Lors de la FlightSim Expo 2025, Thrustmaster a levé le voile sur les nouveaux accessoires de sa base modulaire A.V.A. En exclusivité, la marque nous a offert un aperçu de ses toutes dernières innovations. Mais que valent réellement ces nouveaux éléments ? Et surtout, sont-ils indispensables pour tirer le meilleur parti de notre base modulaire préférée ?

Préambule
Ce test des accessoires de la base modulaire A.V.A. a été réalisé à partir de matériel prêté par Thrustmaster, sans aucune contrepartie commerciale. Il s’agit donc d’une évaluation indépendante, menée en avant-première et exclusivement sur PC. Pour garantir un avis solide et pertinent, j’ai remplacé mon setup habituel par cette configuration durant de longues sessions de vol. Ce retour d’expérience repose ainsi sur une utilisation approfondie et prolongée en conditions réelles de jeu.
Un peu de contexte
Nous avons la chance, dans notre beau pays, d’abriter le leader mondial des périphériques de flight sim : Thrustmaster. Oui, ça y est, Fred dégaine déjà la brosse à reluire… Mais soyons honnêtes, la concurrence est rude dans ce secteur. Entre nos deux Européens, trois fabricants asiatiques, et les incontournables Américains, la bataille fait rage. Alors quand on peut pousser un petit cocorico, on aurait tort de s’en priver – surtout quand les produits sont à la fois qualitatifs et innovants.
Thrustmaster domine le marché depuis près de 25 ans dans l’univers du flight sim. Chaque nouveau produit est pensé intelligemment, avec à la clé un lot d’innovations, même quand la marque arrive un peu en retard sur un segment. Et par segment, j’entends ici les bases modulaires. Avec l’A.V.A., nos amis bretons ont comblé un gros vide dans leur gamme. D’accord, ce n’est peut-être pas aussi premium au premier coup d’œil qu’un Virpil MangoosT CM3 ou un WarBrd-D, mais la base A.V.A. compense largement par son ingéniosité et sa polyvalence. Quant à la concurrence asiatique, pour moi, elle reste en retrait, principalement à cause de la moindre modularité de leurs solutions.
Versatile – ou comme j’aime dire, une modularité qu’on vit au quotidien. C’est bien de cela qu’il s’agit avec la base A.V.A. : il est si simple de changer les cames, les ressorts, et d’ajuster les réglages en fonction de l’aéronef ou du vaisseau spatial piloté, qu’on finit par y prendre goût… et à tout modifier à chaque session ! Son seul vrai défaut selon moi : la présence de carters en plastique, tout comme son support. Dommage, car le reste est en métal – et là, rien à redire, je valide à 200 % pour la durabilité.
La base modulaire A.V.A., c’est quoi ?
Je ne vais pas vous refaire le test complet de la base A.V.A. que j’avais réalisé il y a quelques mois – je vous invite d’ailleurs à y jeter un œil si ce n’est pas déjà fait. Pour résumer, et pour les novices dans le domaine : la base A.V.A., c’est un parallélépipède (oui, on adore ce mot) qui renferme toute la mécanique et l’électronique, et sur lequel on vient visser un manche à balai. L’objectif ? Simuler au plus près les commandes d’un avion dans votre simulateur préféré.
L’avantage de cette base, c’est sa simplicité : en à peine six minutes, même un novice (à condition de suivre le tuto) peut adapter la configuration, changer les ressorts, ajuster la tension… Bref, la prendre en main sans prise de tête. C’est d’ailleurs pour ça que c’est devenu ma base chouchoute. Elle m’a clairement réconcilié avec les bases modulaires.
Du nouveau chez Thrustmaster
Et donc, ce qui nous intéresse aujourd’hui, ce sont les nouveaux accessoires que Thrustmaster a dévoilés lors de la FlightSim Expo, qui s’est tenue cette année à Providence. Des ajouts attendus par la communauté et pensés spécifiquement pour enrichir l’expérience offerte par la base modulaire A.V.A. Et autant dire qu’il y a de quoi piquer notre curiosité. Au programme :
- A.V.A. Extensions : deux extensions disponibles en deux longueurs différentes, pour adapter la hauteur du manche selon vos préférences ou votre setup. Il faut compter 49,99 euros pour l’extension 12 cm et 69,99 euros pour la version Curved 24 cm.
- A.V.A. Damper Plus : un pack comprenant deux dampers (amortisseurs d’embrayage), conçus pour ajuster la résistance au centre sur les axes X et Y. Tarif : 19,99 euros.
- Dual Pitch Cam : un set de trois nouvelles cames spécialement conçues pour la base, affiché à 19,99 euros.
Les présentations sont faites, on passe à la suite !
Premières rencontres
Petite précision importante : Thrustmaster nous a fait parvenir ces accessoires en avant-première, avant même leur présentation officielle à la FlightSim Expo. Les visiteurs présents à la convention ont d’ailleurs eu la chance de les tester sur place. De notre côté, les essais ont pris une tournure un peu particulière… surtout lors de l’unboxing (on y reviendra !).
À noter : tous ces accessoires sont compatibles non seulement avec la base A.V.A., mais aussi avec la future base du SOL-R. En revanche, ils ne sont pas compatibles avec la Base Magnétique, en raison d’un brochage différent.
A.V.A. Extension (12 cm)

