Fanatec lance sa nouvelle base Podium DD à 1100€ avec 25 Nm de couple constant (et 33 Nm en pic). Un monstre de puissance réservé aux passionnés équipés d’un vrai cockpit. On l’a torturé pendant trois semaines pour vous dire si ça vaut le coup. Réponse dans ce test complet de la Fanatec Podium DD.

- Préambule
- Un peu de contexte
- 25 Nm, ça sert à quoi concrètement ?
- Le flou artistique des spécifications
- Compatibilité : PC et Xbox uniquement
- Connectique classique, accessoires Fanatec
- Fixation : deux méthodes efficaces
- Fabrication : Full Métal jaquette
- L’extension QR fournie
- L’application Fanatec : pas révolutionnaire mais efficace
- Le problème des réglages
- Sensations en jeu : le grand test sur trois semaines
- Le verdict après trois semaines
- Face à la concurrence
- Conclusion : excellent mais exigeant
Préambule
Ce test de la base Fanatec Podium DD 25 Nm a été réalisé avec du matériel prêté par Fanatec, sans contrepartie commerciale. Toutes les évaluations ont été menées sur PC. Nous avons pris le temps de tester ce produit pendant de longues sessions de conduite, vous aurez donc notre avis basé sur une expérience approfondie.
Ah et puis, vous avez le choix : vous pouvez regarder notre test vidéo, ou bien lire l’article qui suit !
Un peu de contexte
Mis à mal en 2024 suite à son rachat par Corsair, Fanatec – désormais sous pavillon américain – a réussi à se montrer rassurant dans un contexte difficile. Si le constructeur avait des efforts à faire sur le SAV, il lui fallait aussi continuer de s’affirmer d’un point de vue commercial face à une concurrence asiatique toujours plus forte, avec des bases direct drive de seconde génération déjà présentes sur le marché. Les vénérables DD1 et DD2 accusant leur âge, Fanatec travaillait en secret sur son futur flagship pour frapper un grand coup. Et vous le savez, montrer qu’on a des newtons mètres dans sa besace, ça permet d’exister aux yeux des consommateurs, mais aussi de ses adversaires.
Annoncée en grande pompe à la simracing Expo 2025 qui s’est tenue à Dortmund, Fanatec commercialise aujourd’hui sa nouvelle référence haut de gamme : le Podium DD. Une base Direct Drive vendue 1 099,95€ sur le site de Fanatec qui annonce 25 Nm « consistant » (on y reviendra) et 33 Nm en pic. Le plus gros vendeur de Direct Drive au monde mise tout sur la puissance brute. Mais à qui ça s’adresse vraiment ? Spoiler : peut-être pas à vous.
Revivez notre première rencontre avec la base Fanatec Podium 25 Nm ci-dessous !
25 Nm, ça sert à quoi concrètement ?
Première question essentielle : Qui a besoin d’avoir 25 Nm sous le capot ? Si vous faites de la F1, de la GT3 moderne ou n’importe quelle voiture avec direction assistée, eh bien ça ne vous sert probablement à rien du tout. Vraiment à rien.
Pour comprendre, petite formule magique : on prend la valeur en Nm, on divise par le diamètre du volant en mètres, et on divise le résultat par 10 pour avoir une idée en kilos. Avec 25 Nm constant ou 33 en pic, et un volant F1 en 28 cm, ça donne presque 10 kg par bras. Sur un 32 cm confortable, on est à 8 kg par bras. C’est beaucoup. C’est vraiment beaucoup. Vos deux bras vont se lever jusqu’à 20 kg : c’est quasiment un sac de ciment qui tourne entre vos mains.
Vous êtes perdus sur les newton-mètres ? Soufflez un bon coup et visionnez notre vidéo qui vous prend par la main- heu, le volant. 👇🏻
Pour qui alors ?
Vous l’avez compris, on ne va absolument pas utiliser ce couple pour avoir un volant plus dur tout le temps – ça n’a aucun sens. Par contre, si vous allez faire un tour de karting et que vous essayez de tourner le volant au démarrage depuis le pit, il est ultra dur. Quand vous montez dans une voiture sans direction assistée, dans une vieille F3, quand elles sont à basse vitesse, le volant est vraiment très dur là aussi. Mais dès qu’on accélère, l’axe devient beaucoup plus léger.
Avec ce type de voiture – plutôt classique, vieilles formules – vous pouvez vous prendre des coups de raquette. Dès qu’une roue part, « pam pam », le volant tourne à toute vitesse avec beaucoup de force. Et quand on n’a pas une base très costaude, on ne peut pas avoir cet effet pourtant bien réel.

