En 2024, Moza Racing a secoué la communauté des flight simmers avec sa base à retour de force AB9 FFB. Avec elle, tout un écosystème a vu le jour : grips, yoke, manettes des gaz… et un palonnier. Ce dernier, annoncé dès le départ, s’est fait attendre et aujourd’hui, le Moza Flight MRP est enfin là. La question qui brûle toutes les lèvres : peut-il rivaliser avec le Thrustmaster TPR, référence absolue depuis des années ? C’est ce que nous allons découvrir dans ce test du Moza MRP.
Préambule
Ce test du Palonnier Moza Flight MRP a été réalisé avec du matériel prêté par Moza Flight, sans contrepartie commerciale. Toutes les évaluations ont été menées sur PC. J’ai pris le temps de tester ce produit pendant de longues sessions de jeu, en remplaçant notamment mon setup habituel. Vous aurez donc mon avis basé sur une expérience approfondie, issue de longues sessions de vol.
Un peu de contexte
En 2024 lors de la FlightSim Expo, Moza Flight a secoué notre petite communauté de flight simmers. Avec la base à retour de force AB9 FFB, que nous avons déjà testée sur le site, Moza a remis au goût du jour une technologie oubliée par tous les fabricants de périphériques. Un retour salué avec enthousiasme par les passionnés.
Petit rappel pour les nouveaux : le force feedback, bien connu dans le sim racing, était longtemps resté absent des simulateurs de vol. Du moins pour nous, passionnés amateurs, car les pros ont toujours eu accès à du matériel spécialisé intégrant cette technologie. Microsoft, avec sa gamme SideWinder, avait été pionnier dans le domaine, et les anciens comme moi ont eu la chance de l’essayer. Alors, quand cette technologie revient sur le devant de la scène, forcément, elle attire tous les regards.
Lors de cette présentation, Moza a dévoilé l’amorce d’un écosystème complet : la base à retour de force AB9 FFB, deux grips, une manette des gaz et un palonnier. Les premières livraisons ont eu lieu en septembre 2024, suivies de sorties progressives de produits chaque trimestre, avec des nouveautés comme le Yoke AY210 dont le test arrive très prochainement sur le site. Mais qu’en est-il du palonnier de la marque, qui a disparu des radars ? Pour moi, c’était devenu une véritable arlésienne, et je ne comprenais pas pourquoi.
Qu’y a-t-il dans la gamme ?
Je ne vais pas faire un récapitulatif complet de la gamme Moza Flight ici, un article dédié est en préparation et arrivera bientôt. Mais pour situer le contexte, voici ce que propose actuellement le constructeur :
- 2 bases à retour de force pour joystick (AB6 et AB9)
- 3 joysticks 5 pins aviation (MA3X, MHG et MH16)
- 1 base à piston pour Yoke (AY210)
- 1 Yoke avec QR (MFY)
- 2 manettes des gaz (MTP avec MLTP et MTQ avec 2 kits)
- 1 palonnier (MRP)
Le site regorge en ce moment d’articles et de tests sur Moza Flight. Récemment, la manette des gaz MTP a fait l’objet d’un test approfondi, accompagnée de son module MLTP pensé pour faciliter les manœuvres de décollage et d’appontage.
On a également testé la toute nouvelle base FFB Moza Flight AB6. Cette base dite d’entrée de gamme permet, sans trop se ruiner, de se lancer dans le monde du retour de force. Elle est proposée à un prix relativement contenu, tout en bénéficiant de toute l’expérience de la marque. Comptez 459,00 € sur le site de Moza ou auprès de partenaires comme Stealth Gamer ou RSeat.
Enfin, il reste les nouveautés à venir que j’attends particulièrement. Ce sont les produits présentés lors de la FlightSim Expo qui a eu lieu à Providence en 2025. Il s’agit bien entendu du Yoke MFY Pro avec écran intégré, du GMX1000 qui reproduit l’écran GPS de type Garmin G1000, et pour finir du FMP18, qui n’est rien d’autre que les commandes de vol avant d’un McDonnell Douglas F/A-18A/C.