On commence le déballage avec l’Extension 12 cm. On remarque clairement une montée en gamme du packaging chez Thrustmaster, qui se rapproche un peu de ce que propose Moza. Seul bémol : le carton d’emballage noir fait un peu « cheap », mais franchement, ce n’est pas très important. La mousse de protection, elle, fait un boulot impeccable et enveloppe parfaitement chaque accessoire. Honnêtement, c’est presque mieux emballé que certains périphériques de la marque elle-même.
Dans le détail, on trouve une rallonge de 12 cm équipée d’une bague métallique pour la fixation sur la base. L’ensemble est contenu dans un tube en aluminium, avec un brochage 6 pins type aviation. Je suis convaincu que les petits fabricants d’accessoires tiers ne tarderont pas à proposer une interface 5 pins vers 6 pins, pour permettre une compatibilité avec les brochages plus classiques.
La rallonge dispose de deux vis qui permettent d’orienter l’angle de 0 à 30°. Sa solidité est un vrai gage de qualité, rassurant pour un usage intensif. Dans le carton, on trouve donc :
- La rallonge de 12 cm
- Une paire de ressort Extra Dur
- Une documentation



A.V.A. Extension Curved (24 cm)

Cette rallonge, toujours en métal comme la précédente, adopte une forme de col de cygne. Cette configuration place le passage plus bas, entre les jambes, et permet une orientation du grip de 0 à -30°. Ce type de rallonge est principalement conçu pour le pilotage d’hélicoptères, même si rien ne vous empêche de l’utiliser pour piloter un aéronef classique. Là encore, des ressorts extra-durs sont fournis avec.
Pourquoi une rallonge aussi longue alors qu’une version de 12 cm peut suffire ? La réponse est simple : la précision dans le mouvement. Au-delà de l’allongement du bras de levier, qui réduit l’effort nécessaire, c’est la finesse du contrôle qui fait toute la différence. C’est aussi à ce niveau que l’on « mesure » la qualité et la précision des axes d’une base modulaire.
Dans le carton, vous trouverez :
- La rallonge en col de cygne de 24 cm
- Un jeu de ressort Extra Dur
- Une documentation


A.V.A. Dual Pitch Cam

Le packaging est vraiment soigné, et on n’a aucun souci à se faire quant à la protection des cames. Ces dernières sont fabriquées en acier, avec une gravure laser pour faciliter leur identification, et un polissage particulièrement efficace. Trois cames sont fournies : deux en mode Fly by Wire, conçues pour reproduire les commandes de vol électriques d’un avion de ligne, et une troisième, spécifique à l’axe Y, dédiée au pilotage d’un avion de chasse de type Dassault Mirage 2000. Le profil de cette dernière est assez particulier et demandera un temps d’apprentissage avant d’en maîtriser pleinement les subtilités.
Aborder une nouvelle came, surtout lorsqu’elle est spécifique à un type d’avion, reste toujours un exercice délicat. Après tout, la majorité d’entre nous n’a jamais réellement volé. Seuls les pilotes expérimentés, ayant réellement pris les commandes de ces aéronefs, peuvent réellement juger du réalisme du ressenti. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé chez Moza avec leur base AB9 FFB : d’anciens pilotes de F14, F15, F16 et F18 ont demandé à revoir le profil initial pour qu’il corresponde parfaitement à la sensation réelle de vol. Ils ont même participé activement au développement des profils.
Nous avons donc dans le carton :
- Un jeu de 2 came Fly By Wire
- Une came D-Pitch avec un profil Mirage 2000
- Une documentation
- Une notice de montage