Les 25 Nm, vous ne les utilisez donc pas tout le temps. Mais uniquement pour justement avoir des gros effets de route, pour avoir des moments où vous êtes à basse vitesse avec de la résistance dans les bras parce que c’est plus réaliste. Et aussi parce qu’une base qui fait 25 Nm est capable de faire moins, de manière très facile. Donc si vous êtes amateur de grands volants, de voitures classiques, voilà une base qui potentiellement, va vous donner plus de réalisme.
Mais attention : on est sur une base qui s’utilise exclusivement sur cockpit. Sur un bureau, vous allez tout casser et vous faire mal. Sur un wheelstand, vous allez voir le wheelstand s’envoler et potentiellement vous faire mal. On est clairement sur un cockpit – et pas n’importe lequel. On parle de gros tubulaire ou bon gros modèle en alu. On le redit, ce n’est pas pour jouer sur bureau et c’est clairement pas adapté au grand public.

Le flou artistique des spécifications
Fanatec annonce 25 Nm « consistant » avec 33 en pic. Il y a ce petit doute avec le mot « consistant ». Tout le monde dit « constant » dans le monde de la mécanique quand on parle de Nm. Et Fanatec, depuis les ClubSport DD et DD +, se borne à dire « consistant ». On doute un peu que ce soit du vrai constant, mais en vrai on s’en fiche quand la valeur est aussi élevée : ça bouscule de toute façon.
Le problème, c’est qu’on n’a pas d’autres infos de la part de Fanatec actuellement. On ne connaît pas la précision du capteur de position, on ne sait pas en combien de bits il travaille, on n’a pas les infos sur le slewrate, sur l’accélération, les capacités d’accélération du moteur. Le flou est total, rien de tout ça n’est indiqué dans la fiche technique. Contrairement à ce que peuvent proposer des concurrents comme Simucube ou Asetek notamment.

Ce qu’on constate quand même : cette base a pas mal de cogging. Pas énorme, surtout pour une base de 25 Nm, mais on sent le passage d’un aimant à l’autre. C’est quelque chose qui est corrigé immédiatement en logiciel dès qu’elle est branchée. On retrouve ça aussi sur les grosses bases Simagic ou autres, mais il est quand même présent et c’est important de le noter. On n’est pas du tout sur un moteur zéro cogging, comme celui du Thrustmaster T598 par exemple. Mais le couple délivré n’est évidemment pas comparable.
Si besoin, vous avez ici notre test de la base ClubSport DD+ 👇
Compatibilité : PC et Xbox uniquement
Cette base Podium DD est compatible PC, quel que soit le volant que vous allez mettre dessus, et Xbox si vous mettez un volant Xbox à l’avant. Mais ne le faites pas – ce n’est pas du tout une base faite pour Xbox. La gestion des volants… non, ne le faites pas. On y reviendra, avec une vidéo dédiée à ce sujet.
Ce qui est sûr, c’est que cette base n’est pas compatible PS5 et qu’à priori, elle ne le sera jamais. Elle n’a simplement pas de puce PlayStation en son sein. Ce n’est pas en mettant un volant PlayStation que ça marchera mieux. Non, désolé, ça ne fonctionnera pas.

