MSFS 2024 : nos premières impressions

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La sensation simulation de 2020 est de retour pour tenir un très grand nombre de promesses que les pilotes virtuels avaient demandées à Asobo. Soyons clairs tout de suite, MSFS 2024 n’est en l’état pas prêt pour un test classique. En tout cas pas au sens habituel du terme. On a là une simulation appelée à évoluer sans cesse. C’est pourquoi voici nos premières impressions sur MSFS 2024.

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Un décollage avorté

Si vous avez un tant soit peu suivi l’actualité du lancement, vous savez qu’il a été chaotique, voire catastrophique. Que ce soit sur console ou sur PC, les joueurs impatients n’ont pas pu se connecter le premier jour. Les temps de chargement dépassaient plusieurs dizaines de minutes, voire des heures pour certains. Tout cela pour finir par crasher lamentablement ou rester bloqué à 97%.

Ceux qui ont eu la chance de pouvoir lancer le jeu, ont eu des temps de chargement prohibitifs et pléthore de bugs. Citons les classiques CTD (Crash To Desktop) qui vous renvoient sur le bureau ou dans le menu XBox. D’autres ont eu droit à un passager clandestin incrusté dans l’avion qu’ils pilotaient. Une silhouette en carton rouge ressemblant à un mannequin de tir… Peut être un gabarit test pour les graphistes du jeu ?

Pour ma part, je n’ai pas non plus pu lancer le jeu les 24 premières heures. En revanche, malgré des temps de chargement assez longs, j’ai pu faire mes premiers vols dès le lendemain. Dès ces vols, la source est évidente : toutes les données de terrain sont transmises en streaming.

MSFS 2024 : nos premières impressions
Après une longue période d’attente, embarquement immédiat pour tous les joueurs !

Du streaming sinon rien

Il a donc fallu beaucoup trop de ressources pour l’infrastructure mise en place par Microsoft et Asobo par rapport au nombre d’utilisateurs. On peine à comprendre comment un éditeur aussi prestigieux et avec des moyens aussi conséquents a pu se laisser prendre au piège. Le jeu ne prend en effet “que” 50Go pour le moment. Le streaming permet de s’affranchir d’un espace de stockage local conséquent.

Mais à quel prix ! Si vous ne disposez pas d’une connexion haut, voire très haut débit, les paysages seront longs à charger. Même avec une connexion fibre efficace, il reste des bugs (j’y reviendrai). Un petit tour sur la page des régions et de leurs mises à jour permet de réaliser qu’il sera sans doute possible de télécharger les données dans le futur. C’est à espérer, car les joueurs assidus aiment voler au-dessus de leurs régions avec un maximum de détails et de façon stable.

MSFS 2024 : nos premières impressions
Le streaming est la principale (et la seule) source des données

Depuis sa version 2020, Flight Simulator permet de vraiment voler à vue. C’est graphiquement très joli et avec un minimum d’altitude, on se laisse facilement prendre au jeu. Inutile de s’attarder des heures, vous avez des yeux pour constater cela. En revanche, pour ce qui est des données, il est surprenant de réaliser que des zones auparavant très réalistes et conformes dans MSFS2020 sont devenues grossières dans MSFS2024. Encore une histoire de streaming ? On espère que tout ceci sera de l’histoire ancienne dans quelques mois.

Voler avec un but

L’intérêt de sortir une nouvelle version d’un jeu ou d’une simulation, c’est de proposer mieux en tenant compte des retours des utilisateurs. Sur ce point, FS2020 manquait un peu de challenge et de buts pour les pilotes non chevronnés. Même pour ceux qui ont l’habitude de voler, une dose de fun avec quelques missions n’auraient pas été de trop. C’est un manque en partie comblé par des modules supplémentaires tels que NeoFly. Celui-ci créait des missions de sauvetage et de transport, notamment pour les voilures tournantes. De quoi gérer toute une carrière de pilote et même une compagnie aérienne.

