Le partenariat entre Thrustmaster et Ferrari prend une nouvelle ampleur avec le lancement du T818 Ferrari SF1000 Simulator que nous proposons en test aujourd’hui. Au programme : une base direct drive en 10 Nm constants, une réplique du volant de la F1 de 2020 et tous les accessoires pour jouer sur cockpit, sur support ou sur son bureau. Reste à voir si cet ensemble répond bien à toutes nos attentes.
Un test du Thrustmaster T818 Ferrari en version texte ou vidéo
Nous vous donnons le choix, comme souvent sur Superchicane, entre une version écrite du test ci-dessous et une vidéo complète pour faire le tour des caractéristiques, des qualités et des défauts. Le Thrustmaster T818 Ferrari SF1000 Simulator en test sous toutes ses coutures et dans tous les formats.
Le Thrustmaster T818 Ferrari SF1000 Simulator, c’est quoi ?
Le pack T818 Ferrari SF1000 Simulator, que nous appellerons désormais T818 Ferrari, est un ensemble base, volant et accessoires pour PC Windows. Il ne lui manque plus que le pédalier pour être prêt à jouer. Il est composé d’une base motorisée T818 que nous avons déjà testée dans nos colonnes. Cette base profite néanmoins d’une finition particulière avec des plaques métalliques exclusives aux couleurs de la marque Ferrari.


Côté volant, ce T818 Ferrari accueille une réplique de la SF1000, la F1 de 2020 de la marque au cheval cabré. Ce modèle de Thrustmaster est vendu 399€ sur le site du fabricant, et ce depuis 2021. Sa particularité : offrir une prise en main F1/Proto classique, avec un nombre impressionnant de boutons (tous fonctionnels) et un écran central pour l’affichage des données de télémétrie en jeu.
Évidemment, ce pack s’accompagne d’un cordon USB/USB-C pour la connexion au PC, d’une alimentation dédiée. On y trouve aussi un système multi-fonction pour la fixation à un bureau, un support volant ou un cockpit.
Compatibilité
Le T818 Ferrari est uniquement pensé pour Windows. Pas de compatibilité avec les consoles PS5, PS4, Xbox One ou Xbox Series. Et peu de chances que ces bases deviennent compatibles dans le futur. Néanmoins, le T818 Ferrari de ce test s’intègre plutôt bien dans l’écosystème de Thrustmaster. Sa connectique à l’arrière lui permet d’accueillir tous les pédaliers de la marque (les T3PA, T3PA PRO ou T-LCM). A l’avant, un Quick Release d‘un nouveau genre implique l’utilisation d’un adaptateur pour connecter un volant de la gamme actuelle (comme le SF1000 d’ailleurs) et Thrustmaster fournit un adaptateur dans son pack. Sauf que cet adaptateur n’est pas simple à retirer une fois mis en place. Si vous voulez utiliser plusieurs volants sur votre T818 Ferrari, il faudra donc acheter cet accessoire vendu 35€ pièce.



Enfin, le T818 ajoute 2 ports supplémentaires à l’équation : un port RJ45 et un accès direct à la PCB à l’arrière. Et si ces ports sont décrits “pour le futur”, rien n’indique actuellement à quoi ils sont réservés.
Finition et fabrication
La base T818 Ferrari
Du côté de la base, Thrustmaster nous propose ici un T818 classique accompagné de plaques spécifiques. Rien de plus et rien de moins. Ces plaques métalliques, qui peuvent habituellement être bleues, grises, blanches ou noires, sont ici d’un rouge typique de la marque Ferrari, le Rosso Corsa. On y trouve d’un côté le logo de la marque italienne, bien visible, et de l’autre celui de Thrustmaster, un poil plus discret. La finition de l’ensemble est réussie, avec un mélange harmonieux de matières et de couleurs. La base est d’ailleurs plutôt compacte, à peine plus grande que celle d’un CSL DD.

Les plastiques sont épais et de belle qualité alors qu’une grille métallique à l’avant vient entourer le nouveau Quick Release de la marque. Ce QR est d’ailleurs épais et rassurant en termes de rigidité, mais il se compose essentiellement de résine plastique. Ce qui tranche avec le choix de la plupart des fabricants de Direct Drive. On aurait probablement préféré voir ici une belle pièce de métal pour prolonger l’axe, qui lui est bel et bien en métal.
Le Volant Ferrari SF1000
Le volant SF1000 n’est pas une nouveauté en soi. Il est d’ailleurs identique au modèle que l’on trouve séparément. On retrouve donc cette façade en carbone et ce dos caréné en plastique. De même avec les poignées, en caoutchouc, qui pour le coup auraient mérité un peu plus de soin. Non pas que la matière soit de mauvaise qualité, mais la jointure entre les deux pièces qui composent ces poignées laisse apparaître une petite excroissance sur toute la hauteur.