A.V.A. Damper Plus

Très bien protégés et d’une qualité exemplaire, les damper, ou amortisseurs d’embrayage, ont pour rôle d’ajouter une résistance supplémentaire au centre des cames. Une fois encore, il s’agit de pièces 100 % métalliques, preuve que Thrustmaster ne fait pas les choses à moitié pour sa base modulaire A.V.A. Le pack de Damper est affiché à 34.99 euros.
Dans ce carton, vous trouverez :
- Un amortisseur d’embrayage graver X
- Un amortisseur d’embrayage graver Y
- Un cache de protection avec 4 vis
- Un tourne vis « étoile »
- Une documentation
- Une notice de montage

Montage des extensions
En soi, rien de bien compliqué : on aligne la bague sur la base, puis on visse le grip sur la rallonge. Vous l’aurez compris, ce type d’accessoire ne s’utilise pas assis à son bureau classique. Il faut impérativement le fixer sur un support dédié, ajusté selon la longueur de la rallonge. Comme toujours, la base se positionne idéalement entre les jambes, et le mieux reste de l’installer sur un châssis pour un maintien optimal.
Concernant la vidéo tuto des extensions ci-dessous, je trouve qu’elle est beaucoup plus complète que ce que j’ai pu décrire. On y voit clairement le gars retirer les ressorts avant de monter les extensions, ce qui peut laisser penser que c’est une étape obligatoire. Pour ma part, je ne suis pas totalement d’accord avec cette méthode. Thrustmaster propose une vidéo très pédagogique, parfaite pour les novices, mais dans la réalité, changer les ressorts quand on a une base A.V.A. est plutôt une habitude qu’une nécessité.
En fait, il n’est pas obligatoire de changer les ressorts pour installer les extensions. Personnellement, je monte mes extensions sans toucher aux ressorts, surtout si je suis satisfait du réglage déjà en place. C’est une question de feeling et d’adaptation personnelle, pas une règle absolue.




Montage des cames
Là encore, on se réfère à la vidéo du fabricant, qui détaille pas à pas le changement des ressorts et des nouvelles cames. Simple et pratique, comme toujours ! Je ne peux que répéter à quel point c’est un vrai régal de pouvoir régler cette base aussi facilement.
Montage des amortisseurs d’embrayages


Avec les amortisseurs d’embrayage, on passe à un cran supérieur en termes de difficulté. Rien d’insurmontable, mais ce n’est pas aussi simple que les étapes précédentes. Il faut un peu plus de technique et de précision. Heureusement, Thrustmaster a pensé à tout et propose une vidéo explicative qui guide pas à pas le remplacement de ces amortisseurs.
Il faut trois outils, des doigts qui fonctionnent et de bons yeux. Tout se démonte avec une clé BTR de 2,5 mm. Pour retirer les anciens amortisseurs, un tournevis Phillips de 0,5 est idéal, car un PH1 est un peu trop gros.
Le remontage est un peu plus délicat. Il faut bien identifier les axes X et Y pour les placer correctement. J’ai un peu pesté sur le module Y : soit la base avait un léger problème de perçage, soit les trous sur l’amortisseur n’étaient pas parfaitement dans les tolérances, car l’ajustement n’était pas optimal. Le remontage se fait avec des vis et un tournevis Torx. J’ai passé du temps à essayer de régler l’amortisseur de l’axe Y, sans succès au début. Finalement, j’ai inversé la vis et remonté l’ensemble – j’avais mal compris le système de réglage.
En effet, une fois tout remonté, je m’attaque au test en jeu. Et là, grosse erreur de ma part : j’avais placé la vis de réglage en haut, mais elle était inaccessible à cause de la protection. Une fois corrigé, tout est devenu facilement accessible. Moralité : regardez bien le tuto et prenez votre temps !

