MOZA Flight continue d’avancer à marche forcée dans le monde du flight sim. Après avoir bousculé notre petit univers avec ses bases à retour de force, son yoke, son palonnier et ses manettes des gaz, la marque chinoise s’attaque désormais à une partie encore plus sensible du cockpit : l’interaction avec l’avion. Avec le MA3F, on ne parle plus seulement de tenir un manche, mais de gérer un Airbus comme on devrait le faire : avec un FCU et des EFIS sous les doigts. Ce premier test de notre série consacrée aux nouveaux modules MOZA Flight va donc se concentrer sur cette approche Airbus, en laissant volontairement de côté Star Citizen ou DCS, qui n’ont tout simplement rien à faire ici. La question est simple : le MA3F est-il un vrai pas vers le cockpit domestique cohérent, ou seulement un bel accessoire de plus posé sur le bureau ?
Préambule
Ce test du MOZA MA3F a été réalisé avec du matériel prêté par MOZA Flight, sans contrepartie commerciale. Toutes les évaluations ont été menées sur PC, dans les conditions habituelles de test de Superchicane.fr, avec l’objectif de l’intégrer réellement dans mon setup de simulation et non de le découvrir rapidement entre deux vols. Comme toujours, vous aurez donc un avis basé sur une utilisation concrète, issue de longues sessions, avec ses qualités, ses limites, ses bonnes surprises et les éventuels points qui peuvent agacer.
Un peu de contexte
Voilà maintenant plus de deux ans que MOZA Flight avance dans notre petit monde du flight sim avec une idée assez simple : chambouler notre univers. Et rien de mieux que de commencer par le force feedback. Avec la base AB9 FFB, puis l’AB6 FFB, le yoke AY210 FFB, le palonnier MRP ou encore les manettes des gaz MTP et MTQ, la marque a progressivement installé ses briques une par une. Tout n’a pas toujours été parfait, notamment du côté logiciel, mais la direction est devenue de plus en plus claire : MOZA veut occuper tout le cockpit.
Avec le MA3F, on change de tarmac. On ne parle plus seulement de contrôler l’avion avec un manche, un yoke ou une manette des gaz. On entre dans l’interface de pilotage, celle qui rythme réellement un vol en Airbus : autopilote, vitesse, cap, altitude, navigation, modes de vol et gestion des affichages EFIS. Bref, tout ce qui nous oblige encore trop souvent à zoomer dans le cockpit virtuel et à jouer de la souris au mauvais moment.
MOZA Flight ne réinvente pas le FCU Airbus, d’autres marques sont déjà bien installées sur ce segment, comme WinCTRL, Skalarki ou CPFlight. Mais MOZA arrive avec sa méthode habituelle : un produit plus accessible, intégré à son logiciel maison et pensé pour rejoindre un écosystème déjà bien fourni. La vraie question de ce test sera donc simple : le MA3F est-il seulement un accessoire Airbus séduisant, ou devient-il une vraie pièce utile dans la construction d’un cockpit domestique cohérent ?
Qu’y a-t-il dans la gamme Moza Flight Airliner ?
Avant d’aller plus loin, il faut clarifier un point : quand on parle du MOZA MA3F, on ne parle pas d’un seul et unique périphérique. On parle plutôt d’un ensemble de modules pensés pour reconstituer une partie du workflow Airbus. Mais avant cela il faut replacer notre produit dans l’écosystème Moza Flight
La partie commandes de vol FFB
Le module Airbus n’arrive pas seul sur un bureau. Il vient compléter une gamme qui s’est d’abord construite autour des commandes de vol à retour de force, avec les bases AB9 FFB et AB6 FFB. La première a marqué les esprits en remettant le force feedback au centre de la simulation aérienne grand public, tandis que la seconde vient rendre cette technologie plus accessible. Dans les deux cas, l’idée reste la même : proposer une base capable de transmettre autre chose qu’un simple mouvement d’axe. On ne pilote plus seulement un avion, on commence à ressentir ce que le simulateur veut bien nous renvoyer.
Dans cette logique Airbus, le grip MA3X garde évidemment une place importante. Inspiré du manche latéral de l’Airbus A320, il permet de se rapprocher d’une position de pilotage cohérente avec un avion de ligne moderne. Lors de notre précédent test, j’avais d’ailleurs relevé un point amusant, mais important : ce grip correspond davantage au manche du copilote qu’à celui du commandant de bord. Une fois replacé du bon côté, l’ensemble devient beaucoup plus logique et agréable à utiliser. Ce n’est peut-être qu’un détail pour certains, mais dans un cockpit Airbus, ce genre de détail compte énormément.
On peut donc déjà constituer une première base Airbus chez MOZA avec une AB9 ou une AB6, avec le grip MA3X. Cela permet de gérer la partie pilotage manuel. Mais il manquait encore une brique essentielle : toute la partie interaction cockpit. Car sur Airbus, la majorité du vol ne se passe pas uniquement avec la main sur le sidestick. Elle se passe aussi sur le FCU, les EFIS, et plus largement dans la gestion automatisée de l’avion.
Les périphériques Airbus
C’est ici qu’arrive le MOZA MA3F. Cette gamme vient compléter la partie commandes de vol en s’attaquant directement à l’interface Airbus. Le premier élément, c’est le MA3F Electronic Flight Control Module, autrement dit le module qui reprend la logique du FCU et des fonctions EFIS. C’est lui qui permet de gérer physiquement la vitesse, le cap, l’altitude, les modes de navigation ou encore certaines fonctions liées à l’autopilote. L’objectif est simple : arrêter de chercher les boutons dans le cockpit virtuel et retrouver une gestuelle plus naturelle, plus directe, plus proche de ce que l’on attend d’un poste de pilotage Airbus.
Le second élément, c’est le MA3F Flight Computer Display, qui reprend cette fois la logique du MCDU. On entre alors dans la partie gestion du vol : route, données de navigation, pages système, préparation et suivi de la procédure. Là encore, l’intérêt n’est pas seulement d’avoir un écran et des boutons supplémentaires. L’intérêt, c’est de sortir une partie du workflow Airbus de l’écran principal pour la remettre sous les doigts. Et quand on commence à faire des vols un peu sérieux, ce changement peut rapidement devenir essentiel.
Avec ces différents éléments, MOZA commence donc à proposer une vraie chaîne Airbus cohérente : une base à retour de force pour le pilotage, un grip dédié pour le sidestick, puis les modules MA3F EFCM pour gérer l’autopilote et les EFIS. On n’est pas encore dans une reproduction complète d’un cockpit A320, mais on franchit déjà une étape importante. Et surtout, on sent que la marque ne pense plus simplement en termes de périphériques isolés. Elle pense en termes de poste de pilotage complet. C’est exactement ce que nous allons vérifier dans ce test.
Le MOZA MA3F EFCM, c’est quoi ?
Le MOZA MA3F EFCM, pour Electronic Flight Control Module, est un ensemble de modules pensé pour reproduire la partie FCU et EFIS d’un cockpit Airbus. Autrement dit, nous ne sommes pas ici sur un manche, une manette des gaz ou un simple panneau de boutons générique. Le MA3F EFCM vient s’attaquer à une zone très précise du poste de pilotage : celle qui permet de gérer l’autopilote, les modes de navigation, le cap, l’altitude, la vitesse, ainsi que les principales informations liées à l’affichage de vol.