Cette nouvelle mouture veut s’en inspirer avec son nouveau Mode Carrière, sur lequel toute la promotion du jeu a été bâti. Il s’agit dans un premier temps de donner un habillage sympathique aux leçons de vol que vous connaissez déjà de la précédente version. Ici, vous allez passer de nouvelles certifications et spécialisations. À chaque étape, il faut apprendre les rudiments du vol à vue et les règles basiques de l’aviation privée. Ce faisant, de nouvelles missions s’ouvrent à vous. Elles sont monnayées et ouvrent les portes des examens certificatifs nécessaires pour progresser. De fait, vous n’avez pas accès à tous les avions en Mode Carrière.

Rassurez-vous, ils sont cependant tous disponibles en mode libre. Mais avec la carrière, il vous faudra progresser en niveaux d’expérience, un peu à la manière d’un jeu de rôle. C’est bien essayé, c’est très sympa, mais c’est largement perfectible.

Tu fais ce que je te dis… ou pas

MSFS 2024 : nos premières impressions
Une mission où il faudra larguer trois parachutistes. Malheureusement, le temps limite pour la réussir est irréalisable.
Vous ne pouvez pas atteinte 10 000 pieds en 5 minutes avec un Cessna de ce type

Disons-le tout net, cette carrière manque de liberté. À commencer par ces crochets bleues symbolisant nos points de passages et qu’il n’est pour l’instant pas possible de désactiver. Ce sentiment est encore plus prononcé si vous souhaitez voler avec autre chose que de petits avions de tourisme. Vous serez obligés d’en passer par là, même si vous avez déjà des centaines d’heures sur des liners ou des hélicos. Si obtenir le PPL (Private Pilot Licence) est bien plus facile et rapide que dans la réalité, vous allez perdre de nombreuses heures à cheminer pour arriver à enfin toucher les gros porteurs ou les hélicoptères. C’est très frustrant, certains se sont déjà découragés et ont choisi de bouder ce mode.

Ils ont peut-être aussi été refroidis par les voix des instructeurs. Elles sont au diapason avec le reste de la synthèse vocale du jeu : catastrophiques. La synthèse s’effectue sur une traduction littérale ne tenant absolument pas compte du contexte. De fait, elle est nulle. De plus, lorsque la traduction est correcte, elle est également à côté de la plaque pour les termes aéronautiques.

MSFS 2024 : nos premières impressions
Le spectacle coupe le souffle de votre passager. Mais il vous annonce ça comme un décès dans sa famille.

Par exemple lorsque vous annoncez “Echo Foxtrot décolle en 090 avec un sortie de zone par l’est” vous entendez : “ECHEAU FoxtrEAU décolle en zéro neuf zéro avec une sortie de zone par l’AI”. Ce n’est pas très grave en soi, mais pour une simulation de vol qui se veut réaliste, cela jure et fait tache.

Ta mission, ta vocation

Du dialogue, vous allez malheureusement en avoir beaucoup dans les divers types de missions à accomplir. Simples ballades, convoyage d’avions, de marchandises, de clients privés, transport de parachutistes, séances photos. Le tout avec un jeu d’acteur ridicule et pénible. C’est un peu sévère, en fait, il n’y a pas d’acteurs. Il n’y aucune intonation, tout est généré automatiquement. Il aurait mieux valu n’afficher que du texte.

Les missions les plus intéressantes sont bien entendu accessibles en dernier. Il faudra voler quelques heures, en particulier pour amasser les sommes nécessaires aux bombardiers d’eau et hélicos de secours pour faire de l’hélitreuillage. Pour gagner plus d’argent, il faut voler plus longtemps et des conditions météo plus difficiles.

La météo doit par ailleurs faire l’objet de nouveaux ajustements. Le rendu est toujours aussi bon et elle peut être générée en fonction de la météo réelle, mais les METAR (infos météo officielles d’aérodromes) sont étrangement absents. C’est bien dommage, car les vents peuvent être conséquents et les approches modifiées en fonction de ces paramètres. La préparation d’un vol étant aussi importante que le vol lui-même.

Il est à noter qu’un système de voyage rapide est disponible pour vous éviter de passer des heures en vol de croisière. Mais ce sera au prix d’une baisse drastique de vos revenus. Vous aurez alors recours au pilote automatique. Dommage de ne pas avoir une leçon sur le sujet plus tôt dans la progression de carrière, car c’est un indispensable pour ces longs vols.