Et en jeu, ça donne quoi ?
Encore une fois, pour mieux m’adapter et essayer de vous transmettre ma façon de découvrir les accessoires Thrustmaster, j’ai décidé de changer un peu mon protocole de test habituel. Cette fois, pas de space sim — donc pas de Star Citizen – je vais me concentrer exclusivement sur les appareils avec leur accessoire dédié.
Extension 12cm
J’ai utilisé la rallonge principalement dans Microsoft Flight Simulator et dans Digital Combat Simulator. Je vous renvoie au test de la base A.V.A. pour connaître mes réglages dans DCS.
MSFS 2024 – Diamond DA-40

Pour le Diamond DA-40 NG, j’ai opté pour une position centrale de la base avec la rallonge de 12 cm. Pour l’occasion, j’ai utilisé le Grip Moza MA3X, bien plus adapté à ce type d’aéronef. Voici mon réglage :
- Ressorts « Hard » avec une tension moyenne au niveau des amortisseurs d’embrayage
- Came « AERO »
- Masque L

Oh là là, Fred a troqué le Daher TBM930 pour un Diamond… mais pourquoi ce choix ? J’étais persuadé que dans l’aviation civile, le yoke était la norme. Du coup, je n’avais jamais vraiment quitté mes habitudes. Et puis, un jour, lors d’un vol avec un collègue pilote, il m’a fait découvrir les Diamond… équipés d’un manche à balai. Comme dirait l’autre : je mourrai moins bête ce soir. Résultat : pour mes futurs tests de matériel, vous me verrez alterner entre le Diamond et le Daher, selon l’inspiration et le type d’accessoire.
Le Diamond est un avion plutôt souple, avec un retour au centre bien marqué. C’est franchement agréable à piloter avec un manche à balai – je dois avouer que j’y prends beaucoup de plaisir. En vol linéaire, tout se passe sans accroc : le grip reste parfaitement en place, rien ne bouge, c’est propre.
Il manque certes un vrai retour de force pour pleinement apprécier les sensations en vol, mais malgré cela, l’ensemble reste convaincant. Même la phase d’atterrissage, qui me faisait un peu peur à cause de l’arrondi avec le manche, s’est déroulée sans souci.
DCS – DLC F14 A/B Tomcat

Pour le F-14, je reste sur la position centrale de la base avec la rallonge de 12 cm. Mon réglage est le suivant :
- Ressorts « Extra Hard » avec une tension dur au niveau des amortisseurs d’embrayage
- Came « JET »
- Masque L

C’est peut-être un peu bête, mais je ne peux pas m’empêcher de comparer avec la base AB9 de Moza Flight et ses nouveaux profils. Alors oui, on n’a ni les courbes d’axes exactes d’un F14, ni le retour de force qui va avec cette base, mais le feeling est bien là.
Le fait d’avoir opté pour la rallonge de 12 cm (et non celle de 24 cm comme lors de mon test précédent de l’A.V.A.) me donne de bien meilleures sensations. Certes, le débattement général est un peu plus réduit, mais en contrepartie, le retour est plus précis, plus nerveux. Et surtout, à aucun moment les capteurs de la base ne sont pris en défaut. Le grip répond au doigt et à l’œil, et en combo avec le TPR de Thrustmaster, un appontage ou un ravitaillement en vol devient tout de suite plus fluide… et surtout, plus plaisant.
Extension 24cm
J’ai principalement utilisé la rallonge dans Microsoft Flight Simulator 2024. Ne possédant pas de collectif dédié pour le pilotage d’hélicoptère, j’ai dû me débrouiller avec ma TQS, que j’ai utilisée pour simuler le collectif.
Autant être honnête avec vous : je ne me considère pas comme un véritable juge de paix sur ce type de pilotage. J’ai même dû faire quelques recherches pour bien adapter la base modulaire A.V.A. à l’usage en hélico. Bref, ce n’est pas mon domaine de prédilection, mais j’ai tout de même voulu tenter l’expérience pour pousser le test jusqu’au bout.
Nota : Une rallonge de 24cm c’est long donc on positionne la base modulaire de Thrustmaster A.V.A., entre les jambes. J’ai ressortie, pour le coup, mon vieux système de fixation Monstertech pour le fixer sur mon fauteuil.