Dans la configuration que j’ai reçue pour ce test, nous sommes sur un ensemble composé de trois modules. Le premier est le module central, celui qui reprend la logique du FCU Airbus. C’est lui qui concentre les commandes principales du pilote automatique : vitesse, cap, altitude, vitesse verticale, modes de vol et interactions de base avec l’autopilote. Les deux autres modules viennent compléter cet ensemble avec les fonctions EFIS, à gauche et à droite, afin de retrouver une ergonomie plus proche de ce que l’on attend d’un poste Airbus complet.
L’objectif est donc assez simple à comprendre : il s’agit de remplacer une partie des clics souris dans le cockpit virtuel par de vraies commandes physiques. Sur Airbus, c’est loin d’être un détail. Un vol en A320, ce n’est pas uniquement maintenir un sidestick et gérer les deux moteurs par la manette des gaz (Moza Flight MTQ avec le module Airbus). Tiens ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Une grande partie du travail passe par le FCU, par la gestion des modes, par les changements d’altitude, de cap, de vitesse, ou encore par les réglages d’affichage côté EFIS. Si ces actions restent enfermées dans le cockpit virtuel, on finit toujours par revenir à cette fameuse souris qui casse l’immersion au pire moment.
Une logique mais pas pour tous
MOZA annonce ici une approche assez ambitieuse, avec des affichages segmentés, des boutons rétroéclairés, des encodeurs et surtout une logique de commandes push-pull, indispensable pour retrouver l’esprit Airbus. Il faut toutefois garder une nuance importante : on parle d’une reproduction inspirée, pas d’une réplique parfaite, et c’est souvent dans les petits détails que les écarts se révèlent. Ce qui compte, c’est la façon dont on interagit avec elle. Pousser, tirer, tourner, sélectionner : ce sont ces gestes qui donnent du sens à l’ensemble et qui permettent de se rapprocher du vrai workflow cockpit.
Le MA3F EFCM n’est donc pas un périphérique universel. Il ne faut pas chercher à lui faire jouer un rôle qui n’est pas le sien. Pour DCS, il n’a pas vraiment de cohérence naturelle. Pour Star Citizen, encore moins. Bien sûr, comme tout périphérique reconnu par un PC, on pourra toujours bricoler des affectations, mais ce serait passer à côté de son intérêt. Ce module est pensé pour l’Airbus, pour les vols de ligne, pour Microsoft Flight Simulator 2024, et plus largement pour les simmers qui veulent rendre leur cockpit domestique plus crédible. On n’est pas encore dans un cockpit Airbus complet, mais on franchit clairement une étape importante.
Des boutons à tous les étages

Le premier élément qui saute aux yeux avec le MA3F EFCM, c’est que l’on n’est pas face à une simple boîte. MOZA Flight m’a envoyé pour ce test, se compose du module central EFCM et des deux modules EFIS, ce qui permet déjà de reconstituer une partie très crédible de la zone supérieure d’un cockpit Airbus. Sur chaque module MA3F EFIS, on retrouve, 7 boutons poussoirs, 2 switchs à trois positions, un sélecteur à 6 positions, un sélecteur à 5 positions, ainsi qu’un bouton push-pull rotary accompagné d’un afficheur dédié au QNH.
Le module central MA3F EFCM concentre quant à lui la partie la plus importante pour le pilotage automatique. Nous sommes sur 9 boutons poussoirs, 4 boutons push-pull rotary, et un ensemble d’afficheurs permettant de visualiser les informations essentielles comme la vitesse, le cap, l’altitude et la vitesse verticale. Ce point sera à vérifier plus précisément lors du passage complet en revue du module, mais la logique est déjà claire : ce panneau reprend les grandes fonctions du FCU Airbus, celles que l’on manipule constamment pendant un vol IFR.
Ce qui m’intéresse dans cette construction, ce n’est pas le nombre de commandes, mais leur nature. Les rotary push-pull sont essentiels sur un périphérique de type Airbus, car ils reproduisent cette fameuse logique propre au constructeur : pousser, tirer, tourner, sélectionner. Sur Airbus, un même bouton ne sert pas seulement à modifier une valeur, il sert aussi à choisir son type de pilotage. Les switchs, les sélecteurs multipositions et les afficheurs QNH renforcent cette impression d’avoir un vrai panneau de travail sous les doigts, et non un périphérique générique que l’on aurait simplement décoré façon A320. Reste maintenant à voir si, en vol, cette richesse de commandes se traduit par une utilisation naturelle ou si elle demande un vrai temps d’adaptation.
Première rencontre

