Simagic complète sa gamme de freins à main avec le TB-Neo. Sur le papier, il mise d’abord sur une load cell de 100 kg. Mais son vrai argument reste la modularité. On empile les élastomères comme sur un pédalier P1000. Ensuite, on ajoute un module haptique ou hydraulique. Il est déjà en vente, à 139 $ chez Simagic et 164,90 € chez The French Simracer. Une réserve toutefois : c’est du PC uniquement.
Un frein à main qu’on ne choisit pas une fois pour toutes
L’argument de Simagic tient en une phrase. La plupart des freins à main vous obligent en effet à trancher dès l’achat. Course courte et sèche pour le drift, longue et progressive pour le rallye, ferme et amortie pour l’hydraulique. Changez de discipline, et vous rachetez tout.
Le TB-Neo répond donc avec un châssis unique et des pièces qu’on remplace. Le barillet à ressorts accepte différents élastomères, dans la combinaison que vous voulez. Simagic parle d’un écosystème UP+, autrement dit d’un socle qu’on fait évoluer par modules. C’est la même logique que sur ses pédaliers, transposée au levier.
Des élastomères qu’on empile comme sur un P1000
Ceux qui roulent en P1000 connaissent déjà le principe. On ouvre le barillet, on réorganise les élastomères, on refait un relais, puis on ajuste encore. Le TB-Neo reprend donc exactement cette mécanique. Mieux, les élastomères P-ORP passent d’un produit à l’autre. Si vous en avez déjà un stock pour vos pédales, il resservira.
Soyons honnêtes, le TB-1 acceptait déjà des élastomères de rechange. La nouveauté tient plutôt à l’ampleur du kit livré et à cette compatibilité croisée avec les pédales.

Le kit livré suit une échelle de dureté, du plus souple au plus ferme :
- 2 ressorts jaunes et 3 entretoises d’amortissement, pré-installés
- 9 élastomères verts type T, réservés au module hydraulique
- 8 joints toriques verts, le réglage intermédiaire
- 8 joints toriques noirs, les plus durs
Simagic fournit également quatre combinaisons de départ. Le schéma A associe un ressort jaune et quatre joints verts, pour un tirage léger et une longue course. Le schéma B remplace les verts par des noirs, avec une butée nette et une course plus courte. Le schéma C mélange quatre verts et quatre noirs, donc un enfoncement souple puis un mur en fin de course. Le schéma D, enfin, ne concerne que le module hydraulique.
On peut charger jusqu’à huit élastomères dans le barillet. Ceux de devant règlent l’attaque, ceux de derrière règlent le mur en fin de course. Vous modifiez donc de la mécanique, pas un curseur dans un logiciel. Après chaque changement, un recalibrage dans SimPro Manager suffit.
Deux modules en option, mais l’addition grimpe vite
Les points de fixation sont prévus dès le départ. Deux accessoires viennent ensuite s’y greffer.
- Le P-HPR (ou P-HPR GT) est un moteur haptique linéaire, affiché 49 $. SimPro Manager relie ses vibrations à l’ABS, au contrôle de traction, au patinage, aux passages de rapport et au demi-embrayage. Le levier vous informe donc sur le train arrière. Ces modules gèrent aussi SimHub.
- Le P-HYS (ou P-HYSi) remplace carrément le barillet à élastomères par un module hydraulique, affiché 159 $. Le support et le levier restent en place, seul le ressenti change.
C’est justement là que le discours de l’investissement unique se fissure. Le module hydraulique coûte en effet plus cher que le frein à main lui-même. Une alimentation P-APS s’ajoute par ailleurs si vous chargez votre base en accessoires. La promesse reste donc valable pour qui veut étaler la dépense. Elle l’est beaucoup moins pour qui vise le haut du panier tout de suite.
Horizontal, vertical, ou converti en frein à tirer
Le levier accepte par ailleurs plusieurs logiques de montage. À l’horizontale pour les voitures de route, à la verticale pour le rallye et le drift. Cinq positions d’angle et une hauteur réglable sur la tige complètent le réglage. Enfin, d’autres trous de fixation le transforment en frein à main à tirer.