Connectique classique, accessoires Fanatec
À l’arrière de la bête, on retrouve une connectique classique avec les RJ12 de chez Fanatec pour brancher pédaliers, freins à main et leviers de vitesse de la marque. Quatre ports RJ12 au total, plus un port CAN qu’on espérait voir utilisé rapidement sur la gamme ClubSport. On attend toujours le dashboard de chez Fanatec.
S’ajoutent un port USB-C pour connecter au PC ou à la Xbox (nan mais faites pas ça, sérieux), un port pour mettre un arrêt d’urgence, et à l’avant, un bouton ON/OFF. Le bouton est d’ailleurs bien large : appui court pour allumer, appui long pour éteindre, appui simple pour changer de mode (PC/Xbox – mais ne le faites pas chez vous on a dit).
À l’avant, on voit bien les fixations prévues pour des accessoires supplémentaires genre palettes fixes ou dash. Ces quatre fixations ne sont pas du tout pour fixer la base au cockpit. Fanatec le dit bien : ce n’est pas comme chez Simucube ou les anciennes bases Simagic.
Fixation : deux méthodes efficaces
Pour fixer la base au cockpit, on a deux possibilités. On peut la fixer par-dessous, classique. Et on peut la fixer par les côtés en prenant les quatre petits plots fournis et en les mettant sur les côtés. C’est plutôt simple, plutôt pratique. Il y a juste une petite difficulté : une fois les deux premières vis en place, l’accès aux emplacements 3 et 4 devient compliqué par le dessous. Rien d’insurmontable, mais il faut s’armer de patience. Toutes les bases actuelles de la gamme Fanatec partagent ce petit défaut.

Ce double système assure une ultra large compatibilité avec l’ensemble des cockpits du marché, sauf si vous avez obligatoirement une prise par l’avant.
Fabrication : Full Métal jaquette
Ce qui saute aux yeux avec la Podium DD, c’est qu’on est sur du quasi full métal. Évidemment, à l’avant on a un QR2 – on ne croit pas qu’on puisse passer cette base en QR1, on n’en voit d’ailleurs pas vraiment l’intérêt – et on retrouve cette esthétique reprise du CSL DD, GT DD Pro puis ClubSport DD et ClubSport DD + avec ces ailettes. On dit ainsi adieu au look des Podium DD1 et DD2, qui sortent du catalogue Fanatec.
La seule pièce en plastique visible est finalement la plaque à l’arrière qui accueille la connectique. Et c’est derrière cette plaque qu’on voit qu’on n’est pas sur un ventilateur, mais bien sur un radiateur. À noter que cette base est totalement silencieuse lorsqu’elle se refroidit.

Esthétiquement, on la trouve très réussie. Notamment la face avant exclusive à cette gamme avec l’aluminium qui apparaît et le noir peint derrière. Elle n’est pas trop haute, elle est à peine un peu plus profonde qu’une Club Sport DD Plus, mais pour le reste on est typiquement sur la même taille. Pour ce couple moteur, c’est assez exceptionnel qu’elle soit si compacte.
La peinture est super épaisse, et on pourra simplement noter un léger décalage des ajustement entre les pièces avant, milieu et arrière. Rien de gênant du tout. Et il n’y a pas vraiment grand chose de plus à dire sur la finition de cette Podium DD qui est clairement de haut niveau.
L’extension QR fournie
Bon point appréciable, Fanatec fournit aussi une extension pour le QR. Une rallonge d’environ 10 cm supplémentaire à venir fixer à la base, bien pratique pour éloigner la Podium et profiter d’une position de conduite un peu plus confort. Ça permet surtout de plus facilement descendre son écran, et de gagner un peu de place notamment au niveau des jambes, à condition que votre cockpit le permette.

Cette extension est fournie dans la boîte, mais vous pouvez tout autant choisir le modèle au catalogue si vous voulez rallonger encore un petit peu plus. Modèle que nous avons d’ailleurs testé ici 👇🏻
L’application Fanatec : pas révolutionnaire mais efficace
Pour les réglages, on accède à l’application Fanatec (Fanatec App), qui est désormais la seule à pouvoir gérer ce Podium DD. Si vous avez l’habitude, il n’y a pas de grande nouveauté. Il y a quand même des petits trucs en plus sur lesquels on va pouvoir s’arrêter.
L’application Fanatec, c’est un petit peu un mix entre l’ancienne application et Fanalab. Au lancement, vous avez plein de petits tutos pour chaque partie pour tout expliquer. C’est hyper propre et c’est intégralement en français – ça c’est pas mal.