La première chose que l’on remarque en sortant les modules MOZA MA3F EFCM de leurs cartons, c’est que la marque continue de soigner son approche. On reste dans cette présentation assez premium à laquelle MOZA nous a habitués depuis le lancement de sa gamme Flight. Ce n’est pas simplement jeté dans une boîte avec deux câbles et une notice pliée en quatre. Les modules sont bien protégés, bien calés, et l’ensemble donne immédiatement cette impression de produit sérieux que l’on attend désormais de la marque. À force de tester du MOZA Flight, je commence presque à trouver cela normal, mais il faut quand même le rappeler : l’expérience au déballage fait partie du plaisir, surtout sur du matériel destiné à prendre place dans un cockpit.
Une fois les trois modules posés sur le bureau, on comprend tout de suite la logique de l’ensemble. Le module central EFCM vient naturellement prendre la place du FCU, tandis que les deux modules EFIS encadrent l’ensemble pour donner cette sensation de panneau Airbus complet. Visuellement, c’est cohérent, propre, et surtout immédiatement lisible. On n’a pas l’impression d’avoir trois périphériques indépendants posés les uns à côté des autres, mais bien un ensemble pensé pour fonctionner comme une même interface. Pour un cockpit builder ou simplement pour un simmer qui veut arrêter de cliquer dans son cockpit virtuel, c’est déjà un très bon point.

Côté qualité perçue, le ressenti est plutôt flatteur. Les boutons poussoirs tombent bien sous les doigts, les sélecteurs multipositions inspirent confiance, et les rotatifs push-pull donnent immédiatement envie de tester leur comportement en vol. C’est vraiment ce point qui m’intéresse le plus sur ce MA3F : la sensation mécanique. À ce stade, la première impression est donc très positive, même si, comme toujours, c’est en vol que l’on verra si la promesse tient vraiment.
MA3F EFIS, te voilà
Les deux modules EFIS sont également intéressants à manipuler. Chacun propose une belle densité de commandes, avec ses boutons poussoirs, ses switchs trois positions, ses sélecteurs multipositions, son rotary push-pull et son afficheur dédié au QNH. C’est dense, mais pas brouillon. On retrouve la logique Airbus avec des commandes regroupées par fonction. Le module central, lui, attire forcément davantage l’attention avec ses quatre rotary push-pull, ses afficheurs et ses commandes liées à l’autopilote. C’est clairement la pièce maîtresse de l’ensemble.

Maintenant, il faut rester lucide. Une belle première impression ne suffit pas à faire un bon périphérique. Sur un produit de ce type, tout va se jouer sur la lisibilité des afficheurs, la précision des encodeurs, la fermeté des commandes push-pull, la qualité du rétroéclairage et surtout l’intégration logicielle. Si le MA3F EFCM est bien reconnu, bien configuré et qu’il permet réellement de se passer de la souris sur les phases importantes, alors MOZA aura marqué un gros point. Si, au contraire, l’expérience demande trop de bricolage ou manque de fiabilité, le charme du déballage retombera vite.
Mais qu’y a-t-il de beau dans ces cartons ?

Dans les cartons reçus pour ce test, nous avons donc les trois éléments principaux du MOZA MA3F EFCM. Il ne s’agit pas ici du MA3F complet avec le module MCDU ou Flight Computer Display. Pour être parfaitement clair dès le départ, ce test se concentre uniquement sur l’ensemble EFCM, composé du module central et des deux modules EFIS. C’est important de le préciser, car la gamme MA3F peut facilement prêter à confusion entre le FCU, les EFIS et le module de gestion de vol de type MCDU.
Dans l’emballage, on retrouve donc :
- le module central MOZA MA3F EFCM, dédié à la partie FCU / autopilote ;
- le module MA3F EFIS gauche ;
- le module MA3F EFIS droit ;
- les éléments de liaison et de fixation nécessaires à l’assemblage des modules ;
- la connectique fournie par MOZA pour le branchement ;
- la documentation technique ;
- la visserie et les accessoires de montage fournis dans les cartons.


MOZA Flight ne semble pas avoir voulu faire une simple façade Airbus décorative. Les commandes sont nombreuses, mais elles ont une vraie logique. Les sélecteurs multipositions permettent de retrouver des gestes différenciés, les switchs trois positions évitent de tout transformer en boutons génériques, et les rotatifs push-pull apportent cette touche indispensable au fonctionnement Airbus. Et c’est précisément ce que l’on attend d’un tel produit : ne pas seulement ajouter des raccourcis, mais recréer une gestuelle.


À noter également que cette configuration en trois modules permet d’avoir un ensemble déjà très cohérent sans forcément basculer dans un cockpit complet. On peut l’installer sur un bureau, l’intégrer dans un cockpit en profilé aluminium, ou l’associer à un setup MOZA existant avec une base AB9 FFB ou AB6 FFB et le grip MA3X.
Montage du produit
Le montage du MOZA MA3F EFCM demande un peu plus de réflexion qu’un simple périphérique que l’on pose sur le bureau avant de lancer un vol. Nous sommes ici face à un ensemble composé de trois modules : le module central EFCM, qui reprend la logique du FCU Airbus, et les deux modules EFIS, gauche et droit. L’objectif n’est donc pas seulement de brancher trois boîtiers, mais de créer une vraie ligne de commandes cohérente, lisible et agréable à utiliser pendant le vol.

Avant toute chose, j’ai pris le temps de présenter les trois éléments à blanc. Le module central vient naturellement prendre place au milieu, tandis que les deux modules EFIS viennent l’encadrer. Visuellement, l’ensemble fonctionne immédiatement. On retrouve cette logique Airbus que l’on cherche justement à reproduire : les commandes de l’autopilote au centre, les réglages d’affichage et de navigation de chaque côté. Une fois les trois panneaux alignés, on comprend rapidement que le MA3F EFCM n’est pas pensé comme une simple boîte à boutons, mais bien comme une façade de travail.
Le point important, c’est l’alignement. Les modules doivent être correctement positionnés, car sur ce type de périphérique, une mauvaise installation peut rapidement gâcher l’expérience. Si le panneau est trop loin, il faudra tendre le bras à chaque changement de cap ou d’altitude. S’il est trop proche, il gênera l’accès au clavier, à la souris ou aux autres périphériques. Et s’il est mal aligné, on perd cette lecture naturelle que l’on attend d’un produit destiné à remplacer les clics souris dans le cockpit virtuel. Bref, comme souvent dans la simulation, ce n’est pas compliqué, mais il faut faire les choses proprement.