Le palonnier Moza Flight MRP, c’est quoi ?
Le Moza MRP est un palonnier à trois axes conçu pour contrôler les surfaces de vol d’un avion en simulation. Le premier axe gère le lacet (yaw) avec le mouvement gauche-droite du palonnier, tandis que les deux autres axes correspondent aux freins indépendants intégrés aux pédales, ce qui permet un freinage différentiel. Côté tarif, il est affiché à 349 $ / 369 € / 329 £, avec une sortie prévue le 6 janvier 2026.
Design en arche, 8 kg sur la balance
L’ensemble du palonnier repose sur une construction entièrement métallique en alliage d’aluminium. Le châssis adopte un design en arche. Je ne suis pas un grand fan de cette architecture car, généralement, elle n’est pas très stable chez la plupart des fabricants. Moza a mélangé aluminium et plaques métalliques pour rigidifier l’ensemble tout en maintenant un poids conséquent de 8 kg ! Les dimensions sont de 354 × 518 × 264 mm, ce qui en fait un palonnier dans le standard du marché.
J’ai l’impression de voir un croisement entre le Virpil ACE Interceptor et le WinWing Orion Rudder, avec cette architecture en arche caractéristique. Il faudra voir à l’usage si Moza a réussi à trouver le bon équilibre entre rigidité et stabilité. Il est à noter que le MRP peut être utilisé directement au sol grâce à quatre patins antidérapants en caoutchouc. Autre info : il n’est pas précisé si le palonnier dispose de points de fixation pour montage sur châssis, un détail qui sera vérifié lors du test.
Côté technologie, le MRP embarque des capteurs numériques sans contact (magnétiques). Moza reste discret sur la précision de détection exacte (à titre de comparaison, Virpil annonce 0,006° sur l’ACE et 0,02° sur le R1-Falcon, par exemple), mais le système sans contact élimine l’usure mécanique des potentiomètres classiques et évite l’apparition de zones mortes avec le temps. C’est désormais devenu une norme sur les périphériques de simulation.
Pour la connexion, le palonnier dispose d’un câble USB-A vers USB-B pour une utilisation standalone sur PC. Il intègre également un port RJ11 qui permet de se connecter directement sur une base Moza Flight (AB6, AB9 ou AY210). La base sert alors de hub. Le système est automatiquement reconnu comme périphérique HID standard par tous les simulateurs.
Les réglages disponibles
Côté ajustements, chaque pédale offre un réglage d’inclinaison sans cran dans une plage de ±25°. Cela permet de s’adapter à différentes positions et styles de pilotage. Un repose-talon amovible permet également d’ajuster le placement du pied selon les préférences.
On note également la présence d’un mécanisme à bras oscillant qui fournit un angle de rotation de ±30°, ce qui se traduit par 15 cm de course pour le palonnier. Des butées ajustables permettent d’affiner la plage de mouvement pour correspondre à des avions spécifiques.
Pour la tension et la résistance, le MRP propose des configurations de ressorts interchangeables. On peut ainsi ajuster la force de centrage pour une sensation plus douce ou plus ferme selon le style de vol recherché. Un détail ergonomique venu tout droit du simracing et plutôt bienvenu !
Kit amortisseur hydraulique en option
Enfin, pour 65 $ (prix en euros à confirmer sur le site de Moza), il est possible d’ajouter en option un amortisseur hydraulique réglable. Son intérêt : réduire les oscillations causées par les ressorts lors du retour au centre et peut aussi maintenir les pédales en position défléchie sans retour automatique, ce qui est pratique pour la simulation d’hélicoptères. Contrairement aux ressorts, la force de l’amortisseur reste constante et linéaire sur toute l’amplitude de mouvement. On aurait quand même apprécié que le kit soit fourni de base avec le MRP.
Première rencontre
Avant tout, je tiens à préciser que le colis est lourd et imposant. C’est bien un palonnier que Moza Flight a envoyé, en métal massif d’après ce qu’on m’a dit. L’unboxing reste de bonne qualité, comme d’habitude chez Moza.
L’ensemble est très bien protégé avec des cartons de calage moulés. Tout est placé dans des sacs plastiques et rangé de manière optimale. Je constate une nouvelle fois la présence de multiples couches de protection dans le carton du palonnier MRP, ce qui évite les mauvaises surprises à la réception.

Mais qu’il y a t’il de beau dans ce carton ?
Dans le petit carton de l’amortisseur, on trouve :
- Le vérin hydraulique
- 1 entretoise à visser de 13 mm
- Une entretoise vissée de 13 mm avec un filetage à son extrémité
- 2 clés BTR de 4 et 5 mm
- 3 vis de fixation
- Une pièce de serrage pour le vérin
- Une clé plate 13-15 mm

Passons maintenant aux choses sérieuses. Le carton principal contient :
- Le palonnier Moza noir et or
- 2 supports de pied en aluminium
- 2 cale-pieds en plastique
- Une clé à pipe de 10 mm
- 2 clés BTR de 3 et 5 mm
- 4 entretoises en plastique servant d’appui pour les cale-pieds
- 4 vis longues de 3 mm
- 8 vis courtes de 3 mm
- Un câble RJ12 pour connecter à une base FFB
- Un câble USB-A vers USB-B
- Une documentation