L’application est organisée pour être facile. À gauche, tout en haut, on a un bouton home, les réglages, le gestionnaire de profil, deux petits icônes supplémentaires pour Track Titan si vous voulez vous abonner avec une période d’essai gratuite. Track Titan, c’est du coaching virtuel qui s’intègre à l’application Fanatec. Mais ça, on s’en fiche un peu.
Les réglages classiques
Les réglages que l’on voit (sensibilité, etc.), ce sont exactement ceux qu’on retrouve dans le menu interne lorsqu’on appuie sur le bouton d’appel du menu, quel que soit le volant Fanatec. Suivant le modèle avec petit écran ou trois digits, les indications sont plus ou moins lisibles. Mais dans tous les cas, c’est exactement ce qu’on retrouve.
Si vous avez déjà un volant Fanatec, vous voyez exactement de quoi je parle. Il n’y a aucune nouveauté si ce n’est qu’on a le réglage du Full Force comme avec le ClubSport DD et ClubSport DD Plus, désormais géré par certains jeux.
En gros : rotation du volant, force générale, damper (résistance de l’axe), friction (résistance de l’axe mais en plus dynamique), inertie (en fonction de la vitesse), filtres pour avoir plus ou moins de détails, intensité des effets supplémentaires, spring damper, etc. Rien de nouveau, on est en terrain connu pour le moment.
Les nouveautés : Le « FFB Dynamique » en met plein la vue
Mais il y a bien du nouveau : le FFB Dynamique. Il va permettre de compenser ce que certains jeux font, notamment baisser la force du retour de force quand on est à haute vitesse. C’est normal – c’est ce qui se passe dans une voiture. Je vous en parlais plus haut : à faible vitesse le volant est très dur, plus on va vite plus il semble léger.

Ce système d’amortissement, quand on l’active à partir d’une certaine vitesse (voire jusqu’à une certaine vitesse – on peut choisir une plage), va agir plus ou moins fort pour nous donner plus ou moins de ressenti. L’intérêt : lorsqu’on perd à haute vitesse, lorsque le volant devient flou (ce qui se passe dans la réalité), le logiciel va compenser et rajouter du détail. C’est pas très réaliste, mais très intéressant pour mieux sentir sa voiture.
Attention, cet effet n’est pas compatible avec tous les jeux. Par exemple sur Assetto Corsa Evo ça ne marche pas, sur iRacing ça marche très très bien.
Enfin, on a un réglage identique qui va calmer la force du volant et les effets lorsqu’on est en marche arrière. Ça permet d’avoir une marche arrière plus saine et moins bourrine, ce qui dans certains jeux, est plutôt efficace.
Gestionnaire de profils au top
Passons au gestionnaire de profils, qu’on trouve super agréable. On a cinq profils en interne plus le profil actif en jeu, et au niveau du soft Fanatec on peut en mettre autant qu’on veut par jeu – avec même certains jeux qui gèrent le modèle de voiture. On peut très bien avoir un type de profil assigné à telle voiture précisément. C’est comme d’habitude, c’est comme Fanalab, c’est vraiment efficace.

Le problème des réglages
Mais il y a quand même un petit souci. On est face à une base de 25 Nm, donc a priori consistant/constant (partons du principe que c’est la même chose), capable de monter à 33 en pic. C’est une sacrée bestiole – et elle est donc difficile à régler.
Fanatec propose directement dans la notice ou sur le site une liste de réglages par jeu. D’ailleurs, à noter qu’il y a même un réglage pour GT7 alors que la base n’est pas compatible PlayStation. Ça veut dire quoi, que GT7 arrive enfin sur PC ? Alors, c’est une annonce ou juste une erreur ?
On s’est servi de cette liste comme base de travail sur une large palette de jeux : iRacing, Assetto Corsa Evo, Assetto Corsa Rally, Assetto Corsa Competizione, LMU et EA Sports WRC.