Et sur un bureau, ça donne quoi ?
Sur bureau, le MA3F EFCM peut parfaitement trouver sa place, à condition de bien réfléchir à son positionnement. Contrairement à une base à retour de force comme l’AB9 ou l’AY210, nous ne sommes pas sur un périphérique qui subit des contraintes mécaniques importantes. Ici, on appuie, on tourne, on pousse, on tire, mais on ne force pas. Cela rend son utilisation sur bureau beaucoup plus réaliste et beaucoup plus simple à envisager.
L’idéal est de placer l’ensemble juste au-dessus du clavier, ou légèrement en retrait de la zone principale de pilotage. Le panneau doit rester accessible sans lever l’épaule ni casser la position de vol. C’est ce que je recherche toujours dans mes installations : pouvoir attraper une commande naturellement, sans avoir à sortir de ma position de pilote. Sur un Airbus, on manipule souvent le FCU pendant le vol. Si chaque action demande un effort ou oblige à se pencher, le bénéfice du produit disparaît rapidement.

Il faudra aussi tenir compte de l’encombrement général. Trois modules côte à côte, ce n’est pas énorme, mais ce n’est pas non plus un petit accessoire que l’on pousse dans un coin après utilisation. Le MA3F EFCM a vocation à rester installé. C’est un périphérique que l’on intègre dans son poste de pilotage, pas que l’on branche uniquement pour faire une photo. Sur un bureau classique, je conseillerais donc de lui réserver une place fixe, avec un passage de câble propre, sinon on risque vite de revenir à la souris par flemme d’installation.
La stabilité avec les commandes push-pull
L’autre point à surveiller, c’est la stabilité. Les boutons poussoirs ne posent aucun problème particulier, mais les rotary push-pull demandent un peu plus d’attention. Quand on tire ou que l’on pousse une commande, même légèrement, il faut que le module reste bien en place. Si le panneau avance, recule ou bouge à chaque action, l’immersion en prend immédiatement un coup. Sur ce point, il faudra donc voir si les supports fournis suffisent ou si une fixation plus sérieuse devient nécessaire selon votre bureau.
À ce stade, s’il y a bien un reproche que l’on peut faire au MOZA MA3F EFCM, c’est son poids général. L’ensemble reste relativement léger, et si l’on appuie un peu trop franchement sur les commandes, le panneau peut avoir tendance à bouger sur le bureau. Ce n’est pas dramatique, mais c’est suffisamment perceptible pour casser légèrement l’immersion, surtout lorsque l’on manipule les rotary push-pull en plein vol. La solution, heureusement, tient en deux mots : du Velcro. Une petite bande bien placée sous le module, et le problème est pratiquement réglé. On peut aussi envisager du double face, à condition d’accepter une fixation un peu plus définitive.

Et sur un cockpit en aluminium, ça donne quoi ?
Sur un cockpit en profilé aluminium, le MA3F EFCM prend évidemment une autre dimension. C’est même probablement dans ce type d’installation qu’il révèle le mieux sa philosophie. On ne cherche plus simplement à poser un panneau devant soi, mais à l’intégrer dans une structure pensée pour reproduire un poste de pilotage. Et là, forcément, l’ensemble devient beaucoup plus cohérent.
L’avantage du profilé aluminium, c’est la liberté. On peut ajuster la hauteur, l’inclinaison, la distance, modifier la position selon son siège, sa base, son écran ou son yoke. Pour un module comme le MA3F EFCM, c’est idéal. On peut le placer dans l’axe naturel du regard, légèrement au-dessus de la zone de commande principale, afin de retrouver une ergonomie proche d’un cockpit. Ce n’est pas seulement plus propre visuellement, c’est aussi beaucoup plus confortable sur les longues sessions.
Associé à une configuration MOZA complète, l’intérêt devient évident. Avec une base AB9 FFB ou AB6 FFB, le grip MA3X inspiré du sidestick Airbus, et maintenant ce panneau MA3F EFCM, on commence à construire une vraie chaîne Airbus domestique. La main gère le sidestick, le panneau gère l’autopilote et les EFIS, et l’ensemble commence à sortir du simple cadre du jeu vidéo. On entre dans quelque chose de beaucoup plus orienté cockpit builder, sans forcément tomber dans la reproduction professionnelle hors de prix.

Le câble management, on en parle ?
Sur profilé aluminium, la question du câblage devient également beaucoup plus simple à gérer. On peut faire passer les câbles dans la structure, les guider avec des colliers, les cacher derrière les montants, et éviter ce fameux plat de spaghettis que nous connaissons tous derrière nos bureaux. C’est un détail, mais sur une installation permanente, ça change tout. Moins de câbles visibles, moins de branchements qui traînent, moins de risques d’accrocher quelque chose en plein vol.
Il faudra toutefois bien anticiper la position définitive du panneau. Une fois fixé sur un cockpit, on aura moins envie de le déplacer tous les quatre matins. Il faut donc prendre le temps de faire plusieurs essais à blanc : assis dans le siège, main sur les commandes, regard vers l’écran, puis interaction avec les boutons du MA3F. C’est seulement à ce moment-là que l’on sait si le panneau est trop haut, trop bas, trop proche ou trop éloigné. Comme souvent, le bon montage n’est pas celui qui est le plus joli sur la photo, mais celui qui disparaît naturellement pendant l’utilisation.
À mon sens, c’est vraiment sur ce type de structure que le MA3F EFCM devient le plus intéressant. Sur bureau, il améliore déjà clairement l’expérience. Sur cockpit en profilé aluminium, il commence à devenir une pièce à part entière du poste de pilotage. Il ne remplace pas seulement des clics souris : il donne une vraie présence physique à la gestion de l’avion.
Installation logicielle
Comme toujours avec MOZA Flight, une fois le MA3F EFCM installé physiquement, il faut passer par l’étape indispensable : MOZA Cockpit. C’est lui qui sert de centre de contrôle pour la détection du matériel, la mise à jour des firmwares, la gestion de l’éclairage, la synchronisation avec le simulateur et la configuration des différents modules. Le MA3F EFCM n’échappe donc pas à cette logique d’écosystème que MOZA pousse depuis ses premières bases FFB. La marque annonce d’ailleurs une intégration directe avec MOZA Cockpit, avec réglage de l’éclairage, synchronisation de la télémétrie et configuration simplifiée des modules.

