Après les premières impressions de notre ami Dopamine, il est temps pour moi de vous partager mon avis honnête sur Microsoft Flight Simulator 2024, la nouvelle itération du plus célèbre des simulateurs de vol.
- Un peu de contexte
- Un début difficile
- Et ce malgré un travail acharné !
- Et c’est toujours un problème de date !
- Histoire d’interfaces
- Histoire d’avions… En veux tu, en voila !
- Histoire de commande de vols
- Histoire de périphériques
- Histoire d’un pari audacieux
- Le mode carrière, une erreur ?
- La faute à l’héritage de Microsoft Flight Simulator 2020
- Tous les problèmes techniques mis à part
- Conclusion
Un peu de contexte
Lorsque Microsoft a annoncé pour la première fois Microsoft Flight Simulator 2024 à l’été 2023, l’accueil de la communauté a été généralement positif, mais aussi mitigé. Bien qu’un nouveau simulateur puisse sembler excitant, il y avait beaucoup d’incertitudes, notamment en raison de l’annonce inattendue : MSFS 2020 n’était pas encore si vieux. Souvenez-vous, après deux ans de stabilisation, il était enfin pleinement jouable.
Depuis cette annonce initiale, Microsoft a travaillé dur pour susciter l’enthousiasme des amateurs de simulation de vol autour de cette dernière itération de MSFS. À chaque nouvel aperçu, annonce ou information partagée, l’excitation grandissait pour découvrir ce prochain épisode. Maintenant que MSFS 2024 est enfin arrivé, je souhaite partager certaines de mes premières réflexions sur cette nouvelle version.
Un début difficile
Beaucoup de discussions ont déjà eu lieu sur les différents aspects du lancement, et on peut les résumer par un mot : désastreux. Après le rachat de Blizzard, Microsoft n’était absolument pas prêt, héritant en quelque sorte de « la malédiction du lancement de Diablo III ». Blague à part, Microsoft n’était pas préparé à un lancement d’une telle ampleur. Beaucoup de joueurs n’ont pas pu accéder au simulateur au départ, affrontant des temps de chargement excessifs et des plantages. Même ceux qui ont réussi à accéder au jeu ont rapporté des problèmes de contenu manquant ou mal chargé, ainsi que des soucis de performances liés à la connectivité des serveurs.
Et ce malgré un travail acharné !
Si certaines de ces performances décevantes peuvent être excusables le jour du lancement, leur persistance (et actuelle, pour certaines) trois semaines après reste problématique. Asobo a travaillé sans relâche pour publier des patchs réguliers et améliorer la stabilité générale, mais aujourd’hui, je ne peux estimer la qualité du jeu qu’à 80 %. Pourquoi pas 99,99 % comme annoncé par Microsoft ? J’explique cela plus loin.
Microsoft est loin d’être une petite entreprise et possède des studios de jeux bien plus imposants que celui derrière MSFS. Avec l’infrastructure Azure souvent mise en avant dans les communications, on pouvait s’attendre à mieux. Pourtant, plusieurs jours après le lancement, les problèmes de connectivité persistaient. Attendre une semaine complète pour obtenir un jeu jouable donne une image médiocre d’une entreprise qui aurait pu mieux se préparer.
Et c’est toujours un problème de date !
Cet épisode illustre une tendance malheureuse des développeurs à livrer des jeux inachevés aux clients, avec la promesse de les corriger plus tard. Six mois de développement supplémentaires auraient fait toute la différence. Bien que Microsoft ait su redresser MSFS 2020, un lancement désastreux n’est jamais bon pour un produit. Beaucoup de joueurs occasionnels auront déjà abandonné, malgré les qualités indéniables du simulateur.
Histoire d’interfaces
Après avoir enfin réussi à démarrer le simulateur, on découvre une toute nouvelle interface. En naviguant dans les menus, il devient évident que l’interface a été conçue principalement pour Xbox. Je ne suis pas opposé à la Xbox ; je possède même une Xbox Series X. Je suis ravi que de nombreux joueurs puissent accéder à MSFS via leurs consoles et les accueille chaleureusement. Ainsi, les Xbox Series S et X sont des plateformes idéales.
