Courant 2023, le néerlandais Sim-Lab annonce l’arrivée d’un tout nouveau pédalier loadcell, s’inscrivant ainsi dans la continuité de son émancipation dans le petit monde du sim racing. Après avoir introduit avec succès un frein à main loadcell, ce fabricant de châssis tente cette fois une incursion sur le marché déjà bien garni des pédaliers avec le Sim-Lab XP1, que nous mettons sur le banc de test. Un test écrit et réalisé par Akwa.
Le Sim-Lab XP1, c’est quoi ?
Le Sim-Lab XP1 est un pédalier plutôt haut de gamme. Entièrement conçu en aluminium, il est proposé en version 2 pédales (accélérateur/frein) et 3 pédales (embrayage/accélérateur/frein). Là où la plupart des pédaliers concurrents fonctionnent avec un loadcell de 100kgs pour le frein, le XP1 propose un capteur de 200kgs. On note également l’utilisation d’un vrai roulement à billes pour le pivot des pédales. Côté réglages, on peut facilement ajuster l’inclinaison et la course de chaque pédale, ce qui fait du XP1 un modèle plutôt versatile.
La pédale de frein du XP1 propose un nouveau type de capteur de pression en 16 bits, un amortisseur à double niveau de compression pour un feeling plus réaliste et des élastomères interchangeables. L’accélérateur et l’embrayage sont plus classiques. Ils embarquent tous les deux un système de capteur magnétique (Hall sensor) et le retour de position avec un ressort classique. Il est à noter qu’il est possible de changer les ressorts pour différentes rigidités (j’y reviens). Spécificité de l’embrayage : son point de morsure (ou patinage) est réglable. Un très bon point.
Un mot sur les faces de pédale. Au format D-shape, elles sont identiques sur tout le pédalier. Leur angle et leur hauteur peuvent être ajustés. Le bras de pédale possède 3 positions d’ancrage possibles pour la fourche. La position la plus haute offrira une pression de pédale plus dure. À l’inverse, la position la plus basse offrira une sensation légèrement plus molle.
Design et ergonomie du Sim-Lab XP1
Ne cherchez pas différents coloris, ce XP1 tout alu n’est disponible que dans une seule version, ce qui donne un côté plutôt classe à l’ensemble. Le noir, prédominant, est agrémenté de quelques touches de bleu. Couleur signature de la marque, elle caractérise aussi (et surtout) tous les éléments ajustables du pédalier. Ce qui permet d’identifier facilement les éléments mobiles du set afin d’effectuer un réglage rapide et efficace. C’est très pratique, d’autres constructeurs devraient s’en inspirer !

Le design et l’ergonomie des pédales a été conçu autour d’un système de fourche/arbre maintenu par un simple loquet. Non-négligeable, ce choix facilite le changement des différents composants à même le pédalier, sans devoir le démonter de son châssis. Il ne requiert pas d’outil spécifique… Contrairement aux réglages de positions physiques de la pédale. J’aurais peut-être souhaité la présence d’un outil dans le kit pour éviter de devoir sortir la boîte à outils à chaque fois.
Les réglages du Sim-Lab XP1
Le package du XP1 inclut trois élastomères : 50A, 60A et 70A permettant d’ajuster la dureté maximale de pression de la pédale de frein. Le medium est installé par défaut et offre déjà une dureté suffisante pour prendre ses repères. Deux ressorts de précharge (souple et dur) sont également fournis. Il est même possible de configurer la pédale de frein sans ressort de précharge, en utilisant une bague en remplacement du ressort. Cependant, cette dernière option ne m’a pas totalement convaincu en termes de sensations.

L’accélérateur et l’embrayage sont équipés par défaut d’un ressort soft (souple) et livrés avec un ressort heavy (plus dur). Dans les deux configurations, il est encore possible d’ajuster la tension du ressort avec les deux molettes bleues. Rapidement, on se rend compte que le ressort de l’accélérateur dans sa configuration soft est bien trop mou. Un passage au ressort le plus dur s’est avéré aussi trop dur. C’est là qu’entrent en jeu les molettes de réglage de tension du ressort. Il faut trouver le bon équilibre.

