GIANTS Software et Straight4 Studios ont dévoilé le 13 octobre le Project Motor Racing World Endurance Pack. Onze voitures, quatre classes et Fuji Speedway en six tracés arrivent le 10 novembre. Tout indique qu’il s’agit de l’extension endurance promise dès la première feuille de route. Sauf qu’un circuit manque à l’appel : Le Mans.
Le Project Motor Racing World Endurance Pack sort sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S. Le trailer officiel donne déjà un aperçu des voitures et du tracé japonais :
Project Motor Racing World Endurance Pack : onze voitures, trois époques
Le contenu tient en quatre classes, présentées dans le communiqué de l’éditeur. Selon GIANTS, elles couvrent le LMP1 et le LMP2 du milieu des années 2010, le LMP2 EVO moderne et l’IMSA GTP classique. Ainsi, le pack mélange trois époques de prototypes, à trente ans d’écart.
LMP1 : le plateau hybride de 2016
La classe LMP1 réunit l’Audi R18 de 2016, la Porsche 919 Hybrid et la Toyota TS050 Hybrid. C’est-à-dire les trois constructeurs engagés en LMP1 hybride cette saison-là. L’Audi est la dernière R18 de la marque, qui a quitté le championnat du monde d’endurance à la fin de 2016. Par ailleurs, la Porsche 919 Hybrid a gagné les 24 Heures du Mans de 2015 à 2017.
Quant à la Toyota TS050 Hybrid, elle a perdu Le Mans 2016 dans les dernières minutes. Puis elle s’y est imposée de 2018 à 2020. Bref, trois légendes forgées dans la Sarthe, livrées dans un pack qui ne contient pas la Sarthe.

IMSA GTP : six constructeurs, 1986 et 1988
La classe IMSA GTP est la plus fournie, avec six voitures. Trois datent de 1986 : la BMW March GTP, la Chevrolet Corvette C4 GTP et la Ford Probe GTP. Les trois autres sont de 1988 : la Jaguar XJR-9 GTP, la Nissan GTP ZX-Turbo et la Porsche 962 GTP. Six constructeurs, donc, pour l’une des périodes les plus riches du championnat américain.
Le millésime 1988 se lit d’ailleurs comme un duel. Cette année-là, Geoff Brabham décroche le titre pilotes IMSA GTP au volant de la Nissan GTP ZX-Turbo. De son côté, la Jaguar du team TWR remporte les 24 Heures de Daytona. Enfin, la Porsche 962, référence de la catégorie depuis le milieu de la décennie, complète le trio. En 1986, BMW, Chevrolet et Ford étaient d’ailleurs venus défier les Porsche.

Restent les deux LMP2, l’Olivera P2-13 de 2013 et l’Olivera P2-26 EVO de 2026. Chacune ouvre sa propre classe, LMP2 et LMP2 EVO. Ce sont aussi les deux seules voitures sans constructeur réel du pack. On y revient plus bas.
Fuji en six tracés : le vrai cadeau, c’est 1966
Le Project Motor Racing World Endurance Pack ne propose qu’un circuit, Fuji Speedway, mais sous deux formes. La version moderne compte deux tracés. La version historique de 1966 en compte quatre, dont deux à parcourir en sens inverse. D’où le total de six annoncé par l’éditeur. En revanche, le communiqué ne donne pas encore le nom de chaque tracé.
Toutefois, la version 1966 est la plus intéressante. Selon l’éditeur, elle reprend le premier virage relevé d’origine, « qui exige courage et engagement ». Le site Traxion rappelle d’où il vient. Fuji devait au départ devenir un ovale à la manière de la NASCAR. Finalement, seul ce virage relevé, baptisé Daiichi, a été construit, puis supprimé en 1974.

La version moderne, elle, parle aux amateurs de WEC. Les trois LMP1 du pack se sont en effet affrontées à Fuji en championnat du monde d’endurance. Sur le papier, le plateau 2016 retrouve donc son décor d’époque.
Deux LMP2 fictives : Straight4 contourne les licences
Le communiqué présente les Olivera P2-13 et P2-26 EVO comme un hommage à « deux époques de prototypes ». Mais il ne dit pas qu’elles sont fictives. C’est la presse spécialisée qui le relève. Chez Traxion, Martin Bigg décrit la P2-13 comme fictive et « apparemment inspirée d’une Zytek ». Le même article donne la P2-26 EVO tantôt « basée sur », tantôt « inspirée de » l’Oreca 07.

Ce choix ne sort pas de nulle part. Le pack Japanese GT500 roulait déjà sur le Takimiya Circuit, un tracé fortement inspiré d’Okayama. Puis il a été retiré de la vente en avril, sans explication officielle détaillée, avant de revenir en mai. Certes, Straight4 ne dit pas pourquoi il opte ici pour des LMP2 maison. Mais une voiture sans licence ne risque pas ce genre de mésaventure.
Reste à savoir si le public suivra. En face, Le Mans Ultimate aligne la vraie Oreca 07, sous licence officielle du WEC. Pour un simracer qui roule en LMP2, la comparaison sera vite faite. Néanmoins, les deux Olivera jouent surtout un rôle de remplissage. Sans elles, le plateau multiclasse se résumerait aux LMP1 et aux GTP.
Prix, Season Pass et feuille de route : et Le Mans ?
Le prix du Project Motor Racing World Endurance Pack n’est pas encore communiqué. Pour mémoire, le Japanese GT500 Pack était sorti à 9,99 €, et le V8 Power Pack s’affichait à 14,99 €. Les précommandes sont déjà ouvertes, selon l’éditeur, sur certaines boutiques numériques.
Le Project Motor Racing World Endurance Pack est aussi inclus dans le Year 1 Season Pass, vendu séparément. GIANTS annonce jusqu’à 30 % d’économie par rapport à l’achat de chaque contenu à l’unité. En revanche, le communiqué parle seulement du pack « et d’autres contenus », sans détailler la suite.
Or la feuille de route d’origine permet de compter. Au lancement, le Season Pass annonçait le Group 5 Revival Pack, puis un pack par trimestre en 2026. Ont suivi le Japanese GT500 Pack, le GT Legends Pack, devenu GT Icons Pack, et le V8 Power Pack. Enfin venait une Endurance Racing Expansion pour la fin d’année. Le Project Motor Racing World Endurance Pack, avec ses GTP et ses LMP1, occupe exactement cette dernière case.
Sauf que cette extension avait une promesse précise. Comme on l’écrivait dans notre article sur la roadmap 2026, elle devait se courir sur le Circuit de la Sarthe. Sa description officielle concluait même : « Race them all at Le Mans ». Le communiqué du 13 octobre, lui, ne cite jamais Le Mans. Fuji Speedway devient le seul circuit du pack, et GIANTS n’explique pas ce changement.
Le contexte n’aide pas à lire la suite. Après un lancement en demi-teinte et une refonte 2.0 en mars, Straight4 Studios traverse une nouvelle vague de départs. Ian Bell et Ryan Hoey ont notamment quitté le studio. Son nouveau CEO, Kevin Boland, assure que le développement continue, sans feuille de route détaillée. Ce pack boucle donc l’année 1 promise, sauf la Sarthe. Pour l’année 2, il faudra attendre que le studio parle.
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