Côté visserie, Simagic livre les écrous de blocage pour un plateau et les écrous à insertion pour profilé aluminium. Rien à racheter, donc, quel que soit votre cockpit.
Le capteur, lui, ne change pas
Attention à ne pas se tromper d’argument. Le TB-1 embarquait déjà une load cell de 100 kg, sa fiche technique officielle le confirme. Sur ce point précis, le TB-Neo ne progresse donc pas.
Le principe reste bon, cela dit. Le capteur mesure la force et non la course. Un tirage franc renvoie donc la même valeur au tour 1 et au tour 50. Ce qui évolue vraiment, c’est l’électronique derrière. Simagic annonce en effet une Full-Range Adaptive Sensing Technology brevetée, soit un circuit d’amplification à quadruple cascade. L’idée consiste à garder du détail sur les petites entrées, sans saturer sur les grosses. La résolution atteint 12 bits, c’est-à-dire 4096 pas. Le constructeur ne publiait d’ailleurs pas cette valeur sur le TB-1.
Le corps est en aluminium moulé sous pression, puis usiné CNC. La poignée est en POM, les carters en ABS et PC. L’ensemble pèse 1,36 kg, pour 209,5 × 73,5 × 382,5 mm. C’est donc un poil plus gros et plus lourd que le TB-1, annoncé à 1,3 kg pour 190,5 × 66 × 371 mm.
SimPro Manager aux commandes, et PC uniquement
Tout se règle dans SimPro Manager : calibration, zone morte et courbes de réponse. Quatre profils sont fournis, à savoir linéaire, exponentiel, logarithmique et courbe en S. Vous pouvez également tracer la vôtre. Les mises à jour de firmware passent par la même fenêtre.
Pour le branchement, deux voies existent. L’USB-C rejoint le PC ou une base Alpha en CAN. Le RJ45, lui, passe en CANFD vers une base Alpha EVO. La consommation reste modeste, avec 5 V pour 5 W au maximum.
Il y a en revanche une limite à connaître avant de sortir la carte bleue. Le TB-Neo fonctionne sur PC uniquement. Aucune console n’est au programme, comme sur le TB-1 et le TB-RS avant lui. Rien d’anormal chez la concurrence non plus, cela dit : les freins à main homologués console restent rarissimes.
Prix et disponibilité du Simagic TB-Neo
Le TB-Neo est vendu 139 $ sur le site de Simagic, en version complète. Le kit d’élastomères, les câbles et la visserie sont dans la boîte. En France, The French Simracer l’affiche à 164,90 €, en stock. Les modules haptique et hydraulique restent évidemment facturés à part.
À ce tarif, il se pose exactement là où vit le TB-1. Ce dernier est affiché lui aussi 139 $ en promotion, contre 189 $ de base. Le TB-RS hydraulique réclame de son côté près de 285 € chez nous. Le TB-Neo devient donc l’entrée logique dans la gamme, avec une porte de sortie vers le haut.
Si vous hésitez entre les deux, le calcul est simple. À prix comparable, le TB-Neo n’apporte pas un meilleur capteur, mais les points de fixation des modules. Vous payez donc une trajectoire d’évolution, pas une fiche technique supérieure.

Simagic
TB-Neo
Le Simagic TB-Neo est un frein à main modulaire à load cell 100 kg, avec une électronique de mesure sur 12 bits (4096 pas), sur PC uniquement. Son barillet à élastomères se restacke comme celui d’un maître-cylindre de pédalier P1000, et il accepte les mêmes élastomères P-ORP. Le levier se monte à l’horizontale ou à la verticale, sur cinq positions d’angle, et se convertit même en frein à main à tirer. En option, un module haptique P-HPR ou un module hydraulique P-HYS se greffent sur le même châssis. Caractéristiques principales : load cell de 100 kg, résolution 12 bits sur 4096 pas, corps en alliage d’aluminium moulé sous pression et usiné CNC, course et tension des ressorts réglables, courbes de réponse dans SimPro Manager, connexion USB-C vers le PC ou une base Alpha, RJ45 CANFD vers une base Alpha EVO.
Reste la vraie question, celle du ressenti. Un barillet d’élastomères bien pensé peut suffire à l’immense majorité des pilotes. Mais nous n’avons pas encore eu le TB-Neo entre les mains. Dès qu’il passera sur notre banc, nous vous dirons si cette modularité change vraiment quelque chose.
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