Le Moza MRP, en main
Allez, je mets tout de suite les pieds dans le plat avec une critique importante. Des cale-pieds en plastique ? Sérieux, Moza, avec tout le soin apporté à la fabrication d’un palonnier aussi magnifique, pourquoi avoir choisi un cale-pieds en plastique ? Ça détonne avec la qualité générale du produit.
L’ensemble est entièrement construit en alliage d’aluminium avec des plaques d’acier de 5 mm anodisées en noir ou en or. C’est certes très subjectif, mais je le trouve vraiment sexy. La base est large et équipée de patins antidérapants de 10 mm, ce qui la rend parfaitement stable sur un carrelage ou un sol stratifié.

Moza a fait le choix d’un palonnier en arc : c’est joli, mais cela peut provoquer de la flexion, surtout quand on laisse traîner les pieds dessus. Pour corriger ce défaut, Moza a choisi de doubler l’arc et de créer une arche comme un pont. On verra plus loin si le pari est tenu ou non.
Le système de ressorts est très ingénieux et très accessible. Les ressorts ont même une petite boucle pour faciliter leur changement. Mais nos amis chinois n’ont pas jugé utile de fournir des ressorts avec des tarages différents pour ceux qui n’achètent pas le kit d’amortisseur. Dommage, ça aurait permis de personnaliser davantage le palonnier.

Montage du Moza MRP
Allez, on commence le montage du palonnier, ou du moins celui des cale-pieds. Petite remarque au passage : Moza demande de fixer 4 vis sur le support du repose-pied. L’opération se passe relativement bien car je pose le pied sur un support que je montrerai un peu plus loin.
Au niveau de la personnalisation, le palonnier offre un réglage d’angle de 30° afin de laisser le choix à l’utilisateur de poser le pied à plat sur les pédales ou, au contraire, de garder le pied à l’équerre comme sur un accélérateur.


Le passage d’un mode à l’autre se fait en dévissant 4 vis, puis en orientant la pédale comme souhaité. Il serait d’ailleurs possible de changer les ressorts des freins de pédales si on le voulait, mais là encore, Moza ne propose pas de ressorts supplémentaires de série.

Malheureusement, étant Européen et non Américain, j’ai des pieds en taille 44, alors que nos amis d’outre-Atlantique chaussent plus grand. Résultat, impossible de fixer les 4 vis. Il faut se contenter de 2 vis et bien les serrer pour que le cale-pied tienne correctement.

Je ne le montre pas en photo, mais il est possible de séparer les cale-pieds en plastique en deux parties. Le repose-talon, comme on l’appelle en sim racing, se démonte grâce à deux vis. Je n’en vois pas vraiment l’intérêt, mais c’est bon à savoir.
Côté poids, le palonnier affiche la modeste valeur de 8,3 kg. Un beau bébé, tout de même. Je ne prends pas de photo de la pesée, car ma balance souffre et affiche une belle série de « EEEE ».
Montage de l’amortisseur réglable
On attaque maintenant le montage de l’amortisseur. En lisant la notice, Moza prévoit 8 étapes simples. Du coup, je ne sors pas ma trousse à outils et j’utilise les clés fournies par Moza.
Les quatre premières étapes sont faciles à comprendre, même la cinquième, puis arrive la sixième. Et là, je râle, je tourne, je vire, je ne comprends pas. En dévissant une vis, impossible de mettre mon entretoise d’aplomb. Ça dure, ça dure. Je sors même ma caisse à outils complète. Bref, je galère à mettre cette entretoise droite.
Le temps défile et, après avoir peiné à dévisser cette fameuse vis à l’étape cinq, je décide de la regarder de plus près… Un bon gros quart d’heure plus tard, il fallait bien que la pièce finisse par tomber. Et là, je comprends enfin pourquoi je galérais tant : la vis que j’ai enlevée était quasiment noyée dans du frein-filet. Résultat, je ne sais pas si c’est moi qui ai abîmé le filetage de ma pièce de réception en forçant, ou si le filetage était déjà défectueux d’origine. Après avoir récupéré un taraud à l’atelier, je retaraude proprement la pièce et, miracle, tout s’est monté très rapidement. Je crois que je n’ai jamais vu un montage d’amortisseur aussi simple une fois le problème de frein-filet réglé.


Et si on joue sous un bureau ?
Un amortisseur placé dans l’axe central signifie qu’on ne peut pas coller le palonnier contre un mur. Il trouve naturellement sa place sous un bureau. L’avantage, c’est qu’il dispose d’un empattement assez large. Avec la base large et les patins antidérapants, aucun risque de glissement, que ce soit en avant/arrière ou sur les côtés.

