Kunos a enfin montré son free roam. Dans une vidéo, Marco Massarutto, cofondateur du studio, détaille l’exploration libre de l’Eifel prévue pour Assetto Corsa EVO. Au programme : une région reproduite à l’échelle 1:1, toutes les voitures du jeu, mods compris, et aucune économie à faire tourner. Mieux encore, on pourra l’essayer à la SimRacing Expo de Francfort. Reste une question, et pas des moindres : quelle part de la carte sera ouverte au lancement ?
Assetto Corsa EVO free roam : Kunos assume le bac à sable
La présentation commence par un mea culpa à peine voilé. Selon Marco Massarutto, Kunos a voulu faire entrer l’esprit d’Assetto Corsa dans une structure de jeu « plus contrôlée et plus fermée ». Or cette structure finissait par jouer contre ce qui a fait le succès du premier opus : la liberté, et surtout le modding. Le studio a donc retiré une à une les contraintes qui ne collaient pas à cette vision.

L’objectif est désormais clair : bâtir un bac à sable autour de la simulation. Pour la première fois dans la série, le même modèle physique doit fonctionner sur circuit comme sur route. D’un côté, le chrono, les setups, la télémétrie et les ligues. De l’autre, la balade, sans objectif imposé.
Ce virage explique aussi l’attente. Le free roam était d’abord annoncé pour l’été 2025, avant d’être repoussé à 2026. Le patron de Kunos le reconnaît : ce chantier a demandé « nettement plus de travail que prévu ». Il a fallu reprendre la technologie et la structure du jeu, pas seulement dessiner une carte. Il remercie d’ailleurs les joueurs pour leur patience, avant de lâcher que l’attente est « presque terminée ».
L’Eifel à l’échelle 1:1, du Nürburgring aux villages

Pourquoi l’Eifel ? Parce que, pour les passionnés d’automobile, la région dépasse largement le Nürburgring. Il y a le circuit, bien sûr, mais aussi les routes qui l’entourent, les villages, les garages et les points de rendez-vous. Bref, toute une culture automobile, que Kunos veut restituer.
Selon le studio, cette portion de l’Eifel est reproduite à l’échelle 1:1. Ainsi, les routes ont leur longueur et leur largeur réelles. Virages, dénivelés, épingles et carrefours suivent la réalité. On passe ainsi d’une large route rapide à une départementale étroite et piégeuse, avant de traverser un village. Kunos promet même qu’en visitant l’Eifel, on pourra reconnaître un carrefour ou un lieu déjà parcouru dans le jeu.

La carte aperçue dans la vidéo le confirme. On y lit des noms bien connus des habitués du Ring, comme le restaurant Pistenklause ou le Mamma Mia Paddock. Le BMW M Testcenter et les stations-service de la Bundesstraße et de la Nordschleife y figurent également. On y trouve aussi les villages de Meuspath et de Drees, le virage du Schwalbenschwanz et un onglet listant les joueurs connectés. À terme, Kunos vise toujours les 1 600 km² dévoilés en janvier. Mais la première zone jouable sera bien plus réduite, et sa superficie n’est toujours pas donnée.
Aucune économie, aucune voiture à débloquer
C’est sans doute l’annonce la plus forte de la vidéo. Dans le free roam, on peut conduire n’importe quelle voiture d’Assetto Corsa EVO, les officielles comme celles créées par la communauté. Pas de système de progression pour dire ce qu’on a le droit de piloter. Et surtout, pas d’économie en jeu entre le joueur et la route. Comme le résume Massarutto, le free roam ne consiste pas à « mériter le droit de conduire », mais à conduire.

Concrètement, vous abîmez votre voiture ? Vous la réparez et vous repartez. Il en va de même pour les pneus, le plein et même le lavage, quand vous voulez.

Les centres de montage aperçus dans la vidéo affichent d’ailleurs des enseignes Pirelli et BFGoodrich. On est donc à l’opposé d’un Forza Horizon ou d’un Test Drive Unlimited, où l’on gagne ses crédits avant de s’offrir sa voiture de rêve.
Hors-piste, balade à pied et time attacks

La liberté va jusqu’au bord de la route, et au-delà. On peut emprunter les grands axes, les petites routes de campagne ou partir carrément hors-piste. Point important : si vous quittez la route, EVO ne vous y replace pas automatiquement. Vous choisissez où aller, et quand revenir. Car explorer, selon Kunos, c’est aussi être libre de se tromper de chemin. Et si l’envie vous prend de sortir de la voiture, un mode à pied vous permet de marcher.

Pour autant, le free roam n’est pas qu’une promenade. Kunos insiste : apprendre la route compte autant que connaître sa voiture. Rails, arbres, murs et bâtiments font partie du décor, et une erreur abîme la voiture. Une simple route de campagne peut donc devenir un défi, sans que le jeu vous l’impose.