Le problème réside plutôt dans les compromis effectués par Microsoft pour accommoder les utilisateurs de Xbox, en particulier au niveau de l’interface. Dans MSFS 2020, l’interface était déjà perfectible, mais on pouvait encore ajuster légèrement son affichage. Ce n’est pas le cas dans MSFS 2024. Je possède un moniteur ultra-large de 45 pouces, mais l’interface n’affiche que quelques boutons côte à côte, couvrant toute la largeur de l’écran. Les éléments de l’interface sont de grandes boîtes avec des boutons surdimensionnés, sans options de mise à l’échelle pour les rendre plus petits.
Autre problème, dans le jeu, lorsque les infobulles du cockpit sont activées, leur taille bloque une grande partie de l’écran ainsi que les commandes et panneaux de l’avion. L’ensemble de l’interface utilisateur, que ce soit sa taille ou sa navigation, semble ignorer les besoins des utilisateurs PC. Elle est également assez lente, probablement en raison du contenu téléchargé en arrière-plan. Quoi qu’il en soit, cela offre une expérience très sous-optimale.
Histoire d’avions… En veux tu, en voila !
MSFS 2024 propose une vaste sélection d’avions, mais il est frustrant de ne jamais pouvoir en voir plus de six sur un même écran, sans devoir faire défiler horizontalement. Le navigateur de livrées, quant à lui, est peu clair et désordonné, ne montrant que trois livrées à la fois avec un défilement horizontal obligatoire.
Quoi qu’il en soit, vous aurez largement de quoi faire, même avec l’édition standard !

Histoire de commande de vols
L’un des aspects les plus problématiques de la nouvelle interface, c’est la gestion des commandes et des affectations. Comme indiqué plus haut, l’interface utilisateur n’a pas été optimisée. Pire encore, les contrôles sont très flous. Bien que certaines personnes apprécient les commandes spécifiques pour chaque avion, je trouve cela souvent superflu, même si leur utilité pour les fonctionnalités de certains aéronefs est indéniable.
Microsoft a complexifié la situation en créant un véritable casse-tête. Il existe des commandes générales avec des préréglages pour 2024 et 2020, mais ne pensez pas pouvoir utiliser celles de 2020 dans MSFS 2024. Certaines fonctions ne marchent plus, et les anciennes commandes ont purement et simplement disparu !
Histoire de périphériques
La cerise sur le gâteau réside dans la gestion des périphériques et des commandes spécifiques à chaque avion. Malheureusement, l’interface ne permet pas de choisir facilement le préréglage à modifier. Impossible d’ajuster mes commandes générales sans que le simulateur ne modifie automatiquement les commandes spécifiques à l’avion.
Quand je mets à jour mon matériel avec de nouveaux périphériques, il arrive qu’ils ne soient pas reconnus ou qu’ils apparaissent en doublon (comme ma base Moza AB9 FFB). On jongle avec des menus vides pour attribuer une fonction dans un référentiel de commandes confus.
Adapter ses périphériques à chaque avion devient fastidieux. Par exemple, pour la plupart des vols, j’utilise la manette des gaz Thrustmaster TQS, mais pour un long vol comme Paris-New York en liner, je passe à celle du Warthog. Chaque changement est une traversée du désert !
Histoire d’un pari audacieux
Un autre compromis majeur concerne la taille d’installation du simulateur. MSFS 2020 était déjà volumineux, surtout avec plusieurs mises à jour mondiales et des add-ons tiers. Ma version pesait environ 400 Go. MSFS 2024, quant à lui, propose une solution bien pensée sur le papier : réduire la taille du simulateur en rendant de nombreux éléments dépendants des serveurs. Mais cela pose d’énormes problèmes de connectivité dès le premier jour, qui persistent encore.
Je rencontre constamment des problèmes avec le streaming des ressources, qu’il s’agisse de textures, de sons, ou d’autres ressources en arrière-plan moins évidentes. La photogrammétrie ne se diffuse pas correctement, transformant le paysage en un véritable désordre. Je n’ai pas fait un seul vol sans rencontrer un ou plusieurs de ces problèmes. Pour le moment, Microsoft ne permet pas de télécharger du contenu, tel que des avions, sur votre appareil. Par conséquent, nous devons accepter tous les problèmes de serveur. Et je ne parlerai même pas de la communication ATC, un sujet que mon collègue a déjà traité dans son article.