Il faudra en revanche penser à remonter légèrement son bureau, car le palonnier sert de repose-pieds et ajoute de la hauteur. Donc, pour un bureau standard de 70 cm, attention à ne pas se cogner les genoux sous la table une fois installé.
Et si on joue sur un châssis ?
Direction maintenant le châssis Monstertech. Pour fixer le palonnier, j’ai dû démonter les patins antidérapants afin de le visser directement sur la plaque de réception. Chez Monstertech, pas besoin de repercer la plaque, ce qui est une bonne chose. Il a juste fallu utiliser des vis et des écrous pour fixer l’ensemble.
Sur le châssis, j’ai fait une adaptation : j’ai retiré les cale-pieds et redressé mes pédales. Allez savoir pourquoi, mais je me suis senti en meilleure position comme ça. Après plusieurs heures de vol, je suis finalement revenu à la position initiale. Je ne maîtrise pas encore tous les réglages du châssis, donc je préfère rester discret sur la configuration optimale à adopter. Si je veux être réaliste, il faudra que je demande à mes copains pilotes de me mettre dans leur position de vol réelle.

Installation logicielle
Au branchement du port USB, pas de LED, pas de mouvement… Oh attends, il faut te réveiller : on n’est pas sur un palonnier à retour de force ni avec un éclairage. Tu viens juste de brancher un câble USB, c’est tout.
Mise à jour du firmware
Comme pour tout périphérique, la première chose à faire est bien entendu la mise à jour du firmware. Première surprise : le palonnier s’affiche avec un numéro de version T10. Je dis peut-être une bêtise en écrivant cela, mais ce « 10 » laisse présumer qu’il y a eu dix versions de développement du palonnier (design, construction, matériaux, etc.). Tout cela pour arriver à une première itération commerciale conforme aux attentes des flight simmers.
Deuxième point surprenant : le firmware est déjà à jour. Impossible d’installer une ancienne version de firmware comme on peut le faire avec les bases Moza à retour de force. Dommage pour ceux qui voudraient revenir en arrière en cas de problème.

Moza Cockpit 1.08.43
La dernière version du logiciel Moza Cockpit reconnaît automatiquement le palonnier MRP, ce qui m’évite de passer par une version bêta. C’est un très bon point, car je ne suis plus obligé de jongler avec les différentes versions du logiciel, comme c’est parfois le cas avec Moza Pit House qui évolue constamment côté sim racing.
Du côté Flight Sim, les mises à jour de Cockpit sont régulières et les développements font l’objet de discussions actives sur le Discord de Moza. Une bonne chose pour suivre l’évolution du produit.

Les réglages du Moza MRP
Moza Flight offre une grande liberté sur les courbes d’axes. Ligne droite, courbe exponentielle dans un sens ou dans l’autre, mode libre : je peux régler comme je veux. La photo en est la preuve. Je ne vous cache pas qu’avec la 3ᵉ courbe, ça n’a aucun sens, mais cela montre bien la latitude offerte pour calibrer les axes selon ses besoins.
Pour mes tests et mises en situation, j’ai opté pour les réglages de mon Thrustmaster TPR, à savoir une courbe exponentielle inversée pour le freinage. En revanche, pour l’axe du palonnier, j’ai mis une petite zone morte au départ. J’ai pris en compte le fait d’avoir les pieds en permanence sur le palonnier, ce qui peut entraîner des mouvements transitoires involontaires. D’où cette zone morte pour éviter les parasites.

Et en jeu, ça donne quoi ?
Si vous avez lu jusqu’ici, vous savez maintenant que les sensations procurées par le palonnier Moza Flight MRP doivent correspondre à ma quête de réalisme ou, du moins, à son interprétation personnelle.
J’ai pris le temps de tester le palonnier en le comparant au TPR de Thrustmaster, qui reste pour moi la référence absolue dans le domaine. J’en ai profité pour peaufiner les réglages, aussi bien côté logiciel qu’au niveau des ressorts, afin d’obtenir un ressenti plus réaliste. Je me suis également inspiré, pour la comparaison, des réglages d’amortisseur du Virpil Controls R1-Falcon testé tout récemment sur le site.
Les tests qui suivent ont été réalisés sur différents simulateurs et avec différentes configurations de vol, histoire d’évaluer le palonnier dans des conditions variées.
Microsoft Flight Simulator 2024
Dans un simulateur de vol, le réalisme est essentiel. Pour l’aviation civile, l’utilisation d’un Yoke serait idéale pour se rapprocher au maximum de la réalité. J’ai donc utilisé le Yoke Moza AY210 FFB ainsi que la base Moza AB9 FFB pour mes tests. Cependant, tout le monde n’a pas la possibilité d’accumuler plusieurs périphériques. J’ai donc adapté au mieux les configurations, notamment les réglages du palonnier pour l’Airbus A320 Neo.
Daher TBM930