MSFS2024 Airbus H125

Pour l’Airbus H125, je conserve la position centrale de la base avec la rallonge de 24 cm. J’ai, pour le coup, utilisé le grip Moza MA3X qui est plus adapté à ce type d’hélicoptère. J’ai positionné très près de moi la manette des gaz TQS. Mon réglage est le suivant :
- Ressorts « Medium » avec une tension moyenne au niveau des amortisseurs d’embrayage
- Came « AERO »
- Masque L

Waouh. Je savais qu’un hélicoptère était très manœuvrable… mais là, ça dépasse largement mes attentes. Quand on est habitué au vol en avion, passer sur ce type de pilotage, c’est une vraie bouffée d’air frais. Et surprise : faire du vol stationnaire avec la TQS en guise de collectif, c’est finalement très simple. Franchement, je m’en étais fait tout un plat !
La base A.V.A. est d’une précision remarquable, jamais prise en défaut. C’est une vraie perle, cette base. Résultat : l’hélico réagit littéralement au doigt et à l’œil. La prise en main est étonnamment facile, même si, on ne va pas se mentir, la position n’est pas idéale, comme vous pouvez le voir sur la photo.
MSFS2024 – Airbus NH225

Pour l’Airbus NH225, je conserve la position centrale de la base avec la rallonge de 24 cm. J’ai, pour le coup, utilisé le grip Moza MA3X qui est plus adapté. J’ai conservé le positionnement près de moi la manette des gaz TQS de Thrustmaster. Mon réglage est le suivant :
- Ressorts « Extra Hard » avec une tension moyenne au niveau des amortisseurs d’embrayage
- Came « AERO »
- Masque L

Nous voilà aux commandes d’un gros porteur Airbus. Pour l’occasion, j’ai augmenté la dureté des ressorts, tout en conservant le réglage initial de l’amortisseur d’embrayage. Le résultat est tout à fait convenable : on retrouve cette sensation de lourdeur propre aux liners, ce qui participe grandement à l’immersion.
Avec le recul, j’aurais peut-être dû passer directement les ressorts en mode « Hard », histoire de renforcer un peu plus cette inertie caractéristique. Mais encore une fois, c’est avant tout une question de ressenti personnel. Les vols restent très agréables, et confirment une fois de plus la richesse de cette base A.V.A. et de tout le potentiel qu’elle déploie en simulation.
Jeu de 3 cames
J’ai voulu tester les cames spécifiques pour le vol avec les commandes électriques « Fly By Wire » sous Microsoft Flight Simulator, et j’ai utilisé la came D-Pitch sous DCS prévue pour le Mirage 2000. Ce dernier étant encore en version bêta, je l’ai utilisé avec le Mirage F1.
MSFS2024 – Airbus A350

Je me positionne en tant co-pilote (à la droite du cockpit) avec la base et le MA3X de Moza sur notre droite. La manette des Gaz TQS de Thrustmaster nous servant de Quadrant. Mon réglage est le suivant :
- Ressorts « Medium » avec un tension légère sur les amortisseurs d’embrayage
- Came « FBY »
- Masque XL

Sans prétendre être meilleur que le roi, et fort de mon expérience avec la base Moza AB9 FFB, je sais exactement quel ressenti je dois retrouver en vol. Et franchement… on y est presque. Pourquoi presque ? Parce qu’il manque encore ce fameux retour de force. Mais en dehors de ça, le comportement de vol est tout simplement excellent. On a un feeling vraiment agréable, presque immersif, tant l’avion réagit avec précision à la moindre sollicitation.
L’immersion est encore renforcée grâce au grip Moza, et je me dis que j’aurais vraiment dû garder le Quadrant Airbus de Magic Sim, juste pour m’y croire à fond. Les sensations sont bien là. Et avec un peu de matos de la concurrence, allez, ne tournons pas autour du pot, je parle de WinWing, on a clairement de quoi entamer sérieusement son apprentissage de pilote de ligne.
MSFS2024 – Boeing 787

Je me positionne en tant que copilote (à droite du cockpit) avec la base et le MA3X de Moza entre mes jambes. Le but étant de simuler le Yoke Thrustmaster Boeing Edition. En revanche, j’ai sorti du carton le quadrant Boeing du pack Thrustmaster. Mon réglage est le suivant :
- Ressorts « Medium » avec un tension légère sur les amortisseurs d’embrayage
- Came « FBY »
- Masque XL

On va faire simple : ici, ça ne colle pas. Ce n’est pas un souci de matériel – au contraire, tout fonctionne parfaitement – mais plutôt un problème d’immersion lié à la base A.V.A.. Et c’est logique : un Boeing 787, ça se pilote avec un yoke. Et quand on a l’habitude du yoke, difficile de s’imaginer aux commandes autrement.
Même avec le quadrant à disposition, je n’arrive pas à me projeter, à “me croire dedans”. Pourtant, les cames font le job à merveille : les mouvements sont fluides, précis, et le ressenti est bien là. D’ailleurs, l’ajout de ces cames pour ce type d’avion change clairement l’expérience de vol. Mais voilà, sans le bon contrôleur en main, ça reste un peu en décalage.
DCS – DLC Mirage F1

