Test Cammus C5 : Un volant Direct Drive pas cher, mais…

3.5k
test cammus c5

Le Test du Cammus C5, c’est un peu l’histoire d’une marque chinoise qui voulait révolutionner l’équipement du sim racing. Ses atouts : un concept très innovant, une finition remarquable et un tarif super attrayant. Mais le diable est dans les détails, et les détails dans notre test. Voici donc notre avis complet.

Un test du Cammus C5 en version texte ou vidéo

On se met à l’aise de suite avec deux versions du test. L’une en vidéo sur notre chaîne Youtube et l’autre en texte. Dans les deux cas, les informations sont complètes, il vous suffit juste de choisir la méthode. On vous met tout ça ci-dessous.

Le Cammus C5, c’est quoi ?

Le Cammus C5 que nous avons en test est une base à retour de force avec volant intégré. Il est affiché à 249$ (dollars donc, pas euros) sur le site de la marque. Ce qui le place comme le moins cher des directs drive à l’heure actuelle. De quoi faire face aux CSL DD et Moza R5 par exemple. D’ailleurs, si vous souhaitez en savoir plus sur Cammus, Serial Driver vous explique tout dans un article dédié au fabricant.

Ce Cammus C5 est accompagné lors de notre test d’un pédalier. Le CP5 Pedals (c’est son nom) n’est actuellement pas vendu seul, seulement en bundle avec le C5. Le tarif de l’ensemble est de 299$. Nous avons aussi l’option C5 Desktop Clamp à 29$, un système d’accroche pour bureau. Le Cammus C5 est livré avec son alimentation et son cordon USB. Et sa compatibilité se limite aux PC Windows. Pas de version PS5 ou Xbox actuellement.

test cammus c5 vue globale

Un design vraiment à part

Ce qui est vraiment marquant avec ce C5, c’est son design. La manière dont il a été pensé. Il faut dire que c’est une première, même pour un vieux de la vieille comme moi. On a ici le moteur direct drive qui est DANS le volant. Il est vraiment intégré dedans. Il n’y a donc pas de base à proprement parler. En fait, le volant de 28 centimètres possède une partie centrale épaisse et large, dans laquelle les ingénieurs de Cammus ont mis la motorisation. Et cette motorisation agit sur deux barres en métal pour faire tourner l’ensemble. Barres qui sont ensuite reliées à votre bureau, votre support ou votre cockpit.

Les joueurs sur bureau devront faire l’acquisition du CS5 Desktop clamp, système d’accroche assez classique. Cet accessoire, nous vous le conseillons, même si vous utilisez un cockpit ou un support. Il rend en effet les choses simples, avec un réglage d’angle bienvenu. Mais fait étrange, il intègre un ventilateur vertical de petite taille, à monter soi-même sur le support. Sauf que ce ventilateur est à 7 centimètres de la base, et en extérieur. Il n’a donc, a priori, aucune autre utilité, sauf celle de rajouter du bruit.

Une connectique limitée pour le Cammus C5

Étant un accessoire PC, le Cammus C5 peut se permettre de laisser les autres accessoires se connecter directement à l’ordinateur. Ainsi, à l’arrière du volant, on trouve un port USB B, un connecteur pour le ventilateur et un autre pour l’alimentation. Deux ports USB-C supplémentaires sont aussi disponibles, sans que le constructeur n’ait donné la moindre information sur leur utilisation. Des accessoires futurs sont donc peut-être à prévoir. Le Cammus C5 propose aussi deux boutons à l’arrière, l’un pour l’allumage, l’autre pour faire un reset de l’appareil. Du côté du pédalier, nous avons droit à un port RJ12, un port USB-B et un bouton Reset. 

Cammus C5

La qualité de fabrication du Cammus C5

Disons le clairement, j’avais un a priori très négatif sur ce C5 avant de le déballer. Déjà parce que les prototypes que j’avais vus n’étaient pas vraiment encourageants. Ensuite parce qu’il me semblait que CAMMUS tentait avant tout de sortir un modèle le moins cher possible, plutôt qu’un volant le plus convaincant possible. La suite me donna globalement tort.