Le mode carrière, une erreur ?
Le mode carrière était présenté comme l’une des grandes nouveautés de Microsoft Flight Simulator 2024. Les bandes-annonces et avant-premières laissaient entrevoir des missions excitantes, comme des opérations de sauvetage, du fret, ou des largages parachutistes. Mais dans la réalité, ce contenu est enfermé dans un système de progression buggé et contraignant.
Le mode carrière impose des missions répétitives, avec une forte impression de farming. Les vols sont prémâchés, privant les joueurs expérimentés de la liberté qu’offre normalement le mode libre. Cependant, ce système est une excellente porte d’entrée pour les débutants, car il enseigne les bases des procédures et phases de vol de manière progressive.
Malgré cet aspect pédagogique, je regrette que les missions ne soient pas accessibles en mode libre. J’ai bien conscience que c’est un choix que le studio a dû faire assez tôt dans le développement du jeu. Mais force est de constater que ça enlève une certaine spontanéité et transforme une partie de l’expérience en un grind (assez) forcé.
Enfin, je crains que ce mode soit une porte ouverte à des microtransactions. Si des extensions ou accélérateurs de progression sont nécessaires pour éviter des heures de try hard, cela pourrait refroidir une partie de la communauté.
La faute à l’héritage de Microsoft Flight Simulator 2020
Un autre aspect important qui n’a pas répondu aux attentes, c’était la compatibilité des add-ons. Microsoft avait déclaré que « à quelques exceptions près, pratiquement tous les add-ons qui fonctionnent sur 2020 aujourd’hui fonctionneront pour 2024. » Cette déclaration a malheureusement nourri de grandes attentes et des espoirs qui se sont révélés décevants lors du lancement de la simulation.
Il est probable que Microsoft et Asobo étaient conscients que cette affirmation allait susciter des attentes élevées. Dix jours après le lancement, il a été communiqué que les problèmes de performance étaient dus aux add-ons, et que le jeu fonctionnait mieux lorsqu’ils étaient désactivés. Microsoft aurait pu faire cette déclaration plus tôt pour mieux préparer les utilisateurs. Certains éditeurs tiers peuvent ne pas avoir eu suffisamment de temps ou d’informations pour garantir la compatibilité de leurs contenus entre MSFS 2020 et 2024.
Il faudra être patient pour que ces problèmes soient résolus. C’est souvent une question de temps pour que les développeurs et les éditeurs tiers puissent mettre à jour leurs add-ons et garantir une compatibilité optimale.
Tous les problèmes techniques mis à part
Bien que mon expérience avec MSFS 2024 ait été principalement négative, il y a aussi quelques aspects positifs à mentionner. Le simulateur dispose d’une bibliothèque impressionnante d’avions par défaut, notamment si vous possédez les éditions Deluxe, Premium Deluxe ou Aviators. Bien qu’ils ne fonctionnent pas tous aussi bien, leur diversité est appréciable. Même si je n’ai pas encore eu l’occasion de tester tous les nouveaux avions, j’ai pu explorer certains de mes favoris.
Des éditeurs tiers mise en avant
Microsoft a effectivement pris une excellente initiative en collaborant avec des développeurs tiers pour ajouter des avions supplémentaires au simulateur, car ils sont parmi les meilleurs inclus dans une version de base. Les Airbus d’iniBuilds sont particulièrement plaisants à piloter. J’apprécie l’A400M, développé aussi par iniBuilds, ainsi que le BC-17X Global Liner de Miltetech Simulations, parmi d’autres avions. Bien que je n’aie jamais vraiment aimé les hélicoptères dans MSFS 2020, MSFS 2024 m’a donné envie d’explorer le monde différemment avec certains des nouveaux hélicoptères et d’essayer les planneurs « plus légers que l’air ».
Bien que je rencontre des bugs et des problèmes sur la plupart de mes vols, il y a eu quelques rares occasions où ces problèmes étaient moins fréquents. En effet, lorsque tout fonctionne correctement, ce simulateur brille vraiment. Le nouveau moteur d’éclairage est incroyable, offrant une atmosphère beaucoup plus réaliste à travers le monde. Les arbres saisonniers sont magnifiques et représentent un ajout très bienvenu au simulateur. Là où la dynamique de vol était déjà excellente dans MSFS 2020, elle semble encore avoir fait un grand pas en avant en 2024.
