprimeur, de l’ordre de 5 à 10 %. Les dégradés sont possibles, ils seront cependant légèrement moins propres que sur un écran. Mais on a bien progressé de ce coté-là.

La seconde technique est de découper directement les motifs sur des planches de vinyle. On est alors bien plus limité. On doit travailler avec le nuancier de la marque de sticker du poseur : Hexis, 3M, Avery, ORACAL, etc. Donc, on doit composer avec ces couleurs dite teintées dans la masse. L’ombre est impossible. Mais les effets (métallique, mat, chrome, psychédélique…) sont possibles.

Il y a aussi les critères imposés par les clients qui rentrent en ligne de compte. Ceux-ci peuvent être contraignants, et prendre l’avis des clients à chaque étape se révèle chronophage. Sans oublier les sponsors, dont le logo doit être bien visible. Ils n’aiment pas trop que celui-ci se retrouve sur le bas de caisse comme on peut voir en sim racing. Cela ne se fait pas dans le sport réel. »

Livrée simracing Enkey 14
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Merci à tous les trois pour ces propos passionnants. Lors des prochains events que vous suivrez en tant que casteur ou spectateur, n’oubliez pas de jeter un petit regard sur les livrées simracing. Le petit commentaire sur le travail fourni fait toujours plaisir à un artiste !

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1 Commentaire

  • Super article, très complet.
    Je compte plus le nombre d’heure passé sur Forza à crée les livrés pour ensuite les partager. Leur système est d’ailleurs pas mal là dessus parce que le nombre de joueurs qui la télécharge et l’utilise détermine une sorte de rente de crédit IG que l’on recoit. C’est pas lourd mais ça marque le coup.
    Prochaine étape, créer ma propre livrée sur ACC 🙂

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