À commencer par la fabrication qui, dès le déballage, se montre d’un niveau bien supérieur aux prototypes vus précédemment. Les matériaux sont nobles avec une armature métallique, un volant en cuir et une façade à effet carbone réussie. L’ensemble est lourd, avec des ajustements entre les pièces clairement irréprochables. Et puis ça supporte largement les torsions en tout genre. En même temps, il vaut mieux puisque le moteur à l’intérieur est donné pour 5 Nm. Sur ce point, ce Cammus C5 fait donc mieux que les productions de Thrustmaster ou Logitech dans cette gamme de prix. La compatibilité console mise de côté.

Le pédalier et le support profitent eux aussi d’une qualité de fabrication d’un bon niveau. Les pédales sont en métal, le châssis aussi. Les points de fixation sont nombreux et on regrettera simplement l’impossibilité de déplacer les pédales à loisir. De même, ce pédalier se limite à 2 pédales et ne peut donc accueillir d’embrayage dans le futur.

L’ergonomie du Cammus C5 pas vraiment au niveau

Nous voilà sur le premier point de reproche que nous pouvons faire au Cammus C5 : son ergonomie. Si le volant lui-même, avec sa finition cuir très agréable sous les doigts, ne souffre d’aucun défaut particulier, c’est du côté de toutes les autres fonctions que nous allons trouver quelques points de grief. A commencer par les palettes. Regardez moi cette photo.

Elles sont juste minuscules. En métal, oui, mais minuscules. Alors oui, notre rédacteur SerialDriver argumente parfaitement dans son test qu’elles tombent tout de même sous les doigts. Sauf que… D’abord cette affirmation n’est vraie que pour les lignes droites et les petites courbes. Dès que les gros virages s’enchaînent, tomber sur les palettes du premier coup relève de l’exploit. Ensuite, ces palettes imposent une position 9:15 classique, sans possibilité de jouer autrement.

Et enfin, si en course GT ou F1 ça peut passer, en rallye, camion et drift, oubliez. Impossible de jouer dans de bonnes conditions. Et encore pire si c’est un enfant qui joue avec ses petites mains. La distance entre le bord du volant et l’accès aux palettes étant trop important.

Les boutons, nombreux mais mal placés

En façade,le Cammus C5 propose 20 boutons poussoirs et 3 rotatifs infinis. C’est une jolie proposition pour mapper un max de fonctions. On regrettera simplement trois points. D’abord leur placement, qui oblige la plupart du temps à lever les mains du volant. Ensuite leur toucher, très lisse, qui peut faire rater des appuis. Et enfin l’absence de véritable croix directionnelle ou stick analogique, ici remplacée par 4 boutons indépendants.

Et pour terminer avec l’ergonomie, un mot sur les deux systèmes d’indicateurs du volant. D’une part une bande de LEDs pour afficher le régime moteur. De l’autre un afficheur à 3 8-DIGITS à LEDs dont la luminosité excède l’entendement. On en prend plein les yeux. Trop même, sans possibilité de baisser cette intensité.

Compatibilité et réglages du Cammus C5

Côté réglages, belle progression du côté de Cammus, qui propose désormais 2 moyens de contrôler les paramètres de son volant. D’un part le pilote PC, classique, qui n’est pas sans rappeler celui de Fanatec. De l’autre, une application Android et iOS qui propose les mêmes fonctions. Cette dernière permet donc de contrôler son volant sans avoir à quitter le jeu en course.

Vous trouverez donc moulte paramètres, avec leur nom en anglais, parmi lesquels :

  • le réglage de l’angle du volant
  • la puissance du moteur
  • les réglages de friction de l’axe

Le logiciel propose aussi quelques réglages préenregistrés et une sauvegarde des presets personnels. C’est donc très complet.

Les sensations en jeu : un moteur lourd mais agréable

Une fois en jeu, le Cammus C5 ne ment pas avec ses 5 Nm. Il a de la puissance à revendre et il aime le montrer. Le volant est lourd à souhaits, et propose de belles envolées du retour de force lors des virages et des chocs. Et c’est très agréable, surtout que la petite roue de 28 centimètre est idéale pour offrir ce genre de sensations.

Test cammus C5

Le revers de la médaille, c’est qu’il est impossible d’alléger le retour de force autant qu’on le voudrait. La résistance de l’axe est toujours élevée. Impossible donc d’avoir une dynamique forte entre les retours faibles et ceux qui offrent un max de puissance. On perd en précision ce que l’on gagne en plaisir.