Le premier constat : difficile de s’écarter des réglages Fanatec. En particulier sur le damper (natural damper), impossible de descendre à zéro pour obtenir un axe totalement libre. Dès qu’on tente de trop baisser ce paramètre, les réactions deviennent incohérentes. Et avec 25 Nm de couple, la moindre incohérence se transforme en problème majeur.
Exemple concret sur Assetto Corsa Evo (encore en alpha/beta) : le volant s’agite sans raison apparente à haute vitesse et on se retrouve avec des parasites, alors qu’on roule tout droit. Le moteur réagit de manière imprévisible, impossible de corriger ou d’atténuer ces artefacts, iI faut littéralement le retenir pour l’empêcher de partir dans tous les sens.
L’interface pas au niveau de la concurrence
L’interface Fanatec fait le job sans être exceptionnelle. Elle accuse un retard face aux logiciels de Moza, Conspit ou Simagic, mais reste la moins mauvaise des marques européennes. Son gros atout : tous les réglages sont accessibles directement depuis le volant, sans avoir à toucher au PC.
En revanche, il manque des outils d’ajustement fin comme les courbes de fréquence proposées par Moza. Impossible par exemple de cibler précisément les hautes fréquences pour atténuer un effet gênant. Chez Moza, on visualise la courbe et on ajuste au feeling. Chez Fanatec, on tatonne avec des curseurs dont l’impact reste parfois flou.
Malgré ce retard logiciel, l’accès direct depuis le volant reste un énorme plus. En pleine endurance, si au bout de 10-20 tours vous trouvez le retour de force trop agressif, quelques clics en ligne droite suffisent pour rectifier le tir. Dès qu’on maîtrise le menu interne, les ajustements deviennent instinctifs.

Sensations en jeu : le grand test sur trois semaines
Nos premiers tests ont démarré sur Assetto Corsa Evo. Choix risqué pour une base qui sort à peine, mais la proximité entre Kunos et Fanatec laissait espérer une bonne compatibilité d’entrée. On a appliqué les réglages de base fournis par Fanatec, bricolé avec les options force feedback d’AC Evo (plutôt limitées pour le moment), et passé plusieurs heures au volant pour affiner le tout.
Assetto Corsa Evo : excellent… avec un mais
Premier essai sur GT3 : globalement excellent, avec une belle consistance dans les retours. Seul bémol, les parasites en ligne droite mentionnés plus haut. Ces micro-vibrations existent sur d’autres bases, mais avec 25 Nm elles deviennent franchement gênantes. Même en baissant le couple global tout en gardant de forts effets d’environnement, impossible de s’en débarrasser totalement.

Cela dit, le reste impressionne. Les transferts de masse passent remarquablement bien – AC Evo excelle d’ailleurs sur ce point, surpassant clairement Assetto Corsa Competizione. Les appuis, les pertes d’adhérence, tout se lit avec une clarté remarquable. Pour un jeu qui ne réclame pas une dynamique folle de base, on a trouvé très vite un réglage satisfaisant. À l’exception de ces maudites lignes droites.
Deux absences à déplorer dans AC Evo : pas de support du FFB Dynamique de Fanatec (espérons que ça arrive vite), et aucune atténuation automatique du force feedback à haute vitesse. Dommage, c’est clairement l’avantage de cette base.

La révélation : les voitures classiques. Le vrai déclic est arrivé avec la Caterham. Cette vieille anglaise sans direction assistée a littéralement transformé l’expérience. À l’approche d’une épingle, le volant se durcit progressivement. En cas de perte d’adhérence, il se libère instantanément avec une violence saisissante. Des sensations inédites dans notre studio, alors qu’on a pourtant testé des bases à 23 Nm comme l’Alpha Ultimate de Simagic. La réserve de couple change tout sur ce type de voiture. Curieusement, pas de parasites en ligne droite sur la Caterham. Vitesse plus faible peut-être ? Le problème semble apparaître au-delà d’un certain seuil de vitesse dans AC Evo.
Les quelques défauts
Au rayon des limites constatées : le damper refuse d’être poussé au minimum. Dès qu’on tente de supprimer complètement la résistance de base de l’axe, le volant devient incontrôlable.
Enfin, AC Evo présente un défaut unique parmi tous les jeux testés : à chaque lancement de course, la base envoie un violent à-coup de calibration. Avec 25 Nm dans les mains, c’est un excellent moyen de se blesser le pouce (ou pire selon votre position). Donc attention quand vous lancez une session.
Assetto Corsa Rally : très bien mais pas parfait
Direction ensuite Assetto Corsa Rally – que nous avons testé ici – titre qu’on fréquente assidûment ces derniers temps. Certes limité à trois environnements et une poignée de voitures, mais suffisant pour nos tests. La Mini Cooper sans direction assistée s’est révélée parfaite pour explorer les capacités de la base. Plus légère que la Caterham, elle offre des sensations similaires mais plus nuancées, particulièrement sur terre où les appuis deviennent incertains et changeants. Le retour reste excellent.