Idem du côté des boutons qui, malgré une correspondance presque parfaite avec ceux de la réalité, s’affichent avec une finition un peu plastique en comparaison avec les propositions de Fanatec dans la même gamme de prix. Néanmoins, ce SF1000 nous offre un argument de choix : son écran. Un bel affichage qui prend près d’un tiers de la largeur du volant. Enfin, côté palettes, le SF1000 propose deux modèles à clic direct pour le passage des vitesses et deux autres progressives. Elles sont composées d’aluminium brut, avec une finition légèrement brossée plus efficace qu’esthétique.
Dans l’ensemble, ce volant SF1000 est donc une réussite esthétique qui reste tout de même limitée en termes de finition par des choix de matériaux pas des plus qualitatifs, principalement au niveau des boutons. Ce qui nous rappelle que Thrustmaster est avant tout un fabricant grand public, avec des prix accessibles.
Un adaptateur Quick Release qui dénote avec le reste
Le volant SF1000 a été pensé pour les bases d’ancienne génération comme le T300 RS ou le T-GT. Il est donc équipé d’un quick release adapté à ces bases et non au T818. Et Thrustmaster nous fournit ainsi un adaptateur pour connecter le volant SF1000 à la base T818. Il s’agit d’un composé de deux pièces plastiques. L’une pour assurer la connexion électronique des deux éléments avec le bon embout de chaque côté. L’autre pour assurer le serrage de cet adaptateur côté volant, avec la vis habituelle des volants Thrustmaster. De quoi ajouter 7 centimètres de profondeur supplémentaires et une certaine flexibilité (comme nous le verrons un peu plus bas).
Alors techniquement, ça fonctionne. Mais ajouter cette pièce massive, visser dans du plastique, pour obtenir un amalgame manquant de rigidité, c’est un peu dommage. Ça reste équivalent aux propositions que Thrustmaster a toujours fait jusque là avec ses volants. Mais vu le niveau de gamme de la base, et les propositions de la concurrence, on aurait espéré mieux. Quitte à perdre cette rétrocompatibilité si chère à Thrustmaster.
Le support Logiciel : Thrustmaster doit rattraper son retard
Le T818 Ferrari de ce test s’appuie sur le même logiciel que l’ensemble de la gamme de Thrustmaster. Et ce logiciel est clairement LE point faible de l’ensemble. Disons clairement les choses : côté fiabilité, stabilité, aucun problème. Le souci du pilote est double : il manque des fonctions pour bien contrôler son volant et l’interface a véritablement l’ergonomie d’un software Windows XP de deuxième zone.

Si le second point n’est pas disqualifiant, le premier est beaucoup plus embêtant. Car la liste des fonctions manquantes est longue. Au niveau des réglages eux mêmes, Thrustmaster ne nous donne accès qu’à peu de choses. Angle de rotation, force globale, damper et un choix du mode. Ce dernier correspond simplement au filtre des informations reçues par le jeu. Il n’y a donc pas de gestion de la linéarité, pas de traitement indépendant des différentes forces ou des différentes résistances de l’axe comme on en trouve chez Moza ou Fanatec. Mais le pire, c’est l’absence de sauvegarde des réglages dans une mémoire. Passer d’un jeu à l’autre impose donc des réglages manuels et une prise de note à la main si vous ne voulez pas perdre votre setup.
En jeu, une motorisation remarquable
Pour le test du Thrustmaster T818 (qui est le même que ce modèle Ferrari), nous avions pris le temps de tester la motorisation sur de nombreux jeux. Assetto Corsa, Assetto Corsa Competizione, Dirt 2.0, iRacing, Dirt 4 et Dirt 5, WreckFest et F1 22. C’est sur ce dernier que nous nous sommes concentrés pour l’édition Ferrari et sa SF1000. Et le résultat est à la hauteur de nos plus grandes attentes. Le moteur réagit très bien, les réglages proposés par Thrustmaster sur son site sont efficaces, et les sensations sont bien au rendez-vous.