Des activités seront bien là, à commencer par des time attacks. Mais elles sont faites pour être utilisées, pas pour être complétées. On peut les suivre, ou simplement démarrer le moteur et rouler. On pourra aussi retrouver d’autres joueurs sur les parkings, s’affronter sur des routes fermées et sécurisées, ou chercher la meilleure photo.
Le modding, l’autre liberté du free roam
Kunos le reconnaît sans détour : si le premier Assetto Corsa reste aussi joué aujourd’hui, c’est grâce à sa communauté. Voitures, circuits, modes de jeu, interfaces, et même des dinosaures, plaisante Massarutto. La vidéo en montre d’ailleurs un, tiré d’un mod du premier Assetto Corsa : un T-Rex lâché sur l’autoroute du Shutoko Revival Project. Un clin d’œil à la communauté, rien de plus : rien n’indique qu’on le retrouvera dans EVO.

Surtout, les modders ont créé d’innombrables routes pour sortir des circuits, à l’image du célèbre col roumain de la Transfăgărășan, lui aussi montré dans la vidéo.

EVO promet donc un support du modding plus étendu. Dans le free roam, les voitures de la communauté seront jouables au même titre que les officielles. Pour le reste, Kunos reste flou. Pourra-t-on créer ses propres régions, ou modder la carte de l’Eifel ? La vidéo ne le dit pas. Le studio avait toutefois ouvert une première porte aux créateurs avec la version 0.8. Pour mesurer ce qu’apporte la communauté au simracing, relisez notre dossier sur le modding.
Ce que contiendra la première version du free roam
Le free roam n’arrivera pas d’un bloc. Kunos l’étendra par mises à jour régulières, en agrandissant la carte et en ajoutant fonctionnalités, contenus et modes de jeu. Dès la première version, le studio annonce toutefois :
- le solo et le multijoueur ;
- le trafic, dont on pourra régler la densité ;
- plusieurs conditions météo ;
- des points d’intérêt ;
- la réparation, les stations-service, la navigation et la téléportation ;
- des time attacks.


La vidéo a aussi servi de vitrine à de nouvelles voitures. La Lamborghini Temerario, confirmée la veille par la miniature de la vidéo, y apparaît pour la première fois en mouvement. On aperçoit également le Mercedes-Benz G63, ainsi que les Mercedes-AMG GT 63 et A45, déjà vues dans de précédentes bandes-annonces. Aucune date d’arrivée n’est donnée pour ces modèles.
Un détail, enfin, pour les plus attentifs. Le menu de la carte affiche une version 0.11.0-beta. Or Kunos avait annoncé l’exploration libre pour la mise à jour 0.10. Simple version de développement, ou glissement de calendrier ? Le studio ne l’a pas précisé.
Jouable à la SimRacing Expo, date de sortie annoncée sur place

Bonne nouvelle pour ceux qui feront le déplacement : le free roam sera jouable à la SimRacing Expo 2026, du 16 au 18 octobre, à la Messe Frankfurt. Le stand Assetto Corsa alignera plusieurs postes dédiés, à côté d’Assetto Corsa Rally. Marco Massarutto sera aussi sur la scène du salon, le vendredi 16 octobre à 16 h.
Quant à la sortie publique, elle suivra « peu après ». Kunos réserve la date exacte au salon. C’est donc à Francfort qu’on saura enfin quand on pourra rouler dans l’Eifel depuis chez soi. Et ce sera la dernière grande étape avant la version 1.0, attendue au premier semestre 2027.
Avant Francfort : trois questions que Kunos n’a pas tranchées
La taille de la première zone, d’abord. Kunos parle de « l’une des parties les plus représentatives » de l’Eifel. Mais combien de kilomètres de routes au lancement ? Le studio ne donne toutefois aucun chiffre.
Les serveurs, ensuite. Le multijoueur sera bien là dès le départ. En revanche, rien ne dit encore si l’on pourra héberger ses propres serveurs de free roam, ni avec quels réglages de trafic et de météo.
Les performances, enfin. Une région à l’échelle 1:1, avec du trafic, une météo variable et des personnages à pied, n’aura pas le même appétit qu’un circuit. Pourtant, Kunos n’a publié aucune configuration recommandée pour ce mode.
Nous serons à Francfort pour poser ces questions, et prendre le volant. Le free roam d’Assetto Corsa EVO est jouable à la SimRacing Expo du 16 au 18 octobre 2026, et sa date de sortie sera annoncée sur place. Pour tout le reste, notre guide complet d’Assetto Corsa EVO fait le point sur le jeu et ses mises à jour.
Retrouvez-nous























Laissez un commentaire