Un montage facile et intuitif
On poursuit ce test du XP1 de Sim-Lab avec le montage de la bête. Le pédalier est livré « nu » et les pédales sont indépendantes. Elles se fixent à l’aide de 4 vis M6x30, que l’on trouve sur la plupart des châssis du marché. Directement sur les profilés, sur les plaques pré-percées ou via un support universel vendu par Sim-Lab, les possibilités de montage n’ont virtuellement pas de limites. Bien entendu, comme pour la majorité des pédaliers loadcell, on privilégiera un châssis rigide de type profilé alu (comme le GT Omega Prime, Prime Lite, Next Level Racing F-GT Elite, ou RSEAT A1) ou tubulaire renforcé (type GT Omega TItan).
Les trois pédales, qui présentent des similitudes dans leur usinage, sont réglables de la même manière grâce à l’arc situé à l’arrière de chaque pédale. Il suffit de dévisser 4 vis : les deux premières situées au niveau du pivot et les deux autres (sur l’arc) symbolisées par un cache de couleur bleue. S’offre alors à vous un angle d’ajustement de 20° pour trouver la position optimale, sans avoir à modifier l’inclinaison de votre support de pédalier. Les deux autres procédés d’ajustement, qui se font à l’aide d’écrous moletés d’un beau bleu anodisé, permettent de régler la course de la pédale et la tension du ressort. Ce dernier s’avère assez important compte tenu des sensations radicalement différentes des ressorts de l’accélérateur.

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Une control box facile à cacher
Une « control box » de petite taille (80×40), qui permet de faire la liaison du pédalier jusqu’au PC, peut être facilement installée à différents emplacements autour de votre pédalier. Sous le pédalier étant la configuration la plus recommandée et optimale, suivant la configuration de votre châssis. Deux jeux de câbles RJ12 sont fournis (30 cm ou 75 cm), ce qui vous donne une liberté de placement entre les pédales et la « control box ».
Un logiciel encore perfectible ?
Comme pour ses produits GRID (société qui fabrique des accessoires et des volants associée à Sim-Lab) et son frein à main, Sim-Lab propose un logiciel – RaceDirector – disponible sur son site, pour configurer le pédalier. Rien d’innovant, on y retrouve les réglages classiques de calibration, de zone morte et de courbe pour chacune des pédales. Il est à noter qu’un système de profil permet de sauvegarder vos réglages en fonction des jeux et des voitures utilisées.
Si d’un point de vue théorique tout semble normal, à l’usage ce n’est pas le même son de cloche. Le logiciel a dû être mis à jour plusieurs fois depuis la sortie du pédalier. Lors du test du XP1 de Sim-Lab, j’ai rencontré des problèmes de calibration. En effet, des jauges ne réagissaient pas correctement voire pas du tout, notamment l’accélérateur qui n’atteignait pas ses 100%. Également certains profils sauvegardés qui perdaient leurs réglages suite au redémarrage du PC… Bref, rien de pratique pour calibrer au mieux son pédalier. Bon point toutefois, les techniciens communiquent beaucoup avec les clients via leur Discord et sortent des patchs sous 24 heures.
Et en jeu, ça donne quoi ?