Les 10 Nm constants de cette motorisation sont largement suffisants pour ressentir les appuis dans les virages, les légers décrochages et les aspérités de la route. La finesse des détails est elle aussi au rendez-vous, sans la surinterprétation que l’on peut avoir avec le Pro Racing Wheel de Logitech. Sur ce point, le T818 Ferrari en test se place parmi les meilleurs modèles que nous ayons eu entre les mains. Bien au-dessus des Moza R9 et autres CSL DD. Surtout, ce moteur réagit très bien aux différents réglages que l’on trouve dans F1 22, de telle sorte que l’on peut vraiment sculpter ses réactions en fonction de nos propres envies ou besoins.
Les limites de la SF1000
Le volant F1 est lui aussi remarquable sur bien des points. Son ergonomie est agréable, avec un bon accès à l’ensemble des boutons ou palettes, et des fonctions nombreuses (rotatifs, interrupteurs) à la résistance bien calibrée. L’écran reproduit assez fidèlement celui de la vraie F1 de 2020 et sa lisibilité est excellente. Le petit défaut des rubbers de poignées est d’ailleurs vite oublié une fois les mains posées dessus. En clair, on s’y croirait. Mais alors où sont les limites de ce volant ?

Et bien, elles sont principalement sur l’armature de la roue et sur l’adaptateur qui lui permet de s’accrocher au T818. Et c’est lorsque le retour de force est le plus sollicité que l’on s’en rend compte. Un peu de souplesse côté adaptateur, quelques craquements (très légers ! ) du côté des poignées du volant. Il vaut mieux baisser le moteur à 80% de sa puissance pour ne pas être déconcentré par ces petits désagréments. En clair, il faudra attendre un autre modèle de volant, sans adaptateur, pour profiter pleinement du potentiel du T818 Ferrari que nous avons en test.
Situons ce pack face à ses concurrents principaux
A 1 099€, le Thrustmaster T818 Ferrari SF1000 Simulator se positionne au même prix que le Logitech G Pro Racing Wheel. Ce dernier profite d’une compatibilité console (PlayStation ou Xbox), d’un léger gain de puissance (11 Nm constant contre 10 Nm constant) et d’un volant plus polyvalent. Mais j’avoue préférer la motorisation du T818 et si vous êtes attiré par la F1, la SF1000 a clairement plus de choses à apporter. Enfin Logitech n’a, à l’heure actuelle, pas d’autre volant à proposer pour accompagner sa base.
Chez Fanatec, le CSL DD (650€ en 8 Nm en peak) et le GT DD Pro sont assez largement battus et l’écart de prix se justifie pleinement. Le DD1 fait mieux que le T818, mais il faut compter 1 200€ la base seule et donc 1 400€ pour un pack avec un volant proto/F1 sans écran, et pas moins de 1 600€ pour un ensemble F1 cohérent.
Chez Moza, le R9 ne fait pas le poids non plus, et il faut regarder du côté du R16 (999€) pour prendre le T818 de vitesse avec un volant F1 avec écran (à 699€). La marque chinoise profite néanmoins d’un Quick Release de haut niveau et d’un gain de puissance qui justifient l’écart de prix.
Conclusion du test du Thrustmaster T818 Ferrari
Le Thrustmaster T818 Ferrari SF1000 Simulator que nous avons eu en test nous a ravi sur bien des points. L’ensemble est élégant, respectueux de la licence Ferrari, avec une réplique de volant particulièrement convaincante, malgré quelques petits détails côté finition. La base motorisée assure du côté des sensations et se place même parmi les meilleurs modèles actuels que nous ayons testés dans cette gamme. Enfin, le pack s’adapte à tous avec une fixation sur bureau, support ou cockpit, qui ne montre aucune faiblesse.
Mais en se basant sur la SF1000, Thrustmaster ajoute un adaptateur de Quick Release à l’équation. Et c’est précisément là que naît une petite faiblesse en termes de rigidité, que les joueurs sur cockpit ressentiront. Mais c’est le prix à payer pour avoir la possibilité d’utiliser ses anciens volants de la marque avec le T818. À tout ça s’ajoute ce qui nous semble être le point le plus négatif de ce pack : son support logiciel. Daté, manquant de fonctions, il n’est clairement pas au niveau de l’ensemble. Heureusement, voilà un point que Thrustmaster peut faire évoluer assez facilement. Nous attendons donc forcément la marque française au tournant.
Pour :
- La qualité de fabrication de l’ensemble
- Le retour de force, exceptionnel dans cette gamme
- L’ergonomie générale du volant
- Une vraie réplique de volant réussie
- L’écran, utile et réaliste
- Le nombre de fonctions sous la main
Contre :
- L’interface logicielle dépassée
- La souplesse de l’adaptateur Quick Release
- Les limites de l’armature de la SF1000 à pleine puissance
Thrustmaster T818 Ferrari SF1000 Simulator
- Compatibilité : PC.
- Puissance : 10 Nm constants
- Pédalier : En option
- Accessoires disponibles : pédaliers, leviers
- Usage conseillé : Cockpit ou bureau
- Prix officiel : 1099€



















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