Conclusion
Microsoft n’a jamais présenté Microsoft Flight Simulator 2024 comme une révolution, mais l’a vendu comme une étape significative dans la simulation de vol. Il promettait d’offrir plus d’activités, incitant les joueurs à explorer et apprécier le monde numérique conçu par Microsoft et Asobo. Cependant, après un mois de jeu, le bilan est mitigé. L’interface et certaines décisions de conception entravent l’expérience. Les commandes restent un obstacle pour tester les nouveaux avions, et les problèmes de connectivité des serveurs perturbent les vols, même sur des infrastructures réseau solides.
De plus, plusieurs fonctionnalités attendues par la communauté, comme une API météo ouverte aux tiers ou des passerelles doubles, manquent toujours à l’appel. La frustration domine, et le lancement désastreux a laissé un goût amer. Avec plus de temps, Microsoft aurait pu éviter de nombreux écueils. Malheureusement, l’engagement d’une sortie en 2024 semble avoir prévalu sur la qualité finale. Ce produit, bien qu’ambitieux, n’est pas encore à la hauteur des attentes de la communauté.
Pour le moment, la patience est de mise. Il faudra attendre de nombreuses mises à jour et ajustements pour que MSFS 2024 devienne la lettre d’amour à l’aviation que nous espérions. Wait and see et bon vol à tous !
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Bien d’accord avec vos conclusions, le pire étant la configuration des cdes de vol, fonctionnement très aléatoire voire un blocage des cdes.
J’ai lancé la demande de remboursement, la mise à niveau promise est un doux rêve, trop de travail à reprendre
Je retourne avec plaisir vers MSFS 2020
Bonjour Marc,
Sans vouloir avoir le dernier mot, le retour sur MSFS 2020 est un fait pour, et cela malgré la dernière mise à jour de cette semaine. De nombreux correctifs, à juste titre, ont permis de belles évolutions. Cependant, concernant la partie périphériques, il est nécessaire de tout reprogrammer une fois de plus, alors qu’il est bien mentionné dans le patch note qu’un effort avait été fait à ce sujet. Ils ont dû oublier les Hotas ou les bases modulaires. Je sais qu’Asobo travaille nuit et jour sur ce sujet et qu’ils sont sûrement en contact avec les fabricants de périphériques. C’est épuisant de passer du temps à tout paramétrer de se poser la question suivante : vais-je devoir tout refaire encore lors de la prochaine mise à jour ? ^^
Très instructif, merci pour cet excellent article
Merci pour le commentaire !
Je partage beaucoup de vos observations. Ce produit est sorti trop vite ou trop tot ( merci le père noel ). Par contre je suis très content du graphisme, du système globalisé plein de carburant, plan de vol , GPS. Il va en falloir des patchs et du temps pour que les avions des développeurs tiers migrent leurs superbes aéronefs 2020. Mais je suis patient et opiniâtre. J’ai gardé 2020 sur ma machine mais je ne vole plus que sur 2024.
Bon vol à tous
Pour ma part, mis à part le jour du lancement, je n’ai pas eu de problèmes majeurs. Certes, parfois la connexion est un peu lente et les paysages ne s’affichent pas immédiatement (assez rare à vrai dire), mais dans l’ensemble je joue pas problèmes. Quant à l’histoire des manettes et hotas qu’il faut programmer pour chaque avion…. j’ai programmé mon trustmaster flight hotas X une bonne fois en me basant sur la programmation du clavier (astuce) pour les commandes que je désirais sur les différents boutons et tout roule pour tous les appareil et même les hélicos. Je ne vois pas ou se trouve le problème évoqué dans cet article. De plus, je trouve que la critique est aisée. On parle de ce qui ne va pas mais rarement de ce qui va. Et là, pour ma part, les graphismes sont top, la jouabilité est excellente (mis à part en effet le mode carrière qui est franchement chiant et que j’ai abandonné rapidement). Alors certes comme tout jeu, il est perfectible et je ne doute pas de l’équipe d’Asobo (nos petits frenchis!) pour nous corriger tout ce qui est encore en suspens.