Un bémol cependant : impossible d’obtenir le lâcher de volant idéal. En rally sur terre, la technique consiste à envoyer brutalement le volant dans un sens lors d’une épingle, puis le relâcher pour qu’il revienne seul au centre en enchaînant l’autre direction – exactement comme en drift. Malgré tous nos ajustements, le retour au centre manquait de dynamisme. L’Alpha Evo 18 Nm de Simagic reste notre référence sur cet effet précis, et le Podium DD n’atteint pas ce niveau de réactivité.
Nuance importante : Assetto Corsa Rally est encore en développement et ces limitations peuvent évoluer. Ah, et vous avez notre test de la Simagic Evo 18 justement 👇🏻
EA Sports WRC : surpris par le couple
Passage ensuite sur EA Sports WRC, jeu qu’on connaît très bien, et qui nous permet d’évaluer les réglages. Première surprise : le jeu délivre un couple excessif qui nécessite de sérieux ajustements. La précision accuse aussi un léger retard face à AC Rally. Et une fois de plus, impossible de retrouver le feeling ultra naturel de l’Alpha Evo 18 Nm de Simagic.

Le retour au centre reste bridé, comme si une résistance invisible le ralentissait. On a appliqué la méthode classique pour le rally : friction réduite, damper abaissé. Résultat acceptable, mais des artefacts parasites subsistent malgré tous nos efforts. Moins parfait que l’Evo 18, mais objectivement très bon quand même. On chipote sur des détails de ressenti qu’un pilote moins exigeant ne remarquerait probablement pas.
LMU : nickel

Ensuite on s’est fait du LMU – nickel, vraiment aucun problème. Super sensations, meilleures qu’AC Evo on trouve. C’est pas pour rien que LMU est reconnu pour son excellente gestion du FFB. On en parlait d’ailleurs dans ce comparatif des simulations simracing.
iRacing avec FFB Dynamique : magique
Dernier test, celui recommandé par Fanatec : iRacing, une F3 (sans direction assistée), et le FFB Dynamique activé. Ce mode remonte artificiellement les effets en ligne droite pour compenser leur atténuation naturelle.
Le résultat ? Magique. Vraiment magique. La base démontre toute l’étendue de ses capacités : couple massif délivré instantanément à haute vitesse, puis allègement tout aussi brutal, le tout sans jamais perdre en granularité. Chaque vibreur, chaque perte d’adhérence, chaque irrégularité du bitume reste parfaitement lisible.

L’aspect le plus bluffant : la récupération de détail à haute vitesse. Certes, c’est l’inverse de la réalité où le volant tend à devenir plus flou en bout de ligne droite. Mais l’agrément de conduite explose. Juste avant le point de freinage, la voiture reste d’une lisibilité totale. Zéro flottement, zéro approximation.
Est-ce réaliste ? Non. Est-ce désactivable ? Oui. Est-ce jouissif ? Absolument.
Le verdict après trois semaines
Bilan après trois semaines d’utilisation intensive (réception avant Noël) : on apprécie énormément cette base, mais impossible de nier ses exigences. Tant qu’on reste dans les clous des réglages Fanatec, tout roule. Mais dès qu’on tente de s’émanciper, de descendre certains filtres ou d’ajuster finement les paramètres, la base commence à montrer des comportements parasites. Elle ajoute des effets non désirés, des artéfacts qui n’ont rien à faire là.