J’ai installé le palonnier Moza Flight MRP légèrement éloigné du mur, en appui sur le palonnier Thrustmaster pour les besoins du test. J’ai utilisé comme commande de vol le Yoke Moza Flight AY210 équipé du MFY avec le réglage AY210 Daher TBM 930 :
- Premier réglage : configuration usine (avec les deux ressorts), sans aucun réglage logiciel, avec 0 clic d’amortissement
- Second réglage : configuration usine (avec les deux ressorts), sans aucun réglage logiciel, toujours mais avec 4 clics d’amortissement (recommandation pilote pro)
Première impression : plutôt positive.
En roulant avec le TBM930 vers la piste de décollage, j’apprécie des freins à la fois puissants et assez précis pour éviter d’avoir à écraser la pédale. C’est agréable, doux sans être mou. Un cran supplémentaire permet, si besoin, de durcir la pédale pour un contrôle optimal. Au moment du décollage à l’aéroport d’Avignon, stabiliser l’avion malgré le mistral est un jeu d’enfant.
En vol, j’utilise pour l’instant le palonnier de manière classique, ce qui correspond bien à un avion de tourisme. J’arrive maintenant dans la phase critique : l’atterrissage. En approche finale, au moment de préparer l’arrondi, le palonnier réagit parfaitement.
Pourtant, avec les deux pieds dessus, je sens une légère flexion du bras de support. J’ai presque l’impression d’avoir le Virpil R1-Falcon sous les pieds avec les cale-pieds du ACE Interceptor.

Airbus A320-Néo

J’ai installé le palonnier Moza Flight MRP légèrement éloigné du mur, en appui sur le palonnier Thrustmaster pour les besoins du test. J’ai utilisé comme commande la base Moza Flight AB9 FFB sur ma droite, avec le grip Moza MA3X et le réglage AB9 A320 Family :
- Premier réglage : configuration usine (avec les deux ressorts), sans aucun réglage logiciel avec 4 clics d’amortissement
- Second réglage : configuration usine (avec les deux ressorts), sans aucun réglage logiciel avec 7 clics d’amortissement
Le palonnier est nettement plus lourd à utiliser, ce qui me donne une sensation assez étrange. Ici, il faut appuyer pour trouver la bonne position et la maintenir. L’amortisseur plus ferme permet de garder la pression lors du retour du palonnier. Au départ de Montpellier, l’Airbus se pilote très naturellement. Certes, ce réglage surprend au début, mais il est parfait pour le décollage.
En vol, je l’utilise comme un palonnier classique, mais je trouve qu’il ne procure pas les sensations du palonnier pendulaire de Thrustmaster. J’ai l’impression d’avoir le Virpil sous les pieds et cette sensation a tendance à se renforcer. La flexion ressentie du bras en arche se confirme.
Lors de l’atterrissage, l’avion réagit avec précision et fluidité. Les réglages sont agréables, et l’alignement avec la piste se fait sans difficulté. Une pression sous le pied bien gérée grâce à l’amortisseur permet de maîtriser cette étape de façon optimale.

DCS – Digital Combat Simulator
Le simulateur de combat aérien par excellence. DCS est le jeu de combat aérien le plus fidèle disponible pour les simmeurs. Le réalisme est poussé à l’extrême, et les sensations de vol sont une quête en elles-mêmes. J’ai donc utilisé la base Moza AB9 FFB avec le grip Moza MH16 et la manette des gaz MTP avec le MLTP, mais aussi la base Moza Flight AY210 avec le Yoke Moza MFY.
DLC McDonnell Douglas FA/C-18

Le palonnier Moza MRP reste à sa place. J’ai utilisé comme commande la base Moza Flight AB9 FFB sur le côté et non entre mes jambes, avec le grip Moza MH16 et le réglage AB9 Hornet de Moza Flight :
- Premier réglage : configuration usine (avec les deux ressorts), sans aucun réglage logiciel avec 7 clics d’amortissement
- Second réglage : configuration usine (avec les deux ressorts), sans aucun réglage logiciel avec 5 clics d’amortissement
Sans entrer dans les détails du vol, le palonnier se montre très précis. Agréable et simple à utiliser, il rend le pilotage fluide. Je suis agréablement surpris par la qualité de ce modèle. C’est leur première itération et, à ce stade, c’est un sans-faute. Certes, on observe ce phénomène de flexibilité ou de pompage lorsqu’on appuie sur la pédale, mais il est loin d’être le seul dans ce cas.
Qui évoque le McDonnell Douglas F/A-18 pense à Top Gun Maverick et à l’appontage sur porte-avions. En quelques mots : un vrai plaisir alliant douceur et précision. J’ai réduit de deux crans l’amortisseur, car le réglage façon Airbus me convient mieux. Quant au palonnier, il permet d’aligner l’avion sur la piste mobile avec une aisance incroyable.