Entrons dans le vif du test du Sim-Lab XP1. Une fois en jeu, on apprécie la qualité globale du pédalier : on a vraiment l’impression d’avoir quelque chose de sérieux entre les pieds. On a un accélérateur très classique, une course de pédale très courte, mais ajustable, et un frein loadcell bien conçu. Les sensations sont au rendez-vous et l’amortisseur bi-directionnel (dual-stage damper) remplit parfaitement son rôle. Dépourvu de système haptique, qu’à cela ne tienne, le dual-stage permet de vite prendre le pli et doser son freinage que les voitures soient équipées ou non d’ABS.
Que ce soit en GT ou sur des formules, la configuration de la pédale vous permettra de gérer votre freinage en deux temps. D’abord avec le ressort de précharge situé derrière l’élastomère pour atteindre 80/85% de sa jauge de frein. Puis intervient ensuite l’élastomère pour atteindre les 100%. Il apparaît évident qu’un système haptique aurait été bienvenu, car de plus en plus de fabricants s’y intéressent, mais cela augmenterait également le coût d’un produit qui veut conserver un très bon rapport qualité/prix.
Côté compatibilité, rien à dire. Lors de notre test, le XP1 de Sim-Lab est directement reconnu par toutes les grosses simulations testées (ACC, iRacing, AM2 et RF2). On peut également l’ajuster très rapidement, ce qui permet de facilement switcher entre une configuration plus dure avec une course très courte typée monoplace ou une configuration plus souple avec une course plus longue typée GT. Concernant ce réglage de course, la molette se trouve à l’avant de la pédale. Dans ma configuration, j’ai positionné un repose-talon devant les pédales rendant l’accès à la molette impossible sans démonter le repose-talon. La facilité d’accès est un facteur qui dépendra des installations de chacun, donc.
Le frein justifie les moyens
Au-delà de caractéristiques somme toute assez classiques et similaires à ce que d’autres marques proposent, le choix des matériaux, le design épuré et la configuration du set vendu sans repose-talon ou plaque spécifique confèrent au XP1 un positionnement très agressif sur le marché. En effet, le set 2 pédales (accélérateur/frein) est vendu 499€ TTC et le set 3 pédales (Accélérateur/frein/embrayage) vendu 649€ TTC. La réduction de 50€ s’appliquant toujours à l’heure où j’écris ces lignes.
Clairement, Sim-Lab se positionne de façon agressive par rapport aux modèles concurrents, notamment le Heusinkveld Sprint et l’Asetek Forte, que nous testerons très prochainement sur superchicane.fr. Le XP1 de Sim-Lab s’adresse donc à des sim racers ayant déjà un peu de pratique derrière eux et qui souhaitent passer au loadcell avec un pédalier sérieux. Le tout en maîtrisant leur budget.
Conclusion du test du Sim-Lab XP1
Qu’on se le dise, ce pédalier ne révolutionne pas le monde du sim racing. Sim-lab, dans la continuité de son accord avec GRID ENGINEERING en 2021, tente de cocher petit à petit toutes les cases encore vides de son offre sim racing. Après un frein à main relativement réussi, le XP1 n’augure que du bon pour la suite. Certes, il ne propose aucune feature qui justifierait son achat pour ceux qui ont déjà un pédalier haut de gamme. Mais il fait figure de très belle opportunité aux joueurs PC qui souhaitent sortir d’un écosystème plus standard type Fanatec ou Moza. Le tout avec un prix très agressif. De quoi titiller directement Heusinkveld, Asetek SimSports et P1Sim.
Pour :
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Design irréprochable
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Matériaux de qualité
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Un tarif agressif
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Ultra réglable
Contre :
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L’absence de retour haptique
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Logiciel capricieux
Sim-Lab XP1
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Compatibilité : PC
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Usage conseillé : cockpit de bon niveau
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Accessoire disponible : Non
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Prix officiel : Set 2 pédales : 499 euros TTC / Set 3 pédales : 649 euros TTC
Le test du XP1 par Olive
Ça y est : Olive a également pu tester le XP1 ! Retrouvez ci-dessous son test complet et tout le bien qu’il pense de ce pédalier.
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Bonjour, à quoi peut servir les prise Ext. 1 et Ext. 2 sur la contrôle box?
Bonjour Cyrille,
A ce stade, il n’y a pas encore d’info complémentaire concernant ces deux ports. On sait (Par l’intermédiaire d’une personne interne) que des nouveautés sont attendues tout au long de l’année 2024 chez Simlab. Par déduction, il pourrait s’agir d’accessoires pour le pédalier comme des moteurs haptiques…
Des annonces seront faites durant le Q1 2024
Avez vous possibilité de voir si il serait branchage sur une base Fanatec (pour jouer sur ps5)
Certains boitier vendus séparément (du style, celui de Simnet) on l’air d’avoir les mêmes branchement, ça pourrait être trop bien!
Ça ne m’étonnerait pas que ce soit faisable en tout cas.
Ou tout connecter à une cellule de fanatec V3? 😂