La première chose à faire est donc de brancher les trois modules, puis de lancer MOZA Cockpit pour vérifier que le module central EFCM et les deux modules EFIS sont correctement reconnus. Comme d’habitude, je conseille de ne pas se précipiter. On branche, on laisse le logiciel détecter les périphériques, puis on vérifie immédiatement si une mise à jour du firmware est proposée. Sur ce type de matériel, un firmware non mis à jour ou un plugin mal installé peut expliquer des comportements étranges, une mauvaise détection ou des fonctions absentes.
C’est justement là que je me suis fait piéger pendant un bon moment, et c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles ce test a mis autant de temps à sortir. Au départ, je ne comprenais plus vraiment ce qui bloquait. En réalité, il fallait simplement respecter une procédure précise : mettre à jour le logiciel, puis le firmware, redémarrer MOZA Cockpit, et terminer par la mise à jour du plugin. Une fois cette séquence suivie dans le bon ordre, tout fonctionne enfin proprement.
Les aléas logiciels
Une fois les modules reconnus, on entre dans la partie la plus intéressante : la configuration. Le MA3F EFCM doit être pensé comme une interface Airbus, pas comme une simple boîte à boutons. Il faut donc vérifier la correspondance des commandes principales : vitesse, cap, altitude, vitesse verticale, modes autopilote, fonctions EFIS et réglage QNH. Le but n’est pas de tout réassigner à la main comme sur un périphérique générique, mais de s’assurer que le profil chargé dans MOZA Cockpit correspond bien à l’avion utilisé dans le simulateur. Si MOZA Cockpit a bien fait son travail, le périphérique est auto-configuré. Il nous permet donc d’éviter de passer deux heures dans les menus de commandes.

La partie éclairage mérite aussi un passage dans les réglages. MOZA met en avant un éclairage réglable sur ses modules, avec synchronisation possible via son logiciel maison. Sur un panneau Airbus, la lisibilité des boutons, des afficheurs et des informations QNH est essentielle. Trop lumineux, cela devient gênant en vol de nuit. Pas assez lumineux, on perd l’intérêt du panneau physique. Il faudra donc ajuster la luminosité des afficheurs, des caractères et des boutons pour trouver un équilibre cohérent avec son cockpit virtuel et son écran. L’ensemble est piloté par le simulateur vià la télémétrie. Si un vol de jour se prolonge jusqu’à la nuit, l’éclairage du panneau suit automatiquement l’évolution de l’ambiance lumineuse.
Les réglages à faire
La première vérification concerne les afficheurs du module central. Il faut s’assurer que les valeurs de vitesse, cap, altitude et vitesse verticale remontent correctement depuis le simulateur. Si une valeur ne correspond pas à ce qui est affiché dans le cockpit virtuel, il faut d’abord vérifier le profil actif dans MOZA Cockpit, puis relancer la synchronisation avec le simulateur.
Ensuite, il faut contrôler les quatre rotary push-pull du module central. C’est probablement l’un des réglages les plus importants. Chaque commande doit permettre de tourner la valeur, mais aussi de gérer correctement la logique push-pull propre à Airbus. Lors de la première utilisation, il faudra passer par l’étape de calibration et penser à calibrer soigneusement tous les rotary push-pull.

Les deux modules EFIS demandent également un contrôle attentif. Sur chaque module, il faudra vérifier les 7 boutons poussoirs, les 2 switchs à trois positions, le sélecteur à 6 positions, le sélecteur à 5 positions, le rotary push-pull et l’afficheur QNH.
Le réglage du QNH sera un point à surveiller. Le bouton rotary push-pull de l’EFIS accompagné de son afficheur doit permettre une manipulation rapide et claire de la pression barométrique. C’est typiquement le genre de fonction que l’on utilise en montée, en descente ou en approche, et qui devient pénible à gérer à la souris. Si le QNH est bien synchronisé, bien lisible et agréable à manipuler, le module EFIS prendra immédiatement du sens.
Là où MOZA frappe fort
Il faudra aussi vérifier les fonctions avancées ou étendues proposées par MOZA. Le constructeur indique que les modules EFIS peuvent, via un mode d’extension, piloter d’autres systèmes comme le transpondeur, le radar météo, le TCAS, l’APU ou certaines fonctions d’éclairage. Pour ce test, je reste prudent : ces fonctions seront intéressantes à étudier, mais elles ne doivent pas faire oublier la mission première du produit. Avant de chercher à tout personnaliser, il faut déjà que le FCU et les EFIS fonctionnent parfaitement dans leur usage Airbus de base.