DLC C130-J

Le palonnier Moza MRP reste parfaitement en place. J’ai utilisé comme commande la base à retour de force Moza Flight AY210 avec le Yoke MFY de la même marque. Pour les réglages, j’ai choisi un réglage maison créé lors du test de la base AY210 :
- Réglage : configuration usine (avec les deux ressorts), sans aucun réglage logiciel avec 7 clics d’amortissement
Le vol avec cet avion est vraiment très agréable. Je reste bluffé par la base Moza AY210 et je vous renvoie à son test complet. Précis et fluide, le palonnier fonctionne parfaitement. Franchement, à part ce léger problème de flexion et de stabilité du palonnier quand on laisse traîner les pieds dessus, il n’y a rien à redire.
Afin de tester son ressenti et sa précision, je suis parti faire une session de parachutage de colis de ravitaillement. Ça se fait tout seul : une légère pression sur les pédales et hop, l’avion s’aligne sur le point de rendez-vous.

Star Citizen
La simulation spatiale par excellence, encore en développement. Dans ce jeu, on peut opter soit pour un réalisme immersif, soit pour un style plus orienté « shooter ». Pour ma part, je vise le réalisme et je m’efforce de me rapprocher au maximum des modèles de vol proposés par Cloud Imperium Games. Et pour vivre pleinement l’expérience, Star Citizen se joue idéalement en HOSAS, c’est-à-dire avec deux joysticks : l’un pour les mouvements (Pitch, Yaw, Roll) et l’autre pour les déplacements latéraux (strafes).
Alors, pourquoi jouer à un jeu dédié au HOSAS avec le Yoke de Moza et le palonnier ? J’ai tellement pris de plaisir avec le Yoke que j’ai voulu lui associer le palonnier MRP de la marque. Pour résumer, il existe différents constructeurs dans le ‘verse, et chacun a sa philosophie de conception. La série 300i d’Origin Jumpworks utilise un yoke, tout comme les vaisseaux industriels du fabricant Musashi (MISC). Alors, pourquoi pas ?
Petit rappel : à ce jour, Moza Cockpit ne prend plus en charge Star Citizen. Il faudra donc bricoler un profil selon les sensations recherchées et le rôle du vaisseau.
Origin Jumpworks 350R

Toujours en place, le palonnier Moza Flight MRP reste immobile. J’ai utilisé la base Moza AY210 comme commande, avec mes réglages pour la base AY210 en mode Star Citizen Race :
- Premier réglage : Gros ressorts retirés, avec 7 clics d’amortissement
- Second réglage : configuration usine (avec les deux ressorts), sans aucun réglage logiciel avec 5 clics d’amortissement
J’ai surtout dû régler les zones mortes du palonnier, car au moindre mouvement il réagit. La tension des ressorts est très souple et, comme j’en ai retiré un, le capteur détecte chaque geste. C’est peut-être une erreur de l’avoir autant assoupli, mais cela reste le complément idéal de la base AY210. Je ne peux que valider ce palonnier, tant sa précision et sa douceur en font une arme redoutable.

MISC Hull C

Même configuration que pour l’Origin 300i : le palonnier Moza Flight MRP est toujours en place. J’ai conservé la base Moza AY210 comme commande, avec mes réglages pour la base AY210 en mode Star Citizen Transport :
- Premier réglage : configuration usine (avec les deux ressorts), sans aucun réglage logiciel avec 5 clics d’amortissement
- Second réglage : Petit ressort retiré, avec 10 clics d’amortissement
J’ai sorti le vaisseau de transport lourd pour générer de l’inertie. Avec le bon réglage du palonnier, l’approche pour le docking en manuel (car oui, on ne s’arrime pas en automatique à la BPSI) est fluide. J’utilise le palonnier pour les strafes gauche-droite, et une légère pression suffit pour un déplacement précis. Comme le palonnier est très réactif, les mouvements le sont aussi, sans avoir besoin de grands coups pour bouger. Je valide donc même pour le space sim.