La jeunesse du produit explique peut-être certains bugs. Mais le vrai problème vient de la puissance brute. Les 25 Nm amplifient dramatiquement le moindre défaut de réglage. Un paramètre légèrement bancal ? Ça devient franchement gênant. Une petite vibration parasite ? Elle vous secoue les bras.
Prenons un exemple concret : sur une base 12 Nm, des micro-vibrations en ligne droite passent inaperçues. Sur le Podium DD avec ses 25 Nm, elles deviennent insupportables. On parle de plus du double de couple – chaque imperfection se transforme en défaut majeur.
Conclusion sans appel : ce n’est pas une base grand public. Elle réclame du temps, de la patience, et l’envie réelle de plonger dans les réglages pour en extraire le meilleur. Si cette perspective ne vous emballe pas, passez votre chemin. Aujourd’hui, clairement, elle n’est pas faite pour vous.
Mais…
Vous l’avez compris, on est très satisfait du produit, avec des réserves importantes sur son accessibilité actuelle. Cela dit, la situation peut évoluer favorablement. Fanatec aura tout le loisir d’affiner le logiciel via des mises à jour. L’interface pourrait gagner en intuitivité, les curseurs devenir plus progressifs (actuellement ils fonctionnent trop par paliers), et les réglages mieux documentés.

Surtout, la communauté Fanatec reste la plus massive du simracing. D’ici quelques mois, on trouvera forcément des passionnés capables de partager des setups optimisés pour chaque jeu, chaque type de voiture. Ces profils communautaires ont toujours fait la force de l’écosystème Fanatec.

Face à la concurrence
Bon, tout ceci est bien beau, mais que vaut cette Podium face à la concurrence déjà bien établie ? Petit tour d’horizon de ses rivalles.
VS ClubSport DD+
Premier constat évident : le Podium DD échappe à la taxe PlayStation qui plombe le tarif du DD Plus. Pour un joueur PC exclusif, le choix ne se pose même pas – visez directement le Podium DD. Le DD Plus ne se justifie que si vous jouez sur PlayStation 5, plateforme où il reste actuellement la seule option Direct Drive de Fanatec.
Sur PC, le DD + se retrouve bien trop proche en prix pour un écart de performances abyssal. Pas de débat possible. Sauf si vous préférez un modèle plus accessible, plus simple à prendre en main. Et dans ce contexte, ça peut se comprendre.
VS Moza R21
Comparaison avec la Moza R21 première génération (on n’a pas encore testé les séries Ultra) : le Podium DD prend clairement l’avantage. Surtout en dynamique, cette capacité à basculer instantanément d’un effet faible à un effet puissant et inversement. La R21 V1 accuse le coup.
Reste à voir ce que vaut la nouvelle génération. Un face-à-face cockpit contre cockpit s’impose dès qu’on mettra la main dessus.
VS Conspit
Par rapport à Conspit, mes premières impressions pour l’instant : Fanatec prend l’ascendant, mais on ne parle pas du même niveau de couple non plus. Et en même temps, pour être tout à fait honnête, le gros modèle Conspit, je l’ai peu roulé – peut-être 5-6 heures. On a eu des difficultés à le régler, donc on n’a pas vraiment sorti tout ce qu’on pouvait. Honnêtement, je ne me prononce pas.
VS Simagic
Comparaison plus délicate avec Simagic. Les bases 23 Nm (comme l’Alpha 23 Ultimate) se vendent autour de 800€, soit 300€ de moins que le Podium DD. Lolo, propriétaire d’une 23 Ultimate, préfère évidemment sa machine (mais Lolo préfère toujours ce qu’il achète).
De mon côté, le verdict est plus nuancé. Les dernières générations Evo de Simagic excellent sur certains effets, particulièrement le retour au centre. Ce lâcher de volant parfait où l’axe se libère instantanément avant de revenir pile-poil à sa position – impossible de le reproduire sur le Podium DD malgré trois semaines d’acharnement dans les réglages. Mais en termes de force brute, la base Fanatec est clairement au dessus.
Donc, selon votre profil, je dirais :
- Vous êtes plutôt un pilote rally : partez sur une base Evo Simagic. D’autant que les nouvelles références attendues montent aussi en Nm. –
- Amateurs de classiques, GT3, F3, F1 : le Podium DD l’emporte. Disposer d’autant de réserve de couple change radicalement l’expérience. Les effets de route deviennent carrément délirants – dans le bon sens du terme. Vraiment très agréable.
VS Simucube
Enfin, Simucube et ses modèles hauts de gamme (Simucube 2 et 3). Aveu d’impuissance : on ne peut pas comparer sérieusement. Testé ponctuellement ici ou là, je n’ai jamais eu l’opportunité d’en évaluer une en profondeur – la marque refuse de nous prêter du matériel.
Intuition personnelle : les Simagic Evo me semblent meilleures. Mais cette impression ne repose sur aucun test rigoureux. À prendre avec d’énormes pincettes.
Conclusion : excellent mais exigeant
Bilan matériel sans appel : cette base est superbement fabriquée. Construction quasi intégralement métallique, finition impeccable, esthétique réussie. Le système de fixation double (dessous ou côtés) assure une compatibilité universelle avec les cockpits du marché. Le QR2 fait partie de ce qui se fait de mieux actuellement – même si la compatibilité hors écosystème Fanatec reste limitée.