Il faut reconnaître que l’EFIS inutilisé, à droite ou à gauche selon que l’on vole en place pilote ou copilote, peut devenir très pratique en mode étendu. Il peut notamment servir de transpondeur, avec une activation plutôt simple : il suffit de maintenir les boutons WPT et CSTR pour basculer sur ces fonctions supplémentaires. C’est un vrai plus à mes yeux, même si ce n’est pas le cœur de ce test.
Et en jeu, ça donne quoi ?
Si vous avez lu jusqu’ici, vous aurez compris que le MOZA MA3F EFCM n’est pas là pour remplacer un manche, un yoke ou une manette des gaz. Son rôle est beaucoup plus précis : il doit nous permettre de reprendre la main sur toute la partie autopilote et EFIS d’un Airbus, sans devoir repasser sans cesse par la souris. Et sur le papier, c’est exactement le genre de périphérique qui peut changer la façon dont on vit un vol de ligne dans Microsoft Flight Simulator 2024.
Pour ce test, j’ai utilisé ma base MOZA AB9 FFB avec le grip MOZA MA3X. L’ensemble était complété par le palonnier suspendu Thrustmaster TPR et le quadrant MOZA MTQ équipé du module TQA pour la gestion des gaz. J’ai d’abord intégré cette configuration à mon simulateur principal, puis j’ai volontairement repris de longues sessions sur mon ancienne configuration de test afin de me concentrer pleinement sur le MA3F EFCM, sans être trop influencé par l’environnement complet du cockpit.
Microsoft Flight Simulator 2024
C’est donc naturellement sur Microsoft Flight Simulator 2024 que le MA3F EFCM prend tout son sens. Je n’ai pas cherché à le détourner vers DCS ou Star Citizen, car ce serait tout simplement hors sujet. Ici, on parle d’un périphérique pensé pour l’Airbus, avec une logique Airbus, une ergonomie Airbus et une gestuelle Airbus. Le vrai test se fait donc sur des vols de ligne, avec des phases de montée, de croisière, de descente, d’approche, et toutes ces petites corrections que l’on effectue normalement au FCU.
Dès les premières minutes, le changement est évident. Au lieu de zoomer dans le cockpit, de chercher le bon bouton sur l’écran, de tourner une molette virtuelle ou de batailler avec la caméra, on agit directement sur le panneau physique. On tourne un rotary, on pousse, on tire et on ajuste une valeur, puis on continue son vol. C’est simple et c’est tout ce que l’on demande.

La gestion de l’altitude est probablement l’un des premiers points où le MA3F EFCM apporte quelque chose de concret. Modifier une altitude au clavier ou à la souris, cela fonctionne. Le faire avec un vrai bouton rotatif dédié, associé à un affichage physique, c’est autre chose. On gagne en rapidité, mais surtout en logique.
Même constat pour le cap et la vitesse. Le fait d’avoir les valeurs directement accessibles sous les doigts rend les ajustements beaucoup plus naturels. En montée, en descente ou lors d’une approche, on peut modifier rapidement ses paramètres sans interrompre le fil du vol. Pour un simmer occasionnel, cela peut sembler secondaire. Pour quelqu’un qui aime voler proprement, suivre une procédure ou simplement retrouver une vraie logique cockpit, c’est loin d’être un détail.
La logique push-pull
Le point le plus important reste évidemment la logique push-pull. C’est là que le MA3F EFCM doit être jugé sérieusement. Sur Airbus, pousser ou tirer une commande ne correspond pas à la même philosophie de pilotage. Ce n’est pas juste une fantaisie ergonomique. C’est une vraie logique de fonctionnement entre ce que l’avion gère automatiquement et ce que le pilote décide de reprendre à son compte.
En jeu, cette gestuelle change immédiatement la perception du panneau. On ne se contente pas de tourner une valeur. On va enfin interagir avec elle. Le MA3F EFCM cherche à reproduire ce geste Airbus, et c’est probablement l’un de ses plus gros arguments.

Il faudra évidemment voir sur la durée si la mécanique garde sa précision et si le ressenti reste constant après de nombreuses heures de vol. Mais dans l’usage, le principe est bon. On comprend très vite pourquoi ce type de commande est indispensable sur un panneau Airbus. Sans push-pull, on aurait simplement un panneau d’autopilote générique. Si la sensation n’est pas exactement la même que dans un véritable A320 on se rapproche beaucoup avec ce panneau.
Les modules EFIS
Les deux modules EFIS sont peut-être moins spectaculaires au premier regard que le module central, mais ils prennent rapidement leur importance. Le réglage du QNH, notamment, devient beaucoup plus naturel. Là encore, ce n’est pas une fonction qui fait rêver, mais en vol, c’est exactement le genre de commande que l’on apprécie d’avoir physiquement sous les doigts. Pendant la montée, la descente ou l’approche, ajuster son baro sans repasser par la souris apporte un vrai confort.

Les sélecteurs multipositions et les switchs trois positions donnent aussi une impression plus sérieuse à l’ensemble. Chaque commande a sa forme, son rôle, sa fonction. C’est important, car en vol, on doit pouvoir retrouver une fonction rapidement, sans réfléchir pendant dix secondes à ce que l’on a assigné à tel ou tel bouton. Le MA3F EFCM fonctionne justement parce qu’il s’appuie sur une disposition cohérente avec son usage.
Ce que j’apprécie surtout, c’est que les EFIS ne donnent pas l’impression d’être là uniquement pour remplir les côtés du panneau. Ils complètent réellement le module central. Le FCU gère la trajectoire et l’automatisation, les EFIS gèrent l’affichage et les réglages associés. L’ensemble forme une ligne d’interaction assez naturelle, surtout une fois que l’on a pris l’habitude de poser les mains au bon endroit.

Airbus A320 Neo
Sur Airbus A320 Neo, le MA3F EFCM trouve évidemment son terrain de jeu naturel. C’est avec ce type d’avion que l’on comprend le mieux l’intérêt du produit. Les phases de montée, de croisière et de descente deviennent plus fluides. Le module ne fait pas voler l’avion à notre place, mais il simplifie les interactions que l’on effectue constamment pendant le vol.
Changer un niveau de vol, ajuster une vitesse, modifier un cap, préparer une approche ou corriger un QNH devient plus agréable. On garde la main sur l’avion sans casser le rythme. Pour moi, c’est là que ce genre de périphérique devient intéressant : il cherche à se faire oublier et il veut disparaître dans l’usage. Quand on arrive à modifier ses paramètres sans penser au périphérique, c’est que le mouvement est naturel. MOZA gagne son pari en nous faisant oublier son périphérique.
Il faudra bien entendu nuancer selon l’avion utilisé et selon la qualité de l’intégration logicielle. Tous les Airbus disponibles dans Microsoft Flight Simulator 2024 n’ont pas forcément le même comportement, ni la même intégration de simulation. Un module comme le MA3F EFCM dépend donc autant de sa qualité matérielle que de la façon dont il communique avec le simulateur et l’appareil choisi. Mais sur un usage cohérent, avec un avion compatible et correctement configuré, l’apport est évident.