Reste qu’avec sa motorisation en Direct Drive, le C5 se montre assez largement supérieur en sensations à ce que peuvent proposer les T300 RS ou T-GT de Thrustmaster ou encore le G923 de Logitech. Pour le coup, la technologie direct drive apporte beaucoup.

Le pédalier, une déception

Parlons maintenant du pédalier du C5. Ce dernier est bien fabriqué, nous l’avons dit. Mais il est aussi rudimentaire. Un accélérateur linéaire, bien calibré. Et un frein qui ressemble en tous points à la pédale voisine. Pas plus de résistance, ni d’amortissement en fin de course. Rien qui ressemble à une vraie pédale de frein. À cela s’ajoute la petitesse des plaques de pédales, pour un ensemble qui se montre finalement inférieur à un T3PA ou un pédalier de G29. Sans possibilité d’évolution. Et donc un vrai cran en dessous de ce que propose Fanatec avec son CSL.

Pourtant, ce pédalier a l’avantage de se fixer facilement à n’importe quel cockpit, ou à une plaque de support sous le bureau. Il est en prime livré avec des patins assez efficaces sur parquet ou lino. Seule la moquette ou les tapis auront raison de son maintien en place.

Conclusion du test du Cammus C5

Le Cammus C5 est un volant direct drive à petit prix. Il apporte beaucoup de changements si on le compare à un T300, un G29 et même à des modèles plus puissants à courroie. Aussi, il ne manque pas de puissance et reste agréable à utiliser avec un support logiciel cohérent.

Il souffre néanmoins de défauts majeurs, pas forcément inhérents à son prix. On citera par exemple les palettes, ridiculement petites, les boutons mal placés ou encore la pédale de frein du pédalier très peu réaliste. Et puis son volant n’est pas amovible. Autant de points qui, face à des modèles plus aboutis comme le R5 de Moza ou le CSL DD de Fanatec, empêche le C5 de briller.

Enfin, il y a la question du prix. Actuellement en import Chine uniquement (même si les entrepôts peuvent être en France), il souffre de frais d’approche élevés, entre taxes et transport. Il lui sera donc difficile dans ces conditions de se faire une vraie place sur le marché actuel. Mais il montre aussi, de par sa qualité de motorisation et de fabrication, que Cammus sera probablement dans un proche avenir un fabricant sur lequel il faudra compter.

Pour :
  • La qualité de fabrication et de finition de l’ensemble
  • La motorisation puissante
  • Le nombre de fonctions
  • Le logiciel efficace
Contre :
  • Les palettes sont trop petites
  • Le manque de précision de la motorisation
  • Ergonomie générale, le placement des boutons
  • Le pédalier et particulièrement son frein

Cammus C5

  • Compatibilité : PC Windows.
  • Puissance : 5 Nm
  • Pédalier : CP5 en option
  • Accessoires disponibles : Pas pour le moment,,
  • Usage conseillé : Cockpit ou bureau avec adaptateur
  • Prix officiel : 249$

Notre note :

6/10

Pour aller plus loin :

Quelle est votre réaction suite à cet article ?
+1
0
+1
0
+1
0
+1
0
+1
0
Écrit par
OliveRoiDuBocal

Testeur de matos depuis une dizaine d'années, j'aime particulièrement mettre les mains dans les sticks arcade, les casques, et évidemment tout ce qui touche au simracing.

Laissez un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles similaires

Assetto Corsa EVO : découvrez les 1600 km² d’Eifel dans ce teaser

Le monde ouvert de la région d’Eifel doit arriver cette année dans...

Assetto Corsa EVO 0.4 : une Peugeot, une Renault, une F1… et du multi compétitif !

La version 0.4 d’Assetto Corsa EVO est désormais disponible, et elle ajoute...

Test de Project Motor Racing sur PS5 : un départ en demi teinte

Après Assetto Corsa Rally et RENNSPORT, on termine ce mois particulièrement chargé...

Assetto Corsa Rally : volants, manette, nouvelle voiture… les prochains patchs

Assetto Corsa Rally est toujours en accès anticipé, vous le savez, ce...