Pour le Mirage F1 de chez Dassault Aviation, je reste sur la position centrale de la base avec la rallonge de 12 cm. Je bascule de Grip pour utiliser le manche du F-16A. Mon réglage est le suivant :
- Ressorts « Extra Hard » avec une tension dur au niveau des amortisseurs d’embrayage
- Came « JET » sur l’axe X
- Came « D-Pitch » sur l’axe Y
- Masque L
Sensation particulière, c’est le tout premier ressenti que j’ai eu en installant la came dédiée et en prenant les commandes de l’avion. C’est assez difficile à décrire, parce que cette bosse sur la came modifie vraiment le pilotage. L’amorce du virage est franche, rapide, presque brutale, et puis d’un coup, on ressent une mollesse très particulière dans le mouvement.
Même chez Virpil, avec leurs cames en ciseaux et toute leur gamme de profils, je n’avais jamais eu ce type de retour. Ce n’est pas un défaut, loin de là – c’est juste une sensation différente, un comportement inhabituel. Est-ce une caractéristique propre au Mirage de Dassault ? Honnêtement, je ne peux pas l’affirmer. Mais si c’est le cas, alors cette transition rapide puis douce sur l’aile permet un contrôle très fin du virage. Et ça, c’est une belle réussite.

L’avis de Super Chicane
Il est vraiment difficile de formuler un avis négatif ou de pointer de vrais défauts sur ces accessoires. Comme je l’ai dit plus tôt, ils répondent aux attentes des utilisateurs de la base modulaire A.V.A., tout simplement parce qu’ils ont été développés pour ça. Ils sont donc logiquement cohérents, pertinents et aboutis. En soi, on ne peut pas vraiment leur reprocher quoi que ce soit.
Les rallonges sont belles, solides et bien finies. La rallonge droite de 12 cm s’adapte à quasiment toutes les configurations où un peu plus de précision est nécessaire. C’est exactement ce qu’on attend d’un bras de levier plus long : un meilleur contrôle, un pilotage plus fin. Quant à la rallonge en col de cygne, elle est tout aussi bien conçue, avec un vrai soin dans la fabrication. N’ayant que peu d’expérience avec ce format spécifique, je préfère rester mesuré, mais les sensations sont bien là. C’est fluide, stable, précis.
Côté cames FBW, une fois qu’on a trouvé le bon compromis de tension, c’est du velours. La gravure laser est super pratique pour identifier les profils au premier coup d’œil, et le polissage est franchement irréprochable : aucun point dur, aucun frottement désagréable. Concernant la came D-Pitch, j’avoue être un peu plus partagé. Ce n’est pas qu’elle est mauvaise, loin de là, c’est simplement qu’elle demande un vrai temps d’adaptation. Une fois maîtrisée, elle doit probablement offrir un ressenti très particulier, mais il faut accepter cette courbe d’apprentissage.
Le cas des amortisseurs d’embrayage
Là, on rentre dans le dur avec le cas des amortisseurs. Pour rappel, c’est une demande historique des utilisateurs de la base magnétique du Warthog, qui trouvaient que la base modulaire A.V.A. manquait d’un retour au centre plus marqué. Pour être franc, de mon côté, en ayant longuement utilisé la base magnétique, ça ne m’avait jamais vraiment interpellé. J’avais simplement trouvé une petite combine : serrer à fond les ressorts. Et franchement, ça me suffisait.
Cela dit, l’ajout d’un amortisseur peut être très appréciable, notamment pour celles et ceux qui cherchent un centre bien défini, ce qu’on peut obtenir de plusieurs manières. Il faut toutefois garder en tête que cela limite un peu le pompage du joystick. Personnellement, je n’ai jamais eu ce souci, car je garde toujours la main sur le grip et je contrôle en permanence. En revanche, si vous êtes du genre à lâcher le manche, les amortisseurs prennent tout leur sens. Comme souvent dans la simulation, c’est une affaire de préférences personnelles, de ressenti.
Au final, c’est une excellente chose que Thrustmaster ait écouté sa communauté. Ces amortisseurs ont toute leur place, tout comme chez Virpil par exemple. Leur ajout fait clairement monter en gamme la base A.V.A., qui se rapproche désormais des standards d’une MangoosT-CM3… bon, avec toujours ce petit point noir du plastique, il faut bien l’admettre.
Et la concurrence dans tout cela ?
Au final, il n’y a pas de concurrence pour ces accessoires dédiés. Thrustmaster sort ses propres modules, pensés spécifiquement pour sa base A.V.A., et ce sont les seuls à le faire, point barre. Et honnêtement ? Ben je suis aux anges.
Pourquoi ? Parce que tout est pensé pour cette base (et aussi pour la SOL-R), à cause du brochage en 6 pins et du design mécanique spécifique. Revers de la médaille, les accessoires ne sont pas compatibles avec les anciennes bases, ni avec d’autres marques. Et pour l’instant, aucun fabricant tiers ne s’est lancé dans l’aventure du 6 pins pour faire des accessoires alternatifs.
Donc forcément, Thrustmaster est tout seul sur le terrain, et ils le savent. Mais pour une fois, c’est pas un problème, parce que la qualité est là, la réflexion aussi, et le matos répond parfaitement aux attentes des utilisateurs de la base A.V.A.
Mais attention, tout n’est pas figé non plus. Tous les éléments en 5 pins restent compatibles avec la base A.V.A. de Thrustmaster. Le vrai verrou, en réalité, c’est le grip 6 pins qu’on vient visser sur les rallonges. Et pour l’instant, seul le grip du SOL-R utilise ce fameux brochage 6 pins.