Mon avis sur le Moza MRP
Bluffé sera le maître mot de mon test. Il faut garder en tête que c’est la toute première itération du palonnier de Moza Racing. Même si je ne comprends pas pourquoi le fabricant a mis autant de temps à le proposer, force est de reconnaître qu’il n’a pas vraiment de défauts majeurs.
Les points forts
Le palonnier est beau, les couleurs noires et or de Moza lui vont parfaitement. La construction est solide et de qualité. Il se veut précis et souple à l’utilisation. L’accès aux réglages est très simple : les ressorts sont placés à l’avant et la molette de l’amortisseur est également accessible sans démontage. Le choix de la forme des pédales est moderne et assumé. C’est leur décision. Quant au prix, il est dans la moyenne du marché. Il n’y a pas d’erreur majeure de la part de Moza.
Mais il n’est pas parfait. Bien sûr, il y a des axes d’améliorations. Notamment au niveau de sa construction en arche qui lui confère certes un design magnifique, mais qui ne lui apporte pas une grande stabilité. Il présente les mêmes types de défauts que le Virpil Controls R1-Falcon testé récemment. Cette légère flexion ressentie quand on laisse traîner les pieds dessus reste le principal reproche qu’on peut lui faire. Mais pour un premier jet, Moza Racing a réussi son coup et de quoi le faire évoluer pour les prochaines générations.
Une stratégie différente de Virpil
Si Virpil a fait le choix de changer complètement de design entre l’ACE Interceptor et le R1-Falcon, Moza reprend ce design en arche en l’ayant certes légèrement amélioré. Le produit concurrent était déjà de très belle facture, et Moza ne s’y est pas trompé. Le MRP réussit avec succès le test des très bons palonniers.
Et après ?
Il ne lui manque au final qu’un retour haptique ou, encore mieux, un retour de force. Connaissant l’expertise de Moza sur le force feedback avec leurs bases AB6 et AB9, on peut espérer qu’une future version du palonnier intègre cette technologie. Ce serait la cerise sur le gâteau.