Des bugs dans tous les sens

Le souci, c’est que MSFS 2024 comporte encore un nombre conséquent de bugs et ne sont pas de simples impressions ! Ils affectent en particulier le Mode Carrière. C’est très gênant car dans ce mode, vous essayez justement de tout faire dans les règles pour ne pas écoper de malus de réputation, qui est lui-même péjoratif pour vos revenus.

Autre bug, les communications radios ; les dialogues sont mal générés et certaines communications ne passent tout simplement pas. Ce ne serait pas gênant si cela ne provoquait pas non plus des malus inévitables. Cela arrive par exemple lorsque votre annonce de finale à l’atterrissage ne passe pas ou lorsque vous survolez une zone dans laquelle vous devez vous annoncer (un autre aérodrome à faible altitude).

MSFS 2024 : nos premières impressions

Sur le plan graphique, certains bâtiments n’apparaissent tout simplement plus ou alors juste avec quelques formes géométriques. D’autres fois, c’est le terrain d’aviation pendant les missions qui est totalement farfelu. Pas de piste visible, une route en guise de runway et forcément les erreurs qui s’ensuivent sur le bon suivi des procédures de roulage.

Ne comptez pas sur votre clavier pour vous en sortir, les touches historiques de Flight Simulator changent pour la première fois. Vous aviez l’habitude de gérer les gaz avec les touches F1 à F4 ? De sortir et rentrer vos volets de F5 à F6 ? C’est terminé. Bien sûr, vous pourrez faire un tour dans l’interface de gestion des commandes pour réaffecter les touches comme bon vous semble. Mais cette dernière est particulièrement mal fichue et la logique employée semble avoir fait perdre le nord à bon nombre de pilotes virtuels.

Ce ne sont que quelques exemples parmi des dizaines de soucis plus ou moins gênants.

Des modèles de vol performants et réalistes

Si MSFS 2024 n’est pas un simulateur professionnel, les modèles de vol bénéficient d’un excellent traitement. De l’ultra léger motorisé aux gros liners transcontinentaux, il y a de quoi se faire plaisir dans tous les domaines de vol : voltige, vol à voile, hélicoptères, aviation légère, aviation d’affaires, vol de pente, vol de montagne…

Le terrain de jeu est immense (la planète) et les conditions variables. En vol libre, vous pouvez parfaitement utiliser la météo réelle des 24 dernières heures. Peut être qu’on peut effectivement être indulgent avec les quelques bugs graphiques, lorsque la zone à traiter est aussi vaste.

Les sensations sont globalement bonnes et presque toutes les contraintes physiques de l’aviation sont prises en compte. Mention spéciale pour les modèles de vol des hélicoptères qui gèrent particulièrement bien l’inertie à gérer et le pilotage tout en finesse et en anticipation afin de piloter la machine avec précision. Oui, on peut passer de bons moments, manche en main.

Faire le tour du problème

La prise en charge de l’aéronef est désormais plus complète. Avant de faire mon vol, je commence par faire un incontournable : Le tour avion. Et c’est une nouveauté vraiment appréciable dans ce MSFS 2024. Le tour avion, est un rituel qui consiste à prendre la pleine responsabilité de l’aéronef. Je vérifie tous les éléments extérieurs essentiel à l’avion : l’état du train, le libre débattement des commandes, les retrait des éléments de protection des différentes sondes, l’ablation des cales. On se prend au jeu et en plus, c’est très pédagogique !

Le tour avion sur un Piper XCub

Cette étape se déroule en mode FPS en se déplaçant à pied autour de l’avion. Si elle participe au réalisme, c’est également une manière de vous plonger pleinement dans l’univers 3D de FS2024. Il n’y a pas de transition entre la présentation du vol sur la page de briefing  et le tour avion. D’ailleurs, le libre déplacement est possible pendant la phase de préparation. C’est littéralement la planète en 3D que qu’il est possible de visiter. Impressionnant.

Ce n’est pas juste une image de présentation. C’est le rendu 3D de la zone de vol, vous pouvez visiter la ville !

Le tour avion est bien entendu différent selon l’appareil qui sera piloté. Des appareils à piloter il y en a d’ailleurs une sacrée ribambelle. Passons-en quelques uns en revue.