L’avis de Fred de Superchicane.fr
Avec ce MOZA MA3F EFCM, MOZA Flight continue de suivre une trajectoire qui commence à devenir très intéressante. Après avoir travaillé les commandes de vol avec les bases à retour de force, les grips, le yoke, le palonnier ou encore les manettes des gaz, la marque s’attaque maintenant à une partie beaucoup moins spectaculaire au premier regard, mais absolument essentielle dans un cockpit Airbus : l’interaction avec l’autopilote et les EFIS.
Le MA3F EFCM ne transforme pas Microsoft Flight Simulator 2024 en simulateur professionnel, et il ne va pas faire de vous un pilote Airbus du jour au lendemain. Mais il apporte une chose très importante : il rend le vol plus fluide. On touche moins à la souris, on zoome moins dans le cockpit virtuel, on cherche moins les boutons sur l’écran. On agit directement sur un panneau physique, avec une vraie logique de commandes. Et quand on commence à voler régulièrement sur Airbus, ce changement devient vite difficile à ignorer.

Le vrai gain : ne plus revenir à la souris
Le vrai gain, pour moi, il est là. Ce n’est pas spectaculaire, c’est subtil. C’est presque plus important sur un avion de ligne que les informations du retour de force de notre base FFB. Le MA3F EFCM améliore la routine de vol. Il rend les changements d’altitude, de cap, de vitesse, de QNH ou de modes beaucoup plus naturels. On reste dans le rythme du vol. On ne sort pas de l’expérience pour aller cliquer dans un cockpit virtuel.
J’aime aussi le fait que MOZA ne cherche pas ici à faire un périphérique universel. Ce module n’est pas fait pour DCS, il n’est pas fait pour Star Citizen, et ce n’est pas grave. Au contraire, c’est même une qualité. Le MA3F EFCM a une vocation claire : l’Airbus, le vol de ligne, la gestion du FCU et des EFIS. Cette spécialisation permet au produit d’avoir une vraie identité. Les rotary push-pull, les afficheurs, les switchs, les sélecteurs et la disposition générale montrent que la marque a voulu respecter une certaine logique cockpit.
Bien entendu, tout n’est pas uniquement une question de matériel. Sur ce type de produit, la réussite dépend énormément du logiciel, de la compatibilité avec les avions, de la fiabilité de la synchronisation et de là latence.
Ce qu’il faudra surveiller
Un panneau Airbus physique n’a d’intérêt que si ses valeurs restent cohérentes avec le simulateur, si les commandes répondent correctement et si les profils suivent les évolutions des avions et de Microsoft Flight Simulator 2024. Le matériel peut être bon, mais si l’intégration logicielle devient capricieuse, l’expérience peut rapidement perdre de son intérêt.
Il faudra aussi voir comment les commandes vieillissent après de nombreuses heures de vol. Les boutons poussoirs, les sélecteurs, les switchs et surtout les rotary push-pull seront sollicités régulièrement. La première impression est bonne, mais un produit comme celui-ci se juge aussi sur la durée. Nous ne sommes pas sur un accessoire que l’on touche trois fois pendant une session. Le FCU et les EFIS font partie des commandes que l’on manipule constamment, surtout en IFR ou lors des phases de montée, descente et approche. La précision mécanique devra donc rester constante.

Mais pour qui ?
Le MOZA MA3F EFCM s’adresse avant tout aux simmers qui volent régulièrement sur Airbus, notamment sur Microsoft Flight Simulator 2024, et qui veulent aller plus loin qu’un simple vol occasionnel. Si vous préparez vos vols, suivez des procédures IFR, gérez vos phases de montée, de croisière, de descente et d’approche avec sérieux, ce module prend immédiatement du sens. Il permet de sortir les fonctions essentielles du FCU et de l’EFIS du cockpit virtuel pour les remettre sous les doigts.
Il vise aussi ceux qui commencent à construire un cockpit domestique cohérent, sans forcément tomber dans la reproduction professionnelle hors de prix. Associé à une base AB9 FFB ou AB6 FFB, au grip MA3X, et à une installation propre sur bureau ou profilé aluminium, le MA3F EFCM devient une vraie brique Airbus. Le gain n’est pas spectaculaire comme un retour de force, mais il est très concret : moins de souris, moins de zoom dans le cockpit, et une gestuelle beaucoup plus naturelle.
Bien entendu, ce module peut aussi intéresser les apprentis pilotes. Il ne remplacera jamais l’apprentissage des procédures de vol, mais il permet de se familiariser avec une logique Airbus plus concrète. Pour ceux qui veulent progresser sur ce type d’appareil, retrouver sous les doigts les commandes essentielles du FCU et des EFIS facilite clairement la prise en main.
Et la concurrence dans tout cela ?
Avant de regarder les concurrents, il faut déjà poser notre référence. Le MOZA MA3F EFCM est affiché sur la boutique européenne MOZA à 159 € pour le module central, et 109 € pour chaque module EFIS gauche ou droit. La configuration testée ici, avec le module central et les deux EFIS, revient donc à 377 € TTC, hors livraison éventuelle. Le produit est présenté comme un ensemble modulaire inspiré du FCU et de l’EFIS Airbus A320.
C’est donc le tarif à garder en tête pour ce test : 377 € pour l’ensemble complet FCU + EFIS gauche + EFIS droit. Ce n’est pas rien, mais ce n’est pas non plus délirant face au marché Airbus. MOZA se positionne ici entre les solutions très compactes et les produits cockpit builder beaucoup plus haut de gamme. Et surtout, la marque joue la carte de l’écosystème : si vous êtes déjà équipé en AB9, AB6 ou grip MA3X, le MA3F EFCM s’insère naturellement dans la logique Airbus maison.
WinWing / WINCTRL
Le concurrent le plus direct reste probablement WINCTRL, anciennement connu dans notre petit monde sous le nom de WinWing. Sur la boutique européenne officielle, le FCU Unit1 est affiché à 124,46 € en prix remisé, contre 138,29 € hors remise. Le EFIS Combo, qui regroupe les deux EFIS, est affiché à 151,20 € en prix remisé, contre 168 € hors remise. À équipement comparable, on arrive donc à environ 275,66 € en prix remisé, ou 306,29 € hors remise, pour un ensemble FCU + EFIS gauche/droit