Faut-il craquer ?
Donc, vous l’aurez compris : tant que Thrustmaster ne sort pas un grip aviation en 6 pins, rien ne vous oblige à foncer sur les nouvelles rallonges, surtout si vous êtes déjà bien équipé. Si votre setup 5 pins vous satisfait, gardez vos sous pour autre chose.
En revanche, c’est une autre histoire pour les cames et les amortisseurs. Les amortisseurs d’embrayage, c’est du matos dédié, signé Thrustmaster. Pas d’équivalent tiers à l’heure actuelle. Et vu leur conception, ce n’est pas demain la veille qu’un petit fabricant s’y mettra.
Quant aux cames, là aussi, c’est le désert du côté des accessoires tiers. Pourtant, ce n’est pas sorcier : on peut les prototyper facilement en impression 3D, valider le profil, puis les faire découper au fil ou au laser, et les finir au microbillage ou polissoir. Mais pour l’instant, très peu l’ont fait. C’est dommage, parce que ça pourrait vraiment élargir les possibilités pour cette base A.V.A.

Conclusion
Ainsi s’achète le test des accessoires de la base Thrustmaster A.V.A. Tout d’abord, un grand merci à Thrustmaster pour la confiance qu’ils nous ont accordée en nous permettant de tester ces accessoires avant même leur sortie officielle, présentés à la FlightSim Expo 2025 et déjà disponibles aujourd’hui.
Les accessoires pour la base modulaire A.V.A. sont enfin là, et c’est une excellente nouvelle pour la communauté. Ce sont de très bons compléments qui apporteront encore plus de précision et de plaisir dans vos sessions de vol. Les rallonges, particulièrement bien conçues, méritent clairement le détour, avec un prix qui reste raisonnable. Les cames FBW sont, à mon sens, un must-have pour tous ceux qui pilotent les avions de ligne sur X-Plane ou Microsoft Flight Simulator 2024. Quant aux amortisseurs d’embrayage, ils permettent à Thrustmaster de se positionner face à la concurrence des bases lituaniennes.
Pour conclure, ces accessoires sont désormais indispensables pour tirer pleinement parti de la base modulaire A.V.A. Reste à nos amis bretons à démontrer l’intérêt du brochage 6 pins aviation en sortant de nouveaux grips, afin que ce standard devienne peut-être, à l’avenir, celui de toute l’industrie des périphériques flight sim.
Sur ce, bon vol à tous !
Pour :
- La qualité Thrustmaster
- Les tarifs cohérents
- Simplicité d’utilisation
- Les sensations au rendez-vous
Contre :
- Le 6 pin qui restreint à l’écosystème Thrustmaster (A.V.A. et SOL-R)
Accessoires A.V.A.
- Type : Accessoires
- Matériaux : Acier
- Compatibilité : base A.V.A., base SOL-R
- Prix officiel : Entre X et X


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