Un choix pléthorique d’avions

Ce sont pas moins de 65 avions qui sont proposés d’emblée dans dans MSFS 2024. Un choix incroyablement varié. Des pionniers (le Wright Flyer) aux plus perfectionnés (Airbus A 320 Neo). On y trouve de grands classiques de l’aviation légère comme le Cessna 152 et 172 (incontournables), des bêtes de somme française iconiques comme le Robin DR 400. De la voltige avec le Cap10 et le Edge540, de l’aviation d’affaire multimoteurs, des ULM basiques ou dernier cri. De vieux avions d’entraînement militaire comme le T6 Texan, des avions de brousse, un chasseur embarqué (F18 super hornet), l’attaque au sol avec un A10…

Côté hélico, ce sont cinq appareils qui sont proposés avec le Cabri G2, parfait pour débuter en écolage, le Bell 407 classique dans la série et un H125 déjà bien plus puissant. Puissant, mais beaucoup moins que le S-64-F dit “la grue du ciel” dans sa configuration feux de fôret. Enfin le fun sera au rendez vous pour faire de l’épadage avec le R66 version turbine et son rail de pulvérisation.

Côté vol à voile, trois modèles sont proposés : le DG10001, le S12 et le LS8. Un choix judicieux pour ceux qui aiment jouer avec les ascendances thermiques et les pentes montagneuses. Si vous êtes d’humeur totalement complentative, deux ballons et un dirigeable sont également dans la liste !

Il ne s’agit en plus que de l’édition standard. L’édition Aviator (la plus avancée) ajoute encore 55 avions supplémentaires. Bref, vous l’avez compris, il y a du travail et il vous faudra beaucoup d’investissement pour maîtriser chaque appareil.

La référence quand même et pour longtemps

Alors, que penser de cette mouture 2024 de Flight Simulator ? Elle pose des bases. Sa notoriété fait que MSFS 2024 est une assise sûre pour de nombreux développeurs de contenus tiers qui vont venir enrichir la simulation. Sans compter qu’Asobo n’a jamais été avare en suivi de son jeu pour développer et régler de nombreuses choses. À l’heure où ces lignes sont écrites, il y a déjà eu plusieurs mises à jour et le jeu ne s’en porte que mieux.

Ceux qui sont potentiellement les plus déçus sont les utilisateurs de la première heure de FS2020. Car ils auront déjà leurs petites habitudes, leurs modules supplémentaires, leurs avions réglés aux petits oignons et leur univers bien connu. Ce sont aussi sans doute ceux qui n’ont pas sauté sur la version 2024, justement parce que leurs charentaises sont bien faites à leurs pieds.

MSFS 2024 : nos premières impressions

L’attente d’une météo plus favorable

De fait, le conseil que l’on peut donner à ces ”moustachus” de la simulation aérienne, c’est d’attendre que la météo s’améliore pour MSFS 2024. Dans quelques mois, les plâtres seront essuyés, la majorité des soucis les plus graves seront réglés et il sera probablement possible de télécharger les données de terrain des régions choisies. De plus, le transfert des modules déjà acquis sur la précédente version seront activés sur celle-ci et avec une compatibilité vérifiée. Si vous avez envie d’essayer sans vous ruiner (la version la plus complète est quand même proposée à un peu moins de 200€ !) un abonnement Gamepass d’un mois est également une solution raisonnable pour vous faire votre propre avis avant de migrer.

Pour tous ceux qui découvrent la simulation de Microsoft et Asobo, commencer avec MSFS 2024 ne posera pas de problèmes majeurs. Il faudra simplement garder à l’esprit qu’il faut qu’il évolue et qu’il est sans doute sorti un poil trop tôt. Accepter de faire partie d’un test de qualité à grande échelle, c’est un peu la rançon d’avoir le jeu avant Noël. Voilà, c’était nos impressions sur MSFS 2024. On va suivre de très près l’évolution du titre, qu’on re testera dès que le brouillard sera passé.

Pour :
  • Le monde comme terrain de jeu
  • Le rendu graphique
  • Le mode carrière bienvenu
  • Un large choix d’avions
  • Le réalisme des modèles de vol
Contre :
  • La synthèse vocale catastrophique
  • Le streaming obligatoire
  • Les bugs graphiques
  • Les bugs dans les missions
  • L’interface utilisateur peu intuitive
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