Sur le papier, WINCTRL reste donc très agressif sur le tarif. À configuration proche, l’ensemble FCU + EFIS revient moins cher que le MOZA MA3F EFCM. C’est clairement un point à prendre en compte pour les lecteurs. Là où MOZA peut défendre sa place, c’est sur l’intégration globale à son écosystème Flight et sur la cohérence avec ses autres périphériques. WINCTRL a déjà une vraie gamme Airbus, mais MOZA peut séduire ceux qui veulent rester dans une seule famille de produits.
miniCOCKPIT
Avec miniCOCKPIT, on change un peu d’approche. Le miniFCU V2 est affiché officiellement à 269 $, avec frais de port mondial inclus selon la page produit, mais hors TVA, droits de douane et autres frais éventuels. Converti au taux relevé aujourd’hui, cela représente environ 233 € hors taxes et hors frais d’import éventuels.
Le miniCOCKPIT ne joue pas exactement sur le même terrain. Le produit est beaucoup plus compact, pensé pour ceux qui veulent réduire l’usage de la souris sans forcément installer une façade complète de type FCU + deux EFIS. C’est plus simple à intégrer sur un bureau, plus facile à transporter, et probablement plus adapté à ceux qui n’ont pas envie de se lancer dans un cockpit en profilé aluminium. En revanche, face au MOZA MA3F EFCM, on perd cette impression de ligne complète Airbus avec module central et deux EFIS séparés.

Skalarki
Avec Skalarki, on entre dans une catégorie beaucoup plus sérieuse, clairement orientée cockpit builder. Le A32X DESKTOPLine FCU est affiché officiellement à 860 £ hors taxe, soit environ 1 006 € HT avec le taux GBP/EUR relevé aujourd’hui. La page indique aussi 1 032 £ TTC, soit environ 1 207 € en conversion directe. Ce module est présenté comme une version desktop full size du FCU A320, avec EFIS commandant et copilote inclus, glare wings, alimentation, câble USB, dimmer et logiciel SkalarkiIO Profiler.
Ici, on n’est clairement plus dans la même logique tarifaire. Skalarki vise le home cockpit avancé, voire semi-professionnel. Ce n’est pas le concurrent que l’on mettra frontalement face au MOZA sur le rapport prix/plaisir, mais c’est une référence de gamme. Skalarki montre ce que peut devenir une installation Airbus lorsqu’on pousse la reproduction beaucoup plus loin. MOZA, de son côté, reste beaucoup plus accessible, mais forcément moins ambitieux en matière de cockpit builder pur.

CPFlight
CPFlight appartient également à cette catégorie haut de gamme. Le FCU320PRO est affiché officiellement à 1 235 € HT sur la boutique CPFlight. Il est présenté comme une réplique pleine échelle de l’Airbus Flight Control Unit, avec possibilité de mises à jour firmware et programmation interne de certaines préférences matérielles.
Là encore, on est très loin du positionnement MOZA. CPFlight s’adresse à ceux qui veulent du matériel très spécialisé, intégré dans une logique cockpit complète, avec une approche plus professionnelle. Le tarif est en conséquence. Pour un simmer qui veut seulement arrêter de cliquer dans l’Airbus avec sa souris, le ticket d’entrée est beaucoup plus difficile à justifier. Pour un cockpit builder avancé, en revanche, CPFlight reste une marque à regarder sérieusement.

Conclusion
Avec ce MOZA MA3F EFCM, MOZA Flight confirme une chose : la marque ne veut plus simplement proposer des périphériques de pilotage, elle veut construire un vrai cockpit domestique. Après les bases à retour de force, les grips, le yoke, le palonnier et les manettes des gaz, ce module vient compléter une partie essentielle de l’expérience Airbus : l’interaction avec le FCU et les EFIS. Et sur ce point, le produit remplit bien son rôle. Il ne cherche pas à impressionner comme une base FFB, mais à rendre le vol plus fluide, plus naturel, et surtout moins dépendant de cette fameuse souris qui finit toujours par casser l’immersion.
Le vrai gain du MA3F EFCM, c’est donc sa capacité à remettre les commandes importantes sous les doigts. Régler une altitude, modifier un cap, ajuster une vitesse, gérer un QNH ou interagir avec les modes de l’autopilote devient plus cohérent dès lors que l’on vole régulièrement sur Airbus. Ce n’est pas un produit universel, et c’est très bien ainsi. Il n’est pas fait pour DCS, ni pour Star Citizen, ni pour l’aviation générale. Il est pensé pour les simmers Airbus, ceux qui veulent suivre leurs procédures proprement et construire progressivement un poste de pilotage plus crédible.
Reste à surveiller l’essentiel : la fiabilité logicielle, la compatibilité avec les différents Airbus de MSFS24, la synchronisation des afficheurs et le vieillissement des commandes push-pull. Si MOZA assure le suivi logiciel et maintient une bonne intégration avec MOZA Cockpit, ce MA3F EFCM peut devenir une brique très intéressante dans l’écosystème Flight de la marque. Ce n’est peut-être pas le produit le plus spectaculaire, mais c’est clairement l’un de ceux qui montrent le mieux la direction prise par MOZA : un cockpit, cohérent, accessible.
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