À qui s’adresse le Moza MRP ?
Pour ceux qui sont déjà dans l’écosystème Moza Flight, la réponse est évidente. Les bases pouvant accueillir le palonnier et servant de hub permettent une connexion simplifiée. Cela a au moins le mérite d’économiser des ports USB et d’améliorer la gestion des câbles.
Pour un novice ou un utilisateur confirmé, ce ne sera pas une erreur d’acquérir ce palonnier. Il sera la première pierre d’un univers dominé par le retour de force. Étant donné que seul Moza Flight est à ce jour le leader incontesté des périphériques de vol à retour de force (en attendant WinWing qui travaille sur sa propre solution FFB), ce palonnier donne accès à un écosystème cohérent et de grande qualité.
Le MRP s’adresse donc à ceux qui cherchent un palonnier précis, bien construit, et qui s’intègre parfaitement dans une configuration Moza Flight existante ou à venir.
Et la concurrence dans tout cela ?
Le monde de la simulation aérienne est en pleine effervescence, avec des nouveautés qui sortent régulièrement. La concurrence est forte et présente à tous les prix. Il faut garder en tête que le choix d’un palonnier est essentiel, car une fois l’investissement réalisé, il est rare de le changer, sauf en cas de grosse déception avec le matériel.
Thrustmaster TPR
LA référence ultime à ce jour. Oui, 549,99 € TTC, c’est un sacré budget, mais la qualité est au rendez-vous : construction tout métal, système pendulaire fidèle aux avions de ligne, technologie H.E.A.R.T. (capteurs magnétiques sans contact) pour une précision exceptionnelle. Réglages possibles grâce à des ressorts accessibles et compatibilité avec des amortisseurs tiers. Mon compagnon de vol depuis sept ans, et je n’ai toujours rien trouvé de mieux. Un test est prévu sur le site, je vous rassure.
Thrusmaster TFRP
Proposé à 109,99 € TTC, c’est le palonnier parfait pour découvrir les atouts de ce type de périphérique. Ce modèle propriétaire (S.M.A.R.T.) dispose d’un double rail de guidage pour un contrôle précis des mouvements. Les pieds sont assez rapprochés et la structure est majoritairement en plastique, mais c’est une bonne base pour débuter et comprendre l’intérêt du palonnier en simulation. Il faudra toutefois envisager un remplacement quand vous voudrez monter en gamme.
Turtle Beach VelocityOne Rudder Pedal
Proposé à 379,99 €, il est compatible Xbox et constitue une excellente alternative au Moza Flight MRP. Un bon ressenti sur un matériel bien conçu et innovant, c’est toujours appréciable. Ses principaux défauts restent son prix, surtout pour les joueurs exclusivement sur PC – et sa fabrication plastique. Nous avons testé ce produit sur le site en mai 2025. Je vous invite donc à consulter l’article pour vous faire une idée complète.
VKB T- Rudder MK IV
Le plus ancien modèle du marché est aussi celui qui a le moins évolué au fil des années. Il s’adresse surtout aux passionnés de simulation d’hélicoptères. Contrairement aux palonniers classiques à système pendulaire, il utilise un mécanisme proche de celui d’un pédalier. Même sans freins différentiels intégrés aux pédales, il respecte certains standards de l’aéronautique réelle. Son prix avoisine généralement les 227,00 € TTC.
Virpil Controls R1-FALCON Rudder Pedals
Le constructeur lituanien a réduit sa gamme à deux modèles principaux. Le palonnier ACE Interceptor, que je pensais en fin de vie, est toujours au catalogue. Virpil mise sur la qualité, la durabilité et un logiciel de configuration avancé. C’est une alternative sérieuse au Moza Flight MRP, surtout que son positionnement tarifaire le met en concurrence directe avec le R1-Falcon (proposé à 340 € avec amortisseur).
Fabrication tout métal, avec un système à cames et des ressorts interchangeables accessibles par le dessus. La précision du Virpil est exceptionnelle, avec un contrôle d’axe de 0,006° annoncé pour l’ancienne génération ACE. Le R1-Falcon vise encore mieux avec ses 0,02° de précision angulaire. On a testé le R1-Falcon en décembre 2025, et vous pouvez bien entendu consulter cet article pour un comparatif détaillé.
Winwing Orion Rudder
Proposé à 315,55 € TTC (hors frais de transport) et livré avec un amortisseur, ce palonnier s’affiche comme un concurrent direct du Moza Flight MRP et du Virpil R1-Falcon. Moderne, ultra-précis, robuste et entièrement fabriqué en acier, son poids garantit une excellente stabilité. Le seul petit bémol – qui n’en est pas vraiment un – reste sa fabrication en Chine, ce qui entraîne des ruptures de stock fréquentes.
Lors du FS Weekend des 15 et 16 mars 2025, WinWing a annoncé travailler sur un modèle encore plus innovant, intégrant un retour de force via un moteur de 170 Nm. Une annonce qui promet de bousculer le marché si elle se concrétise.
Et dans le classement ?
Pour le top 3, je préfère rester prudent. Le Thrustmaster TPR reste la référence absolue, mais dans un mouchoir de poche se disputent la deuxième place le Virpil R1-Falcon, le Moza Flight MRP et le Virpil ACE Interceptor. Chacun a ses forces et son public.
Conclusion du test du Moza MRP
Je tiens tout d’abord à remercier Moza Flight de m’avoir permis de découvrir ce palonnier. Je les remercie aussi pour leur confiance en me permettant de tester un produit en avant-première. Moza Flight gratifie la communauté d’un excellent palonnier.
Son design est moderne, élégant, presque sexy. Certes, sa construction en arche le rend flexible, mais sans excès. Fort de l’expérience de ses concurrents, il est devenu plus rigide qu’un Virpil ACE Interceptor et aussi rigide qu’un R1-Falcon. Il figure clairement dans le top 5 des palonniers, c’est indéniable. Et selon moi, l’amortisseur optionnel à 65 $ est vivement recommandé.
Un excellent ajout à l’écosystème Moza
Le MRP s’intègre parfaitement dans un écosystème cohérent. C’est un très bon palonnier et il complète idéalement les bases Moza Flight. Vous ne le regretterez pas.
La seule question que je me pose : pourquoi avoir attendu autant de temps pour le sortir, et surtout, pourquoi ne pas avoir proposé une version FFB ou haptique ? Cela aurait été la suite logique dans l’écosystème Moza Flight, qui a fait du retour de force son ADN. Peut-être pour une version 2 ?
Sur ce, bon vol à tous !
Pour :
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La qualité de fabrication, la construction métallique
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Le design
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La précision et la simplicité d’accès des réglages.
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La stabilité de l’ensemble
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Un tarif correct par rapport à la concurrence
Contre :
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La flexion du choix du système en double arc
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Les cale-pieds en plastique (!)
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L’amortisseur qui est une option
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Le manque de ressorts avec des tarages différents
MOZA MRP
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Type : palonnier
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Matériaux : métal, plastique
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Support Logiciel : Moza Cockpit
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Compatibilité : PC
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Prix officiel : 369 euros

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