Côté connectique, le choix du RJ12 divise. Avantage : compatibilité totale avec tous les accessoires Fanatec existants. Inconvénient : ces câbles restent fragiles, il faut les manipuler avec précaution.
Parlons argent. 1099€, « ce n’est pas très cher ». J’entends ce que je dis – ça reste objectivement très cher. Mais rapporté au couple délivré, à la qualité de fabrication et aux performances constatées après trois semaines intensives, le tarif se justifie. On ne paie pas une taxe marque excessive.
Pas pour tout le monde
Rappel essentiel : cette base n’est probablement pas faite pour vous si :
- Vous jouez dans une chambre avec un petit cockpit tubulaire d’entrée de gamme. Vous ne pourrez pas exploiter cette puissance.
- Vous roulez exclusivement en F1 avec des volants 28 cm Fanatec. Ce n’est pas dimensionné pour cet usage.
Elle est faite pour :
- Les joueurs iRacing qui aiment goûter un petit peu tout (de la classique, de la F3, etc.)
- Les adeptes de LMU qui veulent beaucoup de précision
- Les joueurs de rally qui veulent avoir des effets impressionnants
… et surtout ceux qui ont un cockpit solide capable d’encaisser 25 Nm sans broncher.

La nouvelle référence du marché ?
Ainsi s’achève notre test de la base Fanatec Podium DD. On reviendra très probablement sur cette base dans quelques mois pour des comparatifs approfondis. Pourquoi ? Parce qu’elle va devenir la référence à battre. Fanatec domine le marché en volume, ce qui obligera Moza, Conspit, Simagic et même Simucube à se positionner clairement face à elle. En mieux, moins cher, plus cher – chacun avec ses arguments.
Le marché des bases haut de gamme va bouger. Et le Podium DD sera au centre de nombreuses discussions. Rendez-vous dans quelques mois pour les face-à-face.
Pour :
- 25 Nm constant (33 en pic) pour effets réalistes
- Fabrication quasi full métal impeccable
- Refroidissement passif totalement silencieux
- Réglages accessibles directement sur le volant
- Sensations incroyables sur voitures classiques
- Compact pour le couple délivré
- Extension QR fournie
- Prix cohérent pour les performances
Contre :
- Difficile à régler correctement
- Interface logicielle pour l’instant moins avancée que Moza/Simagic
- Cogging présent (corrigé en logiciel)
- Retour au centre perfectible en rally
- Pas de compatibilité PS5
- Réservé aux gros cockpits rigides
- Pas grand public du tout
FANATEC PODIUM DD
- Type : Base Direct Drive 25Nm
- Matériaux : métal, plastique
- Pédalier : non inclus
- Support Logiciel : Fanatec App
- Compatibilité : PC, Xbox
- Prix officiel : 1 099,95 euros

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Bonjour et merci pour ce test.
Pourriez-vous partager les réglages que vous avez utilisés ?
Heureux possesseur de cette base, j’avoue avoir un peu de mal à la régler.
Merci
J’ai réussi à les trouver (après avoir passer 3h à essayer de configurer la mienne correctement). Les voici
Ils ont retiré GT7 de la liste d’ailleurs
C’est sur la page produit du DD dans Document (tout en bas) y’a un Starting Guide. C’est dedans
fanatec point eu/en/explorer/products/racing-wheels-wheel-bases/p-dd/
(Je peux pas mettre le lien ça dis que je suis un spam)
Merci, ça en aidera plus d’un !
Voici le lien : https://www.fanatec.com/eu/en/explorer/products/racing-wheels-wheel-bases/p-dd/